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Harry Potter et les Reliques de la Mort, de J.K. Rowling


Je n'ai pas eu le temps de chroniquer de livres ce mois-ci, mais je vais quand même terminer l'année en beauté avec un des livres que j'ai le plus attendu et dévoré le plus vite : le tout dernier tome d'Harry Potter !


Résumé :

Harry, Ron et Hermione n'assisteront pas à leur septième et dernière année d'études à Poudlard. A la place, il vont réaliser la mission que leur a confiée Dumbledore : retrouver et détruire les horcruxes pour enfin pouvoir tuer Voldemort.  Mais les mangemorts ont pris le pouvoir et pourchassent férocement Harry. L'année qui commence sera la plus dure de la vie du petit sorcier...


Mon avis :

Les tomes d'Harry Potter se suivent et se distinguent toujours. Les six premiers volumes évoluaient vers ce septième : on a croisé Voldemort plusieurs fois, on a assisté à sa montée en puissance, on en a appris de plus en plus sur lui et on a finalement compris ce qu'Harry (et lui seul) devait faire pour le détruire. Ce dernier tome est donc une sorte d'apothéose : c'est la bataille finale entre le bien et le mal.

Ce tome est aussi une apothéose dans la violence. Je me suis souvent demandée à quel âge les enfants pouvaient découvrir chaque tome de la série, et la règle générale semble être que chaque tome devrait être lu à l'âge d'Harry. Dans celui-ci Harry a dix-sept ans et ce qui lui arrive est parfois d'une cruauté impressionnante. Des personnages que l'on connaissait depuis longtemps meurent brutalement, la société des sorciers se désagrège, des innocents sont envoyés en prison, on est dans une situation de guerre civile. Le fait que l'histoire soit envisagée du point de vue d'Harry (qui est soit coupé du monde parce qu'il se cache, soit pris dans un tourbillon d'aventures) a pour résultat d'atténuer un peu l'horreur : il n'a pas le temps de s'appesantir sur les proches qu'il perd ou sur ce qu'il subit. Mais certains passages sont révélateurs : dans le manoir des Malfoy, il est témoin direct de scènes de tortures particulièrement brutales mais qui sont oubliées quelques pages plus tard, déjà remplacées par de nouvelles aventures et de nouvelles pertes...

Ce tome est donc celui de la perte d'innocence, marquée dès les premières pages par la perte d'un des "personnages" les plus innocents de la série.  Le thème de la culpabilité est d'ailleurs omniprésent : l'auteure s'emploie à démontrer que les bons (Dumbledore, Ron,...) ne sont pas toujours irréprochables et que les mauvais (les parents Malfoy, Rogue, Kreacher,...) pas nécessairement aussi mauvais qu'ils n'en ont l'air. L'éducation du lecteur à laquelle J.K. Rowling s'est attelée continue donc jusqu'à la dernière page.

Harry Potter a aussi pris de l'âge dans ce tome. En-dehors des aspects de l'intrigue qui restent éducatifs et de l'aventure omniprésente, le personnage en lui-même se comporte en adulte. Il a des choix extrêmement difficiles à faire et il est par la force des choses obligé de refuser la moindre aide de ceux qui ont jusque là été ses mentors. Ses sentiments ne sont plus impulsifs comme ils l'étaient jusqu'à présent, il est capable de se maîtriser à 100% et à la fin fait preuve d'un tel courage qu'il force l'admiration. Le petit garçon héros malgré lui est bien loin !

J'ai aussi beaucoup apprécié retrouver à nouveau une intrigue basée sur des objets ou personnages familiers depuis le début de l'intrigue mais qui prennent ici une nouvelle dimension. Qui avait fait attention au barman des Trois Balais jusqu'à présent ?  Et qui aurait pu penser que la cape d'invisibilité recélait tant de secrets ? Par contre, j'ai été un peu étonnée de la réaction d'Hermione concernant les fameuses reliques : dans un monde où la magie est omniprésente et pas toujours entièrement expliquée, je ne comprends pas pourquoi elle refuse avec tant d'énergie d'accepter l'existence de trois nouveaux objets fantastiques !

