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Skyward, de Brandon Sanderson


Voilà un titre dont je tenais à vous parler parce qu'il est le premier tome d'une série en cours (le deuxième est sorti en novembre 2019), et parce que ce récit de SF jeunesse a beaucoup pour plaire. Apparemment il n'est malheureusement pas encore traduit en français, mais étant donné la réputation de l'auteur et le potentiel commercial évident de cette série, ça ne saurait tarder...


Résumé :

Spensa a vécu toute sa vie dans les sous-terrain de la planète où ce qu'il reste de l'humanité s'est réfugiée après que leur vaisseau spatial s'y est écrasé. L'ennemi qu'ils fuyaient continue à les attaquer depuis l'espace, et l'humanité ne doit sa survie qu'à la riposte de courageux pilotes, triés sur le volet. C'est le rêve de Sensa, devenir pilote sur les traces de son père et se battre auprès des étoiles. Mais elle hérite d'un lourd destin : son père est mort après avoir tenté de fuir lors d'une bataille décisive, et la famille du lâche est pour toujours en disgrâce. Il semble que les portes de la prestigieuse académie des pilotes ne lui soient à jamais fermées. A moins qu'un petit coup de pouce du destin, et la découverte d'un mystérieux vaisseau accidenté dans une caverne, ne lui permette de réaliser son rêve malgré tout...

Une histoire naturelle des dragons, de Marie Brennan


Petit retour en arrière pour moi avec cette chronique d'un livre lu il y a... plus d'un an. Voilà pourquoi il faut toujours prendre des notes en cours de lecture !


Résumé :

« Soyez avertis, cher lecteur : les volumes de cette série contiendront des montagnes gelées, des marais fétides, des étrangers hostiles, des compatriotes hostiles et à l'occasion des membres de ma famille hostiles, de mauvaises décisions, des mésaventures géographiques, des maladies dépourvues d'attrait romantique et une abondance de boue. Vous poursuivrez votre lecture à vos risques et périls. »
Ce premier tome des mémoires de Lady Isabella Trent raconte la jeunesse de cette naturaliste mondialement connue, depuis son enfance jusqu'à sa première expédition. Lady Trent raconte avec beaucoup de franchise comment elle en est venue à être fascinée par les dragons, comment elle a réussi à défier la société Victorienne pour les étudier, et ses premières aventures sur le terrain, qui lui ont fait vivre autant d'excitation que de drame.

Téméraire, tome 2: Le trône de jade, de Naomi Novik


Je vous parle aujourd'hui du second tome d'une série originale, mêlant guerres napoléoniennes et dragons de combat...


Résumé :

Téméraire le dragon et son "cavalier" Will Laurence viennent de découvrir que Téméraire appartient à une race très rare et qu'il possède des capacités particulières. Le problème c'est que l'Empereur de Chine entend bien récupérer Téméraire, qui avait été donné encore dans l'oeuf à la France et récupéré par l'Angleterre à l'issue d'une bataille navale pendant la guerre napoléonienne. L'Empereur a envoyé une délégation dirigée par son propre frère, et les autorités britanniques ont bien l'intention de tout faire pour améliorer leurs relations diplomatiques avec ce puissant pays. Will et Téméraire se retrouvent au coeur d'intrigues politiques qui vont les obliger à partir pour un très long voyage...


Mon avis :

Je dois avouer deux choses concernant cette lecture : d'abord, j'ai lu ce livre en 2017, dans la foulée du premier tome, mais je n'ai pas rédigé de chronique à l'époque et j'ai fini par le relire pour pouvoir vous en parler (et parce que je trouve ça dommage de ne pas me souvenir d'un livre, c'est la raison principale pour laquelle j'ai ouvert un blog). Ma deuxième confession, c'est que lorsque j'ai lu ce livre, c'était en audiolivre et je ne l'ai choisi que parce que j'aimais vraiment la voix du narrateur. Il a un ton grave (j'ai longtemps cru que Will Laurence avait au moins 60 ans !), un accent anglais et une diction parfaite, et je voulais juste poursuivre le plaisir de l'écouter me raconter une histoire. 

