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Twilight, de Lily S. Mist

Voici une chronique bien particulière pour moi, puisque je me permets de donner mon avis sur le premier roman d'une amie.  C'est délicat bien sûr !  Elle me connaît bien, elle habite à portée de vélo, le moindre faux pas et c'est la boule puante dans la boîte aux lettres !  Heureusement, je ne m'engage pas seule dans cette aventure puisqu'il s'agit d'une lecture commune.  Voilà qui me donne un peu de courage et je vous promets donc d'être tout à fait honnête ! 


Résumé :

Sur qui peut-on compter pour trouver un sens à sa vie ?  
Sa famille, Zach l'a perdue depuis qu'il s'est fait chasser de chez lui.  Son meilleur ami, il a disparu au moment où il avait le plus besoin de lui. 
Seul dans un endroit étranger, à chercher la raison de son existence, il va découvrir que certains sont prêts à l'aider : des inconnus, disposés à lui offrir un nouveau départ, et une chance de guérir enfin les blessures de son passé.
(quatrième de couverture)


Mon avis :

C'est vraiment difficile d'évaluer un livre sans se laisser influencer par ce qu'on sait de la personne qui l'a écrit, je m'en rends compte pour la première fois.   Je ne voudrais pas être trop indulgente, ni injustement critique par opposition.  Et puis je savais avant de commencer que toutes les personnes que je connaissais et qui l'avaient lu l'ont apprécié.  Difficile de rester objective dans ces cas-là !  Alors je pense que le mieux, c'est d'opérer à la façon d'un diagnostic médical.

Tout d'abord, mes antécédents : ce roman porte sur une narration de type "développement personnel", où on voit Zach évoluer au fur et à mesure de ses rencontres et de ses expériences.  J'ai personnellement eu de très bonnes expériences dans ce genre littéraire ("Ensemble, c'est tout" d'Ana Gavalda, ou "Tête de piaf" de Philippe Crognier).  Mais j'en ai eu aussi de très mauvaises, car il se trouve que dans ce domaine, je n'ai pas de demi-mesure : la moindre faiblesse me rend l'ensemble insupportable. Quand on parle de la vie émotionnelle des gens, soit on est génial, soit on est ridicule.  On peut le dire : je suis particulièrement difficile. 

Continuons avec les symptômes éprouvés, par ordre chronologique.  Je dois avouer que je n'ai pas été accrochée dès le début.  J'ai commencé avec curiosité mais il m'a fallu un certain nombre de pages pour m'intéresser suffisamment à l'histoire que pour avoir envie de rouvrir le livre.  Jusque là, rien de bien extraordinaire, ça m'arrive souvent.  Ce qui m'a finalement accrochée, c'est la personnalité de ce pauvre Zach : il est vraiment au fond du gouffre tout en restant attachant, on le sent très faible et on devine de lourds secrets.  Ça m'a poussée à avoir envie d'en savoir plus.

Ensuite est venue une phase désagréable, je dois bien l'avouer.  Mon problème était le suivant : j'ai très rapidement détesté le personnage de Vincent.  Là je sais que je vais faire bondir plus d'une de mes co-lectrices, car Vincent a tout ce qu'il faut pour plaire, mais justement c'est ce qui m'a posé problème.  Il est beau, intelligent, riche mais ça le dérange un peu, il fait à mi-temps un métier d'intello-artiste (architecte) et à mi-temps un métier super cool (propriétaire de bar), il s'habille magnifiquement, il a un appart super génial (les portes coulissantes et la déco moderno-originale, quand même, on en rêve), il fait un sport hyper classe (tir à l'arc), il est mystérieux, solitaire et un poil grognon, il parsème ses phrases de touches d'anglais 'coz he used to live in the USA, il a même une belle voiture, et bien évidemment, une blessure profonde qu'il va devoir surmonter... Bref, le Ken de Barbie, en mieux. Ça me paraissait d'autant plus dommage que les autres personnages m'ont directement plu par leur gentillesse (peut-être un peu exagérée) et leur originalité.   En plus, le comportement de Vincent envers Zach, dès le début très ambigu (et vas-y que je te touche et que je te prenne dans mes bras), a achevé de me mettre en rogne : il me semblait qu'il jouait avec les pieds de Zach et le pauvre garçon ne méritait vraiment pas ça ! 

Bref, il y a eu une période où je tournais les pages un peu à contre-cœur.  Et puis un truc vraiment bizarre s'est passé : j'ai été hypnotisée.  Il ne se passait pas énormément de choses pourtant, mais je voulais absolument savoir la suite.  Subjuguée, en quelque sorte, au point de lire quand je n'avais pas le temps, de lire dans la voiture (ça me rend malade), bref, un besoin compulsif de tourner les pages.  Le pire c'est que je ne sais pas vraiment ce qui fut la cause d'une telle frénésie.  Le plaisir de voir Zach "grandir" peut-être ?  Le fait qu'au fur et à mesure de l'histoire, Ken... euh... Vincent gagnait de la profondeur ce qui le rendait un peu moins insupportable ? 