Enfin, en ce qui concerne le style, l'auteure fait preuve ici d'un talent pour le dramatique qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de démontrer. Il y a dans ce tome des scènes qui m'ont beaucoup marquée tant elles sont racontées avec brio : la "conversion" de Kreacher, les retrouvailles avec Neville, et vers la fin le passage dramatique qui suit le voyage d'Harry dans la pensine... Je les relis avec beaucoup plus de plaisir que les scènes d'action qui sont pourtant à couper le souffle, mais peut-être un peu trop nombreuse à mon goût. En tous cas la tension est omniprésente et une fois qu'on a commencé ce roman, il est difficile de le lâcher jusqu'à la dernière page. Je me rappelle d'ailleurs que ma première lecture n'avait pas duré plus d'une nuit !

Et voilà, avec tout ça je termine cette série, le challenge "Relisons Harry Potter" et aussi cette année de compte-rendus de lecture.  Je vous souhaite à tous une année 2015 pleine de pages !

Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- acheter ce livre sur Amazon

Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de J.K. Rowling


Avant-dernier épisode des aventures d'Harry Potter (et du challenge qui consiste à les relire)... Les choses deviennent de plus en plus sérieuses pour le petit sorcier !


Résumé :

Harry est très surpris lorsque l'été chez les Dursleys est coupé court lorsque Dumbledore lui-même vient le chercher.  Et encore plus surpris quand il lui annonce des cours particuliers. C'est que Lord Voldemort est maintenant de retour au grand jour, et il est temps pour Harry d'en apprendre un peu plus sur l'ennemi et ses étonnants pouvoirs. Ce qui ne l'empêche pas de passer à nouveau une année très chargée à Poudlard, pleine de quidditch, de nouveaux sorts à apprendre et d'une première histoire d'amour... 


Mon avis :

Au bout de quelques tomes il devient difficile de parler d'une série qui, si elle évolue constamment et ne déçoit jamais, fonctionne pourtant en suivant les mêmes règles. Au sixième tome nous savons comment se déroule une année à Poudlard pour Harry, même si les défis varient d'une année à l'autre. La tension dans le monde des sorciers monte encore d'un cran puisque Voldemort est non seulement de retour, mais il a repris ses activités violentes et même si nos jeunes héros sont plutôt protégés entre les murs du château, Ron qui demande chaque matin à Hermione lisant le journal si quelqu'un qu'ils connaissent est mort constitue un rappel brutal de ce qu'il se passe dans le monde extérieur. Harry quant à lui doit faire le deuil de son parrain, le premier décès réellement proche auquel il ait à faire face. Mais on n'est pas encore au paroxysme de la peur et l'auteur fait ce qu'il faut pour alléger un peu l'atmosphère. La toute première scène, qui raconte les interactions du Premier Ministre de Grande-Bretagne avec le Ministre de la Magie, est une façon légère et amusante de nous plonger dans le récit. 

Un autre aspect de ce roman qui est relativement secondaire mais que je trouve important c'est l'effort que fait l'auteur pour jeter le doute sur la vraie nature de Severus Rogue. On le sait détestable, mais on sait aussi que Dumbledore lui fait une confiance absolue (n'a-t-il pas organisé des cours particuliers avec Harry au tome précédent ?). Si on comprend en partie son ressentiment envers Harry qui est presque justifié par son passé, on sait aussi que Dumbledore est capable d'erreurs de jugement, il en a commis plusieurs dans le tome précédent. Et la deuxième scène introductive vient encore jeter le doute sur les motivations de Rogue : peut-il réellement s'engager à aider Draco Malfoy à réussir une mission confiée par Voldemort tout en restant fidèle à l'Ordre du Phoenix ? Jusqu'à présent on pouvait envisager un personnage insupportable mais travaillant pour le bien ; ce tome jette un vrai trouble sur un personnage qui devient crucial pour l'avenir du monde de la magie.