Le résultat c'est qu'à la première écoute, je n'étais peut-être pas très attentive et je ne me suis pas franchement enthousiasmée pour l'histoire en elle-même. J'avais trouvé le premier tome intéressant et original de par son mélange d'histoire et de fantasy, mais un peu simpliste, et ce deuxième tome reste dans la même veine. J'avais aussi été dérangée par un gros souci logique dans les prémisses de ce roman (ATTENTION SPOILERS SUR LE TOME 1) : les dragons sont vraiment traités comme des animaux domestiques et ne se rebellent jamais. Téméraire, encore tout jeune, fait quelques remarques très pertinentes à ce sujet, comme quoi il est obligé de se soumettre à la loi des hommes et à leur gouvernement, et même devenir soldat et potentiellement donner sa vie, alors qu'il n'a aucun droits. Or les dragons sont des êtres intelligents, capables de communiquer, de comprendre leur situation, et surtout bien plus forts physiquement que les hommes. Comment cette situation a-t-elle pu perdurer sans le moindre heurt, au point que Will trouve carrément absurde l'idée qu'il puisse en être autrement ?

Il se trouve que cet aspect est abordé plus sérieusement dans ce deuxième tome, sans vraiment répondre à la question directement mais en mettant les choses en perspective. Ce n'est toujours qu'un aspect très limité de l'intrigue et il intervient très tard, donc je ne vous en dirai pas plus, mais au moins il n'est pas entièrement passé sous silence. Ça m'a fait plaisir et m'a donné l'espoir qu'il devienne plus proéminent dans le tome suivant. 

Sinon de façon générale, on retrouve Téméraire et Will, fidèles à eux-même, dans de nouvelles aventures qui se dérouleront en grande partie sur les mers et en Asie. Les nouveaux décors sont époustouflants et les batailles ne manquent pas, composées de scènes d'action superbement décrites. Le rythme est relevé, pas le temps de s'ennuyer. Ce sont de belles aventures que nous offre ce second tome. 

Les seuls points négatifs en ce qui me concerne : je n'ai pas du tout réussi à distinguer les noms des personnages chinois (probablement à cause du format audio), et j'ai été marquée par l'orgueil de Will Laurence, trop souvent incapable d'accepter ou de comprendre les nécessités de la diplomatie. Dans ce tome, la plupart des problèmes viennent tout simplement de la rencontre entre deux cultures très différentes ; il me semble que dans ce contexte, Will en particulier est incapable ne serait-ce que d'envisager que ce qui constitue un affront dans sa culture n'en est pas un dans la culture chinoise, et vice-versa. Il passe beaucoup de temps à juger les Chinois sur leurs gestes, leur façon de se comporter et de parler, tout en les interprétant à la lumière de sa propre culture, puisqu'il ne sait rien de celle de ses interlocuteurs. En plus de ça, il se méfie énormément du diplomate qui connaît la Chine et est sensé le guider, en grande partie probablement parce qu'il est très jeune et un peu maladroit. Tout ceci résulte en un certain nombre de conflits qui sont sûrement pour la plupart basés sur des malentendus, mais on n'a que le point de vue de Will qui ne sera jamais mis en cause. Le côté très unilatéral de cette approche et le comportement orgueilleux de Will m'ont un peu agacée.

En résumé, ce roman poursuit dans la même veine du premier, avec de nouveaux décors magnifiques, de très belles scènes d'action, et beaucoup d'aventures bien menées. Je regrette toujours un peu l'aspect "jeunesse" qui explique peut-être les comportements parfois puérils de Will, mais j'ai apprécié ce très bon divertissement. Le roman est aussi très joliment écrit, le vocabulaire recherché, et si vous avez l'occasion de l'écouter en audiolivre VO, la voix du narrateur est tout simplement parfaite. J'aime beaucoup cette série que je recommanderais en particulier aux jeunes lecteurs, car elle est aussi divertissante qu'originale et instructive au niveau historique.


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la fiche Goodreads du livre
- acheter ce livre sur Amazon (en français)

Everything, Everything, de Nicola Yoon


Ça fait des mois que je devais vous parler de ce roman, l'une de mes rares incursions en littérature jeunesse et en romance. Suis-je trop vieille pour ces choses-là ?


Résumé :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.


Mon avis :

Parfois, je prends des risques en lecture. Il y a des styles dont je sais qu'ils ne sont pas pour moi généralement, mais je me refuse à condamner à jamais tout un genre littéraire, alors j'essaie de leur redonner leur chance de temps en temps. Le résultat c'est parfois de belles surprises, comme avec "Avant toi" de Jojo Moyes. Mais de façon générale le romantisme est un de ces genres qui ne sont pas pour moi.