Toujours est-il que dans ce petit monde en vase clos, on suit Zach et les épreuves qu'il surmonte.  Il revient de l'enfer et pas à pas se reconstruit.  C'est un beau message d'espoir en l'humanité que cette histoire, même si il m'a semblé que c'était parfois un peu "facile", que certains personnages étaient trop parfaits et que Zach se remettait trop bien de certaines épreuves particulièrement éprouvantes.  Mais on l'aime tellement ce gamin, on est content pour lui en réalité !  Et puis je dois avouer que c'est le premier roman que je lis basé sur une intrigue homosexuelle, c'est une expérience originale que je recommande.

Pour compléter le tableau des symptômes, un autre petit effet légèrement désagréable : les scènes de sexe m'ont mise relativement mal à l'aise, même si elles sont décrites sans vulgarité et même de façon fort touchante.  Mais ça il faut le mettre sur le compte d'une prédisposition personnelle à une pudeur exagérée, je pense. 

Alors, docteur, le diagnostic ?  Je dirais que ce produit n'est nullement nocif et au contraire particulièrement agréable, qu'il fait réagir les sens mais qu'il faut se méfier de son effet addictif.  A recommander surtout pour les cœurs tendres et un poil romanesques, ça ne peut leur faire que du bien.  En tous cas, bien qu'il soit le premier fruit d'un laboratoire encore jeune, il n'a rien à envier aux vétérans du marché. Félicitation Mademoiselle Lily, on attend d'autres productions !

Il me reste juste une question, à laquelle j'espère que l'auteure répondra en commentaire : pourquoi le titre Twilight ?


Un extrait audio :
        
  

Pour en savoir plus :
- La fiche Bibliomania du livre
- Acheter le livre
- Les avis de mes co-lecteurs, tous très enthousiastes : Heclea, Mallou, Thalia, Flo_boss, Nanet
- Le site de Lily S. Mist, avec le texte en version électronique, d'autres projets d'écriture, des bonus, etc
- La page facebook de l'auteure

Twilight, tome 1: Fascination, de Stephenie Meyer


Pendant longtemps, j'ai échappé au phénomène de mode créé par la saga Twilight, de Stephenie Meyer. Peu de choses me retenaient de découvrir ces best-sellers, pourtant. A priori la littérature "bit-lit" ne m'attire pas particulièrement, mais pour être honnête je n'en avais jamais lu. Je n'ai pas aimé le film, que j'ai trouvé vraiment très "gnan-gnan", mais beaucoup d'adaptations cinématographiques ne reflètent pas la qualité des oeuvres dont elles sont issues. On en dit souvent que c'est une saga pour adolescentes, mais on disait aussi que Harry Potter était écrit pour les enfants et pourtant j'ai adoré cette série. Je n'avais donc aucune bonne raison pour ne pas découvrir Twilight, et après avoir rencontré de nombreuses lectrices fans inconditionnelles de ces romans sur livraddict, j'ai fini par m'y mettre...


Résumé:

Bella Swan, 17 ans, emménage chez son père Charlie dans la ville de Forks pour laisser sa mère auprès de son nouvel amour. Elle n'attend rien de bon de cette petite ville de province constamment sous la pluie. Pourtant, l'accueil est plus chaleureux qu'elle ne s'imaginait et elle s'y sent bien, surtout après avoir rencontré Edward, un camarade de classe mystérieux à la beauté époustouflante. Bella est littéralement envoûtée et tente de percer le secret d'Edward et de sa famille, de leur peau pâle, de leur beauté irréelle et de leurs attitudes étranges - au risque de sa propre vie.


Mon avis:

Cette saga constitue un véritable phénomène, au même titre qu'Harry Potter. Après avoir lu le premier tome, je peux comprendre ce qui a rendu un nombre incalculable de jeunes lectrices (peut-être lecteurs aussi) fan de cette histoire d'amour impossible. L'intrigue reprend avec succès cet ingrédient attirant de légende dans le présent, de monde caché dans notre monde habituel, tout comme (à nouveau) l'a fait J.K. Rowling. Les vampires ne sont pas tout à fait comme on les imagine, ils ont cette petite touche de modernité qui leur donne un potentiel de réalité. L'intrigue est bien menée dans ce premier tome, simple et sans temps morts, culminant avec un vrai danger. Le côté "gnan-gnan" que je reprochais au film est largement atténué par le fait que le mystère d'Edward et sa relation avec Bella se dévoile de façon bien plus naturelle et progressive que dans la film, où j'ai failli laisser tout tomber pendant leur longue et pénible ballade dans les bois de peur de m'engluer dans la guimauve...