Finalement, et pour la première fois dans la série, ce tome semble presque avoir du mal à tenir debout par lui-même ; c'est plutôt une introduction au tome final.  Son but est de nous en apprendre plus sur la véritable nature de Voldemort et le reste de l'histoire est presque secondaire. Le mérite de l'auteur est d'avoir réussi à écrire un tome transitoire qui n'a pas l'air d'en être un. On prend plaisir à le découvrir et à vivre encore une année entre les murs de Poudlard, une année dont on apprendre finalement qu'elle sera la dernière... Pour Harry, c'est un adieu à l'enfance ; pour nous, c'est un adieu au monde des sorciers tel que nous avons appris à l'apprécier, et une préparation pour la sombre apothéose finale. 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de Nelfe, qui a visiblement intensément vécu cette histoire, et celui de Bountyfrei, si vous voulez plus de détails sur l'intrigue.
- acheter ce livre sur Amazon



Harry Potter et l'Ordre du Phénix, de J.K. Rowling


Juste à temps pour valider deux challenges d'un coup, voici mon avis sur le cinquième tome des aventures d'Harry Potter !


Résumé : 

Maintenant, c'est sûr : Voldemort est de retour. Harry passe l'été à guetter les morts et les catastrophes qui vont sûrement marquer son passage... Mais rien, aucune nouvelle, et rien non plus du côté de Ron et Hermione qui apparemment en savent beaucoup mais ne peuvent rien lui dire.  Car la résistance s'organise, mais Harry se sent nettement laissé de côté... 


Mon avis :

Tout d'abord, je dois vous faire une confession : j'ai noté dans ma chronique du tome précédent qu'il était le plus long de la série. Je me suis trompée : ce tome-ci est encore plus épais. Mais si le précédent était construit autour d'événements successifs, celui-ci a une structure un peu moins claire et il m'a paru un peu plus difficile à mener à son terme. Ceci dit, à ce moment de la série, soit le lecteur a déjà abandonné (ça doit concerner une petite minorité), soit il est tellement accro à son héros favori que plus le roman prend du ventre et mieux c'est.

Comme je l'ai déjà dit dans des chroniques précédentes, plus on avance dans la série et plus les tomes deviennent sérieux et graves. Harry n'est plus un enfant maintenant, c'est un adolescent vieilli par les expériences difficiles. Il a plus de mal à contenir la violence de ses émotions, il est plus vite frustré, il découvre le sexe opposé. Et à nouveau, vers la fin du roman, il va subir un choc bien au-dessus de son âge.  Tout ceci est décrit avec beaucoup de justesse par cette auteure magnifique qu'est J.K. Rowling.

Comme dans les tomes précédents, l'histoire inclut également une part éducative. Cette fois-ci je dirais que le message principal c'est que personne n'est infaillible. Harry est amené à revoir sa division du monde entre "bons" et "méchants" : le gentil Ministre de la Magie devient pathétique et met toute la communauté des sorciers en danger ; le père d'Harry se dévoile sous les traits d'un adolescent arrogant, tandis que Severus Rogue est plutôt à plaindre ; et surtout, surtout, Dumbledore n'est pas infaillible. Il fait une erreur très grave en gardant Harry à l'écart de toutes les informations sérieuses qui le concernent. Il le sous-estime ou le sur-protège et ceci mènera à la catastrophe. J'ai un peu de mal à comprendre cette erreur grave et beaucoup de respect pour Harry qui arrive à lui pardonner. 

Point de vue personnages, nous découvrons ici l'un des mieux réussis et des plus détestables de la littérature jeunesse : la fameuse, l'exquise, l'indescriptible Dolorès Ombrage. Mélange de ridicule et de cruauté, cette femme est un monstre habillé de rose qui ne cesse de nous surprendre par son machiavélisme. Quel plaisir de la voir tenue en échec par nos héros !  Voilà un match encore plus excitant qu'un match de quidditch ! Si vous voulez en savoir plus sur l'origine de ce personnage, J.K. Rowling a justement publié aujourd'hui sa biographie, que vous pouvez lire ici en anglais et ici traduite en français.

Voilà, encore un nouveau tome qui développe l'histoire d'Harry Potter, de ceux qui l'accompagnent, et qui fait encore monter d'un cran la gravité de ce qui lui arrive. Et plus je relis cette série, plus je lui trouve des qualités ! 


Pour en savoir plus :
- l'avis de Mycoton, aussi enthousiaste que moi




Harry Potter et la Coupe de Feu, de J.K. Rowling


Je suis toujours en train de relire la série Harry Potter et je peux déjà vous dire que ce tome 4 est l'un de mes préférés !