Je lui ai quand même à nouveau donné sa chance à l'occasion du Book Club de mai. C'est le roman Everything, Everything qui a été sélectionné et les uns après les autres, les participants qui avaient terminé leur lecture en avance revenaient chanter ses louanges. Comme j'aime bien lire la plupart des livres choisis pour le book club si je le peux, comme il existait en audiolivre en VO et comme justement il me restait pas mal de crédits à utiliser sur Audible, j'ai profité des conditions si justement réunies et je me le suis procurée.

Je dois avouer qu'au début, j'ai été vraiment très déçue. La principale raison c'est que je me suis rendue compte qu'il s'agissait avant tout d'un roman jeunesse. Sa fiche Bibliomania ne l'indiquait pas, et j'ai très naïvement mal interprété le résumé. Je pensais que l'histoire serait plutôt dramatique, étant donné que la maladie très particulière de l'héroïne me semblait une opportunité pour explorer les aspects psychologiques liés au fait de vivre une existence coupée du monde. J'imaginais déjà la souffrance de ne pas pouvoir vivre l'amour, la réflexion sur la valeur d'une vie que l'on ne peut pas vraiment vivre, tout ça... Oui, je me suis vraiment emballée et maintenant que je relis le résumé je me sens assez bête  :D

Enfin bref, je me suis vite rendue compte que j'étais bien à côté de la plaque. Ce qu'on a ici c'est une histoire d'amour relativement légère, vue par une jeune femme qui connaît ses premiers émois, et visiblement écrite pour un public qui peut s'identifier à elle... ce qui malheureusement n'est pas mon cas. Madeline, l'héroïne, est douce et gentille, volontaire et pliante à la fois, et il faut bien le dire, franchement attachante. Mais en ce qui me concerne les longs monologues sur le bonheur de toucher pour la première fois la main de l'autre, ça me donne vite envie de soupirer, et pas de plaisir mais d'ennui malheureusement.

Une autre chose qui m'a vite ennuyée, c'est le style de narration. Les chapitres sont très, très courts, parsemés de paragraphes différents, comme le dictionnaire inventé par Madeline, des échanges d'emails ou de discussions en ligne. C'est très moderne et vivant, mais le résultat c'est une narration hachée qui donne l'impression que le livre a été écrit pour des lecteurs dont il est difficile de retenir l'attention. Le style est aussi relativement pauvre, surtout au début, mais quand Madeline aura l'occasion de s'ouvrir un peu au monde, elle nous offre aussi quelques descriptions assez poétiques.

En fait, ce qui m'a surtout énormément ennuyée voire même énervée pendant une bonne partie du livre, c'est... eh bien non, je ne peux pas vous le dire, parce que c'est fait exprès. Disons qu'il y a de gros soucis de logique dans cette histoire, dès le début, qui au final vont s'expliquer, mais qui m'ont souvent donné envie de fermer le livre à cause d'une intrigue qui n'avait ni queue ni tête à mes yeux. Ça c'est quelque chose que mon pauvre esprit cartésien a du mal à supporter, je dois bien l'avouer, et qui m'a empêchée d'apprécier d'autres aspects de ce roman.

Cependant, grâce au Book Club j'ai quand même terminé ce roman, et je ne l'ai pas regretté : une fois qu'on a compris "le truc", il reste un côté rafraîchissant, une gentille histoire d'amour. Ça m'a un peu rappelé "E=MC2" de Patrick Cauvin, que j'ai adoré étant plus jeune et relu dernièrement, sauf que j'avais trouvé le roman de Cauvin beaucoup plus comique par moments. Je pense que je suis trop "vieille" dans ma tête pour apprécier ce genre de roman, mais je comprends l'engouement qu'il a suscité auprès de ceux et celles qui n'ont pas ce handicap...


Pour en savoir plus :

The Reckoners, tome 3 : Calamity, de Brandon Sanderson


Aujourd'hui, on retourne dans le monde de Brandon Sanderson (eh oui, ce n'est jamais fini !) et plus précisément dans l'univers de ses "reckoners" pour un dernier tome...  Attention, gros spoilers concernant les autres tomes de cette série !


Résumé :

Le pire est arrivé pour les Redresseurs : leur chef, Prof, a succombé à ses pouvoirs et est devenu un Epique tout aussi mauvais et encore plus dangereux que tous les autres. L'équipe est déchirée, en cavale, sans ressources, mais David ne baisse pas les bras. Il sait qu'il est possible de faire revenir un Epique du côté du bien, Megan en est la preuve. Il sait aussi que le pouvoir des épiques a une seule et même origine, Calamity. Et il est prêt à tout pour sauver Prof et mettre fin au règle des Epiques.