Stephenie Meyer a visiblement des souvenirs très vivaces de sa propre adolescence, car elle décrit les émois de ses personnages de façon particulièrement efficace. Elle réveille le romantisme qui sommeille dans son lecteur en décrivant Edward de façon particulièrement irrésistible, à la fois magnifique, lointain, torturé, mais aussi tendre, passionné, charmeur. Chaque jeune fille a un jour été une Bella en puissance qui malheureusement n'a pas croisé son Edward, mais qui peut enfin vivre une belle histoire d'amour au travers de ces pages. C'est également un ingrédient très puissant dans la fascination suscitée par ce livre.

Mais malgré tout ça, et je m'en excuse d'avance auprès des fans qui je sais vont me lire, j'y vois plusieurs gros défauts. Le premier, le majeur, l'inratable, c'est le style d'écriture. J'ai commencé ce roman en lisant quelques dizaines de pages d'une traduction française empruntée, mais je n'aurais pas pu continuer: ce style si plat rendait ma lecture pénible. On m'a dit que la version originale était bien meilleure, j'ai donc acheté le roman en anglais et l'ai relu depuis le début dans cette langue. C'est à peine mieux, et la petite amélioration tient sans doute au fait que je suis moins exigeante dans cette langue qui n'est pas la mienne. Il faut dire en faveur de cette pauvre Stephenie Meyer que j'ai casé cette lecture entre des nouvelles de Charles Dickens et d'Henry James, deux monstres de la littérature anglophone auprès desquels il est difficile de faire le poids... Mais mon dieu, j'ai mis du temps à m'habituer à ces phrases trop simples, trop classiques, sans couleur, sans la moindre métaphore. Même Dan Brown m'a paru plus agréable à lire. En fin de compte, ce manque de relief devient presque hypnotique, ce qui m'a permis de continuer jusqu'à la dernière page. Mais je regrette amèrement que cette histoire à la première personne manque à la fois de la qualité littéraire d'un roman et de la spontanéité d'un journal intime.

La deuxième critique que je pourrais lui faire tient plutôt à ma propre personnalité, je suppose. Je n'ai tout simplement pas adhéré à l'histoire d'amour racontée là. Edward ne m'a pas du tout séduite, il m'a semblé dès le début arrogant, moqueur, trop sûr de lui; Bella me plaisait au début, jusqu'au moment où elle perde tous ses moyens pour un garçon qui à première vue la déteste et se moque cruellement d'elle. Et puis franchement, s'évanouir parce qu'elle oublie de respirer quand il l'embrasse... J'aurais peut-être beaucoup mieux apprécié à quinze ans, mais dans tous les cas, je n'ai pas l'impression d'avoir jamais été "fleur bleue" à ce point-là.

Enfin, je dois avouer qu'avoir vu le film avant de lire le livre m'est apparu comme un gros handicap. L'adaptation est suffisamment fidèle pour que je sache à l'avance comment l'histoire se développerait, et le manque de surprise est quand même terriblement pesant. En plus, j'avais en tête l'image d'un Edward incarné sous les traits de Robert Pattinson, que je trouve plutôt laid avec ses gros sourcils et son look de beau gosse. Oui oui, je sais que je rame à contre-courant sur ce coup-là, mais comme on dit: des goûts et des couleurs...

Pour une petite analyse à deux sous des thèmes abordés, je dirais que l'analogie avec la sexualité adolescente dans la relation entre Bella et Edward m'a sauté aux yeux à plusieurs endroits. Sans cesse ils se rapprochent, mais pas trop près, parce que le risque est là, l'interdit est tout proche, il en faut pas prendre de risques et rester maître de ses pulsions. J'ai l'impression que l'éducation américaine est très stricte sur ce point-là, car Bella a quand même 17 ans, mais elle ne prendra pas de risques, même si c'est dur pour elle et encore plus dur pour Edward. La similitude avec les pulsions d'Edward en tant que vampire est flagrante.

En résumé, vous vous demandez sûrement: vais-je acheter le tome suivant ? Eh bien, je vais peut-être vous surprendre, mais la réponse est oui. Je voudrais le lire sans l'a-priori du film, ni aucun a-priori d'ailleurs, puisque je n'ai aucune idée de la suite de l'histoire. La partie "amourette" d'Edward et Bella est je l'espère finie, on va rentrer dans une relation plus mûre, et j'ai envie de savoir vers où l'intrigue tendra. Et puis, avouons-le: ces belles couvertures noires donnent bien dans ma bibliothèque ;)