Résumé :

A la fin de l'été après sa troisième année à Poudlard, Harry est invité par les Weasleys à un grand événement : la finale de la Coupe du Monde de Quidditch !  Un moment très excitant mais qui se terminera brutalement lorsque les anciens partisans de Voldemort prouveront qu'ils n'ont pas oublié leur maître. Même après son retour à Poudlard, il n'est pas sûr qu'Harry soit vraiment en sécurité : quelqu'un semble bien décidé à le mettre en danger à l'occasion d'un autre évènement extraordinaire...


Mon avis : 

Pour la deuxième fois, je suis en retard dans ma participation au challenge "Relisons Harry Potter". J'aurais dû publier cette chronique au cours du mois de septembre, et nous sommes déjà en octobre. Mais il est vrai que ce tome est le plus épais de la série, 640 pages pour mon édition. Un vrai pavé, ce qui est particulièrement surprenant pour un roman destiné à de jeunes lecteurs !

Et pourtant, on le dévore d'un bout à l'autre. Ce qui marque particulièrement dans ce tome, c'est le grand sens du rythme de l'auteur. Avec un pavé pareil, elle ne pouvait pas se permettre de laisser une seule occasion à son lecteur de s'ennuyer, au risque qu'il regarde le chemin à parcourir jusqu'à la page finale comme une montagne à gravir. Impossible également d'opter pour un récit linéaire avec un suspense qui monte régulièrement jusqu'à une apothéose finale. Au lieu de ça, on a plusieurs aventures qui se suivent, avec chacune sa dose d'excitation, chacune sa petite apothéose : la Coupe du Monde, l'annonce du Tournoi, et puis les trois tâches successives. A chaque fois il y a le suspense, la tension, l'action, sa résolution et le retour au calme relatif. Et à chaque fois on monte d'un cran dans la gravité des évènements jusqu'à une fin terriblement dramatique.

L'auteur a aussi réussi à créer un tome sans répétitions, malgré le fait que les éléments essentiels du monde des sorciers sont maintenant connus. Le quidditch par exemple est un aspect qui plaît à beaucoup de lecteurs mais avec la Coupe du Monde pour démarrer ce tome, on aurait pu s'en lasser, alors ça s'arrête là : il n'y aura pas de matchs de quidditch à Poudlard cette année. De même, les trois tâches successives auraient pu être la répétition du même schéma : stress pour Harry,  découverte de l'épreuve puis l'épreuve elle-même et sa réussite. Ce n'est pas du tout le cas : la première et la deuxième épreuve se ressemblent un peu à cause de l'inquiétude d'Harry et ses difficultés pour trouver comment les aborder, mais leur résultat est assez différent ; quant à la troisième tâche, elle démarre à l'inverse avec Harry plutôt à l'aise pour se terminer dramatiquement. 

Parlons-en justement de cette fin : pour la première fois dans la série, on découvre un aspect très adulte dans la narration, une sorte de double niveau de lecture. Le jeune lecteur sera probablement horrifié par les aventures du héros et ce qui arrive à Cédric Diggory, sans être encore trop profondément choqué parce que Cédric reste un personnage périphérique (bien que sympathique) ; mais l'adulte percevra aussi le traumatisme profond auquel Harry est confronté et qui est encore bien plus grave. Jusqu'à présent il a toujours vaincu, il s'en est toujours sorti indemne. Pas cette fois-ci, et en ce qui me concerne j'ai eu les larmes aux yeux en imaginant ce qu'il est obligé de subir et aussi de voir dans le chapitre "prior incantatem". A partir de la fin de ce tome, Harry n'est plus un enfant, il est obligé de devenir brutalement un homme. 