Mon avis :

Même si c'est probablement la série de Brandon Sanderson que j'aime le moins jusqu'à présent, à partir du moment où j'avais lu les 2,5 premiers tomes, je n'allais pas m'arrêter avant d'avoir lu le troisième et dernier. A la fin du deuxième tome, les choses sentaient bien le roussi pour nos héros les Redresseurs, et j'étais curieuse de savoir comment ils allaient s'en sortir.

Personnellement, je croyais naïvement que les tomes précédents nous avaient dit à peu près tout ce qu'il fallait savoir du monde des Epiques et des Redresseurs. Je me trompais lourdement. De façon assez surprenante, après une dizaine d'années sous le joug de la terrible malédiction que sont les Epiques, l'humanité n'avait encore aucune idée de leurs faiblesses, de leur origine et des raisons pour lesquelles ils cherchaient quasiment tous à faire le mal. Heureusement, nous avons David pour enfin faire preuve d'un minimum de curiosité et tirer les conclusions qui s'imposent. Il va encore en apprendre beaucoup dans ce tome-ci, et à ce niveau-là nous avons droit à quelques surprises.

Un autre aspect qui prend de l'importance, ce sont les mondes parallèles liés au pouvoir de Megan.  On savait déjà qu'elle sait ouvrir des portails vers des mondes parallèles proches et en tirer des illusions, des objets ou des personnes. Ce tome-ci permet d'explorer plus en profondeur ces autres mondes, et le potentiel semble tellement important que Brandon Sanderson a annoncé récemment une nouvelle série dans le même univers qui exploiterait l'idée des liens entre ces mondes parallèles. En ce qui me concerne, je ne suis pas entièrement certaine que cet aspect était vraiment nécessaire.  D'un point de vue pratique, il ajoute une dimension (c'est le cas de le dire) aux scènes d'actions et permet à la série de se renouveler un peu en-dehors du schéma répétitif "danger - plan pour vaincre l'Epique à l'origine du danger - mise en route du plan - foirage du plan - rattrapage - fin heureuse". Mais d'un autre côté, l'intrigue s'éparpille un peu, et il me semble que quelques questions restent en suspens.

Ceci dit, à mon avis ce tome apporte une fin digne à la série, avec une solution tout à fait acceptable, bien que peut-être un peu brutale. Il y a même un certain retour vers le tout premier tome qui boucle ainsi l'arc narratif. Mais ça reste jusqu'au bout une série pour la jeunesse, qui tombe parfois dans la facilité. Par exemple, il y a quand même beaucoup de morts dans ce tome, mais ils sont tous très vite oubliés, ils ne laissent quasiment aucune trace émotionnelle pour les héros, même quand ils sont proches (enfin jamais trop proches quand même). La fin aussi fait un gros effort vers le happy ending un peu exagéré. Ca satisfera sans doute les jeunes lecteurs, mais en ce qui me concerne (et je suis la première surprise de l'écrire), j'aurais apprécié que les héros souffrent un peu plus vu le monde absolument horrible dans lequel ils ont évolué.

Voilà donc une série que la curiosité m'a poussée à terminer, et je ne le regrette pas, mais je prends note : j'ai vraiment peu d'indulgence pour les intrigues jeunesse, même sous la plume de mes auteurs préférés. On m'a dit beaucoup de bien de la série Alcatraz de Brandon Sanderson, mais du coup j'hésite : est-ce que l'humour sera suffisant pour compenser une intrigue qui risque d'avoir les mêmes "défauts" que celle-ci ?

Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la fiche Goodreads du livre

The Reckoners, tome 2 : Firefight, de Brandon Sanderson


J'étais sur le point de rédiger ma chronique du tome 3 des Reckoners, quand je me suis rendue compte que je ne vous avais même pas parlé du tome 2, que j'avais pourtant lu en décembre !  Enfer et damnation !  Il est temps de réparer cet oubli...
Attention, spoilers concernant le tome 1 des Reckoners, "Coeur d'Acier", et la novella "Mitosis" ! 


Résumé :

Newcago est libre, mais la lutte contre les Epiques est loin d'être finie. Davis se rend compte que les tuer un par un ne résoudra pas le problème, d'autant qu'il commence à croire qu'au fond des monstres que sont devenus les Epics, il reste un peu d'humanité qui peut les transformer en alliés. Que faire pour assurer la liberté et la sécurité de l'humanité sur le long terme ?  La solution se trouve peut-être à Babylon Restored, l'ancien Manhattan inondé sous la coupe de l'Epique Regalia, d'où semblent venir les Epiques qui ont tenté de prendre le pouvoir à Newcago après Coeur d'Acier...