Ajoutons à cela l'évolution subtile des personnages (là aussi, l'adulte comprendra probablement beaucoup mieux les réactions bizarres de Ron face à Hermione que le lecteur enfant), toute une série de mini-mystères entremêlés (l'affaire Rita Skeeter, le mystérieux correspondant de Georges et Fred,...), et les petites leçons d'humanisme glissées ça et là (comme la ligue de défense des elfes de maison, la crise de jalousie bien compréhensible de Ron et les problèmes d'argent de sa famille) et on ne peut conclure qu'une seule chose : nous avons ici un tome particulièrement maîtrisé, un chef d'oeuvre de construction narrative où J.K. Rowling démontre son talent. Elle arrive à la fois à amuser et à éduquer ses jeunes lecteurs, tout en offrant un autre niveau de lecture à ses lecteurs adultes. C'est après la sortie en français de ce tome-là que j'ai commencé à découvrir la série et c'est une bonne chose : plus tôt j'aurais pu me fatiguer de ces romans résolument jeunesse (j'étais déjà trop vieille à l'époque), mais ici les choses sérieuses commencent vraiment et la profondeur émotionnelle est bien là.

En résumé : je n'ai que des éloges pour ce tome. Enfin presque : maintenant que l'on rencontre Voldemort "en vrai", je l'ai trouvé un peu trop caricatural. On se demande comment sa cruauté gratuite, même envers ceux qui le suivent, a pu lui assurer la loyauté de sorciers intelligents. Quant à ses petits discours pompeux, ils m'ont presque donné envie de sourire... jusqu'à ce que je revoie le visage de Ralph Fiennes dans ce rôle où il m'avait vraiment donné des frissons. Mais c'est un roman qui est vraiment très, très réussi, peut-être mon préféré - je vous dirai ça à la fin de ma relecture, en décembre !


Pour en savoir plus :
- les avis de Mylène, qui n'y voit que du positif, et Mypianocanta, qui relève à juste titre qu'il s'agit d'un livre charnière dans la série





Le quidditch à travers les âges, de J.K. Rowling


Et si on empruntait un livre directement dans la bibliothèque de Poudlard ?


Résumé :

Vous voulez en savoir plus sur le Quidditch, ce sport fabuleux dont Harry Potter est fan ? Ce livre est pour vous, mis pour la première fois à la dispositions des moldus !  Découvrez l'histoire de ce sport depuis le Moyen-Age, les clubs les plus importants, les marques des balais sportifs, la liste des règles et des fautes, et tout un tas de petites anecdotes qui vous feront regretter (encore plus) de ne pas être sorcier !


Mon avis :

Le monde d'Harry Potter est toujours tellement addictif qu'on a envie de prolonger l'expérience. J.K. Rowling l'a bien compris et elle a publié plusieurs livres compagnons, notamment celui-ci, au profit d'une bonne oeuvre. De quoi contenter les lecteurs passionnés tout en leur donnant l'impression de faire une bonne action.

Lecteur passionnée je suis, et j'ai donc reçu ce livre à Noël car il figurait sur ma wish-list. Je ne sais pas pourquoi il a traîné si longtemps dans ma bibliothèque avant d'être lu ; il est si mince au milieu de ses grands frères, les sept tomes d'Harry Potter, que je l'avais un peu perdu de vue. Je l'ai retrouvé un jour où j'étais embourbée dans un roman très long et un peu pesant, et je l'ai pris en espérant quelque chose de court et de léger.

Court, ça l'est : 117 pages d'une police bien lisible, une série de petits chapitres avec quelques dessins. Léger, ça l'est aussi, peut-être même trop. Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un petit livre d'histoire amusant où l'on retrouve l'humour de J.K. Rowling et sa façon de se moquer gentiment du monde des sorciers. L'histoire du Quidditch est émaillée d'anecdotes farfelues et de noms bizarres que le traducteur a eu du mal à transcrire. Ca fait sourire, parfois... Mais je dois avouer qu'au bout d'une demi-heure de lecture, quand j'ai tourné la dernière page, tout ce que je me suis dit c'est "ah, c'est juste ça ?"... 

Je pense que ce petit livre est avant tout un livre pour enfants et que c'est eux qui apprécieront le côté farfelu du sport et de son histoire. Il y a aussi un bel effort de la part de l'auteur et de l'éditeur pour faire passer ce livre pour un "vrai faux livre" directement sorti de la bibliothèque de Poudlard. En ce qui me concerne, moi qui suis plutôt séduite par la complexité de la série Harry Potter et la maturité de ses derniers tomes, je pense qu'il retournera prendre la poussière dans ma bibliothèque. Heureusement, il n'y occupe pas beaucoup de place...


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de Snow et Olya, bien plus enthousiastes
- acheter ce livre sur Amazon


Harry Potter et la Chambre des Secrets, de J. K. Rowling


Pour le challenge de George, j'avais promis de relire un tome d'Harry Potter par mois, et dès le deuxième tome je suis en retard !  Vite vite, qu'en ai-je pensé ?


Résumé :

Après sa première année à Poudlard, les vacances d'Harry Potter sont un vrai calvaire : les Dudley sont encore plus désagréables qu'avant, et il reçoit une visite inattendue qui se termine en catastrophe. Heureusement qu'il peut compter sur ses amis, et il va en avoir bien besoin, car pour sa deuxième année d'école, la vie de plusieurs de ses camarades sera entre ses mains !


Mon avis :

Revoici donc ce cher Harry, peu de temps après sa première aventure à l'école des sorciers. Je ne me rappelle absolument pas quelles ont été mes impressions la première fois que j'ai lu ce roman, mais j'imagine que j'étais plutôt concentrée sur l'évolution de l'intrigue. Le suspense et l'aventure sont suffisants que pour tenir en haleine n'importe quel lecteur, petit ou grand. Mais cette relecture m'a permis de me concentrer sur d'autres aspects.

D'abord, le roman est encore un peu enfantin comme le premier, mais Harry gagne déjà en maturité. Les enjeux cette fois-ci sont plus importants : des élèves sont véritablement en danger, les adultes qui comptent font défection, et Harry risque plusieurs fois sa vie. On découvre d'ailleurs toute l'étendue de son courage et de celui de Ron ; ils ne passent pas leur temps à chercher les ennuis mais n'hésitent pas à faire face à leurs peurs et à risquer leur vie pour sauver celle d'autres personnes. L'épisode dans la forêt, brrrr... Moi je n'aurais pas pu !

Un des personnages centraux de ce tome est Gilderoy Lockhart, et il est, il faut bien l'avouer, étrangement caricatural. Le lecteur adulte se rend vite compte du type de personnalité poussée à l'extrême dont il s'agit, et à partir de là anticipe facilement ses réactions.  Ca m'étonne beaucoup mais l'auteure a dit que c'était le seul personnage basé sur une (seule) personne réelle, qui était encore pire que Lockhart. Je suis aussi plutôt déçue par les réactions d'Hermione : elle me paraît trop intelligente que pour que le charme du professeur l'aveugle à ce point ! Et le fait que plusieurs personnages féminins tombent dans le même piège tourne presque aux préjugés sexistes... Mais je pense qu'en plus des effets comiques qu'il permet, ce personnage est aussi là pour éduquer les jeunes lecteurs : il ne faut pas faire toujours confiance aux adultes, même en position d'autorité !  Et vouloir paraître à tout prix est plutôt ridicule qu'autre chose...

En-dehors de ça, je suis toujours aussi choquée par la cruauté des Dursleys envers Harry. Il se fait enfermer, il est mal nourri... De la vraie cruauté que même la justice muggle ne devrait pas laisser passer. Mais que fait Dumbledore ?  De plus il reste, ici comme dans le tome 1, quelques petits détails inexpliqués. J'ai par exemple du mal à croire que les professeurs d'Hogwarts et les autres sorciers adultes impliqués n'aient pas au moins deviné la nature du "monstre". Par moments, Poudlard a l'air d'être gérée pas trop sérieusement : certains professeurs sont franchement ridicules, d'autres totalement injustes, les sabotages les plus évidents aux quidditch ne sont même pas remarqués, et le coup des examens annulés, hum... Mais il y a quelques chose d'agréable dans le côté "bohème" du château, je dois bien l'avouer.

Voilà pour les remarques concernant le tome 2. Je me suis directement mise au tome 3 pour rattraper mon retard de challenge, et par conséquent, rendez-vous très bientôt pour la prochaine chronique !


Pour en savoir plus :
- l'avis d'Olya, un peu plus négatif car c'est le tome qu'elle aime le moins



Harry Potter à l'école des sorciers, de J. K. Rowling


Je vous entends d'ici : "Mais tu n'avais jamais lu Harry Potter ? Est-ce possible ?" Si si, j'ai lu Harry Potter, et plus d'une fois... Mais maintenant je le chronique enfin !