Mon avis :

J'avais été moyennement conquise par Coeur d'Acier, et j'hésitais à poursuivre cette aventure un peu trop "jeunesse" pour moi, quand la novella "Mitosis" qui se glisse entre le premier et le deuxième tome m'était tombée dans les mains (enfin, dans les oreilles) gratuitement. J'ai donc poursuivi ma lecture, et les pistes évoquées dans Mitosis m'avaient donné envie de découvrir le tome 2.  

Petit rappel de l'intrigue : nous sommes dans un futur relativement proche où un phénomène inconnu a soudainement doté des gens normaux de pouvoirs surnaturels divers et variés. Seulement, au lieu de devenir des super-héros, ils sont devenus à peu près l'inverse, des Epiques, tyrans monstrueux et souvent impossible à détruire.  L'humanité dans son ensemble s'est résignée à vivre sous la coupe des Epiques, à l'exception d'un petit groupe de combattants, les Redresseurs (Reckoners) qui arrivent à tuer quelques Epiques parmi les moins puissants. Le jeune David vit à Newcago, l'ancienne Chicago transformée en monde entièrement fait d'acier par son tyran, l'Epique Coeur d'Acier. Son rêve est de rejoindre les Redresseurs pour partager avec eux les informations qu'il a patiemment récoltées sur les Epiques et les convaincre de viser plus haut en s'attaquant directement à Coeur d'Acier. Et ça marche : David découvre que chaque Epique a un point faible lié à ses peurs et à son passé, et il l'utilise pour, contre toute attente, détruire Coeur d'Acier. Mais pour Newcago, ce n'est que le début des ennuis : d'autres Epiques n'attendent que de venir prendre la place de Coeur d'Acier, notamment Mitosis, dont ils arrivent à se débarrasser... mais sur le long terme, ils savent très bien qu'ils ne pourront pas tenir la ville bien longtemps face à tous les Epiques du continent. Alors ils décident de remonter à la source de leurs ennuis, qui semble être Babylon Restored et sa maîtresse, Regalia.

Voilà où l'histoire commence. L'aspect qui m'avait le plus séduite dans le premier tome, c'est l'originalité du prémisse : que se passerait-t-il si les super-héros étaient en fait tous des super-méchants ?  J'avais aussi noté les ressemblances avec Fils-des-Brumes, qui persistent avec le problème à la base de ce tome-ci : que faire quand on a renversé le tyran et qu'il faut faire face à toutes les autres menaces dont il nous préservait ?  Dans le premier tome, j'avais aussi regretté un héros trop jeune, pas assez charismatique, et une intrigue un peu facile dont on devine très vite la fin nécessaire. Même chose ici : s'il y a beaucoup de surprises au cours des nombreuses scènes d'action ou dans les décors assez grandioses, au final il n'y a qu'une seule façon dont ce tome peut se terminer, et on n'y coupe pas. C'est dans ce tome aussi que David a commencé à sérieusement me fatiguer avec ses analogies foireuses : c'est comique au début mais un peu trop présent dans ce tome-ci.  Enfin, un dernier point que je regrette, un aspect hyper-courant et qui en devient ridicule : le thème du jeune qui a de bonnes idées mais que l'on n'écoute jamais parce qu'il est jeune.  L'équipe des Redresseurs a beau être à court d'options, quand David arrive avec ses idées un peu folles mais pas tant que ça, Prof le remballe systématiquement sans jamais l'écouter jusqu'au bout, alors même que ses initiatives précédentes ont toutes été couronnées de succès. C'est une attitude tellement contre-productive et sans fondement que je ne me l'explique toujours pas - à part évidemment par le fait que si on mettait tout de suite en oeuvre les idées de David, l'histoire se terminerait bien trop vite.

Ceci dit, comme dans le premier tome, j'ai apprécié l'originalité et le rythme de l'intrigue. On n'a pas le temps de s'ennuyer, et une fois qu'on est dedans, difficile de s'arrêter. Les décors aussi sont souvent époustouflants : l'auteur a donné libre cours à son imagination pour tout ce qui concerne les pouvoirs des Epiques, aussi variés qu'improbables, et lorsque les Epiques en question décident de transformer une ville pour en faire ce qui les arrange le mieux, on peut s'attendre à tout. Babylon Restored, l'ancienne Manhattan, est ainsi devenu un monde d'eau et de couleurs totalement incroyable et qu'on verrait si bien représentée sur écran. 