Résumé :

Harry, orphelin de bientôt 11 ans, vit chez son oncle et sa tante en compagnie de son détestable cousin. Considéré par sa famille comme une source de problèmes, son existence est plutôt triste et ordinaire, même s'il lui arrive de temps en temps des aventures inexplicables qui lui attirent régulièrement des punitions. Jusqu'au jour où une étrange lettre qui lui est adressée est confisquée par son oncle. D'autres lettres identiques arrivent, et son oncle fera tout pour qu'Harry ne puisse pas les lire. Car ces lettres mystérieuses annoncent une nouvelle vie pour Harry...


Mon avis :

Je me souviens la première fois où j'ai lu ce premier tome d'Harry Potter. Ca faisait déjà bien longtemps que la folie Harry Potter avait envahi les librairies, mais je n'avais jamais eu vraiment envie de découvrir une histoire pour enfants. Jusqu'au jour où je me suis rendue compte que mon petit frère, qui ne lisait jamais, était déjà arrivée au quatrième tome ! Je me suis demandée ce que cette série avait de si spécial pour qu'il la lise, je lui ai emprunté le quatrième tome, je me suis rendue compte qu'il était moins enfantin que je ne pensais mais que je devrais commencer par le premier pour comprendre ce qu'il s'y passait, alors j'ai emprunté le premier tome au petit frère en question et je me suis lancée.

Ce premier tome n'a jamais été mon préféré ; il est en effet très enfantin, la psychologie des personnages est plutôt simpliste, et j'aime surtout la façon dont les personnages évoluent et l'histoire s'assombrit dans les tomes suivants. Mais je sais que je l'aurais adoré quand j'étais enfant. Qu'est-ce qui fait plus rêver qu'un jeune garçon gentil et plein de vie, traité avec injustice par sa famille, qui découvre tout à coup qu'il n'est pas juste un petit garçon ordinaire et un peu pitoyable, mais un sorcier ?  Tout à coup il se retrouve dans un monde beaucoup plus excitant, pleine de choses amusantes à apprendre à l'école et d'amis à se faire, lui qui s'est toujours senti très seul. Il était désespérément ordinaire, et le voilà devenu une véritable star sans avoir rien à faire. Il se découvre un talent particulier pour le sport le plus cool du coin, et il va même avoir la chance de devenir un véritable héros !  Quand j'étais petite il me suffisait de lire une histoire d'enfants qui décident de vivre seuls loin d'adultes injustes pour sentir mon coeur vibrer, alors Harry Potter m'aurait sans aucun doute énormément plu.

En plus de ça, le génie de J. K. Rowling tout au long de la série, c'est d'avoir inventé un monde magique qui s'imbrique dans notre monde normal très terre-à-terre. A l'époque où la fantasy urbaine ne faisait que débuter, c'est un trait de génie de la part de l'auteur d'avoir inventé ce mélange de magie et de réalité. Elle permet à l'imagination de s'envoler en redonnant un autre sens à notre propre univers ; aucun enfant qui a lu Harry Potter ne regardera de la même façon les chats avec des dessins autour des yeux qui rappellent des lunettes, les pubs anglais un peu mystérieux, ou Charing Cross Station !

Mais le monde d'Harry Potter va plus loin encore quand il s'agit de s'imbriquer dans notre monde. Car les sorciers vivent parmi nous et respectent nos coutumes ; ils vont à l'école, passent des examens, font du sport, sont punis. Sauf que toutes ces choses-là sont bien entendu beaucoup plus excitantes que nos versions : ils apprennent à transformer des objets et à concocter des potions magiques, leurs uniformes sont des robes de sorciers, ils jouent à un jeu bizarre sur des balais volants et leurs punitions consistent à retrouver des licornes dans une forêt magique !  J. K. Rowling a une imagination débordante qui se manifeste jusque dans les moindres détails et rend Poudlard absolument irrésistible, avec la nourriture qui apparait dans les assiettes, les décorations de Noël qui bougent toutes seules, les fantômes résidents, les portraits dont les occupants se rendent visite les uns aux autres, et tout le reste.

Un dernier gros point positif de ce roman : même si c'est un premier tome et que l'auteur a dû passer beaucoup de temps à présenter son monde, elle l'a fait de façon très subtile en y mélangeant une bonne dose d'action. Le choix d'Hagrid pour présenter à Harry son nouveau monde permet d'offrir un point de vue un peu naïf qui laisse beaucoup de choses de côté, y-compris certains détails importants (comment prendre le train pour Poudlard, par exemple !) qui sont à l'origine de passages très amusants. Et tout au long du tome se développe l'intrigue concernant la pierre philosophale (dont le livre prend son titre en anglais) qui n'est pas trop compliquée pour ne pas trop étendre le nombre de pages, mais suffisamment développée que pour avoir l'air vraiment importante. Ceci dit, je pense que le choix du titre en français est judicieux : c'est bien la découverte de l'école des sorciers qui est au coeur de l'histoire.

Bref, ce roman est vraiment réussi et j'aimerais pouvoir redevenir enfant pour le découvrir avec tout le plaisir qui lui est dû. Ceci dit, en tant qu'adulte qui a déjà lu toute la série, je n'ai pas pu m'empêcher de découvrir quelques détails qui me paraissent incroyables. Par exemple, la cruauté des Dursley m'a beaucoup choquée ; ils ne battent pas directement Harry mais le laissent se faire battre par son cousin, ils le font loger sous l'escalier alors qu'ils ont une chambre libre, ils le traitent visiblement très différemment de son cousin, ne lui achètent jamais de vêtements, etc. Pour moi c'est de l'abus qui pourrait justifier de le placer dans une famille d'accueil, mais Dumbledore le laisse pourrir là pendant dix ans sans même lui rendre visite une seule fois ou faire quoi que ce soit pour que les Dursley le traitent un peu mieux. On apprend plus tard qu'il est protégé par magie dans cette maison, mais on apprend aussi qu'une seule lettre de Dumbledore suffit à effrayer Petunia suffisamment pour qu'elle le traite beaucoup mieux...

Et puis il y a quelques autres détails qui sonnent faux surtout parce que dans la suite, chaque détail de chaque histoire a un sens, ils s'imbriquent les uns dans les autres pour créer une intrigue globale complexe et qui ne laisse rien au hasard, un aspect que j'apprécie particulièrement dans cette série. Mais même si l'auteur a réutilisé des détails du premier tome jusque dans le dernier (par exemple l'éteignoir qui a un rôle important dans le tome 7), on sent qu'elle n'avait pas tous les détails de l'intrigue à venir en tête quand elle a écrit ce tome-ci. Le jour où les parents d'Harry sont morts, comment se fait-il que les sorciers se montrent dans la rue en portant leurs capes ? Comment se fait-il que les hiboux soient visibles la journée, eux qui passent leur temps à transporter des lettres à toute heure du jour et de la nuit sans jamais que les Moldus les repèrent ?  Comment se fait-il que Harry Potter soit confié à Hagrid et qu'Hagrid prenne toute une journée à l'emmener chez les Dusley, malgré sa moto volante ?  Comment se fait-il que Mc Gonagall passe toute la journée à attendre Dumbledore devant la porte des Dusley, alors qu'elle n'a même pas l'air d'être sûre de ce qui est arrivé aux parents d'Harry ? Pourquoi appelle-t-elle Dumbledore "Dumbledore" et non "Albus" comme elle le fait d'habitude?

Bref, rien que des détails qui ne sont pas vraiment à leur place, mais ça n'a pas beaucoup d'importance ; je les ai remarqués simplement parce que dans les autres livres, aucun détail ne semble jamais irréfléchi. C'est le problème avec un bon livre, on cherche la petite bête...

Cette chronique est déjà trop longue, même si le roman le mérite. En résumé, c'est une très très belle histoire que je n'hésiterai pas à mettre entre les mains des enfants que je croiserai à l'avenir, car elle est faite pour eux. En ce qui me concerne, je préfère l'univers plus adulte de la suite de la série, mais j'aurai l'occasion de vous en parler dans les mois qui viennent !


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