J'ai découvert ce roman sous la forme d'audiolivre en version originale : j'avais acheté Coeur d'Acier en papier grand format mais je n'avais pas l'intention de mettre autant d'argent dans le second tome d'une série que je ne relirai probablement jamais, et Firefight se trouvait être en promotion sur Audible il y a quelques mois, j'en ai donc profité. Le narrateur, MacLeod Andrews, est excellent : il a voix jeune qui colle bien avec celle de David, et il arrive également à créer des voix bien distinctes pour les autres personnages, accents compris. 

En résumé, j'ignore quand ce tome sera traduit en français, mais si vous avez aimé Coeur d'Acier, il y a beaucoup de chances que vous appréciez cette suite. Si comme moi Coeur d'Acier vous a paru un poil trop prévisible, vous pourriez quand même passer un bon moment au coeur d'un décor original et d'une intrigue sans temps morts. Vous risquez même, comme moi, de vous jeter sur la suite et fin de cette série dès sa sortie...


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la fiche Goodreads du livre 
- mon avis sur Coeur d'Acier
- mon avis sur Mitosis 

The Invisible Library, de Genevieve Cogman


Voici un audiolivre qui m'a séduite par le résumé de son intrigue et que j'ai acquis sur un coup de tête lors d'une promotion. C'est le début d'une série qui à mon avis pourra beaucoup intéresser les amateurs de fantasy YA... 


Résumé : 

Irene travaille dans une bibliothèque un peu particulière. D'abord, c'est une bibliothèque secrète et invisible.  Ensuite, elle se situe au milieu de différentes réalités, des versions de notre monde avec chacune ses propres caractéristiques : différents niveaux d'évolution technologique ou historique, différents types de magie et de créatures surnaturelles. Enfin, son boulot de bibliothécaire consiste à se faufiler dans différentes réalités pour s'y procurer des livres rares... en les volant si nécessaire.  De ce fait, Irene a acquis des capacités digne de celles d'un espion hautement entraîné et s'y connaît en situations périlleuses. Mais le jour où on l'envoie, en compagnie d'un mystérieux stagiaire, dans une réalité au bord du chaos, pour une mission qu'elle ne comprend pas bien elle-même, Irene se rend compte qu'elle n'a jamais été autant en danger.


Mon avis :

Avouez que ce résumé est plus qu'alléchant. Toute une bibliothèque comme ancrage et des livres comme objet principal de l'intrigue, de la magie, de l'aventure, une héroïne volontaire et un héros mystérieux... L'idée est bonne et bien menée. D'autant plus qu'une fois entrée dans le monde où se déroulera la plus grande partie du récit, on se rend compte qu'il a un bon petit décor steampunk : dirigeables, longues robes, chapeaux, machines bizarres et tout le tralala. J'aime bien cette esthétique. Mais le coup de génie, à mon avis, c'est d'avoir créé une héroïne basée entre plusieurs réalités ; chaque mission peut potentiellement l'envoyer dans une version de notre monde tout à fait différente, n'importe où sur l'échelle qui va de la fantasy (on mentionne plusieurs types de magies possibles et tout un tas de créatures à rencontrer) à la science-fiction (certains autres mondes semblent être très avancés technologiquement). Malheureusement, si je comprends bien la toute fin du récit, ce n'est pas l'option qu'a choisie l'auteur pour le prochain tome... On verra, mais en tous cas cette série reste ouverte à des changements de décors surprenants, ce qui est une bonne chose.

En plus de ça, les aventures ne ralentissent jamais, les périls sont constant et les mystères insolubles jusqu'à la fin, on ne s'ennuie pas. Les deux héros principaux sont amusants et un peu mystérieux, les personnages secondaires aussi.  Pendant une longue partie du récit on ignore qui est bon et qui est mauvais, ce qui rajoute au suspense. Bref il y a plein de bonnes idées dans ce roman !

Je n'ai pourtant pas adhéré à 100%, je dois bien l'avouer. D'abord, c'est un roman assez jeunesse, ce qui n'est pas mon genre préféré : les personnages sont un peu dychotomiques, et Irene, malgré le fait qu'on ignore son âge mais qu'on présume qu'elle est adulte, réagit beaucoup comme une adolescente.  Son manque constant de confiance en elle devient pénible à certains moments ; elle est expérimentée, ce n'est pas sa première aventure, mais dès le premier obstacle elle est presque paralysée de peur. Certains détails restent d'après moi un peu confus ; l'intrigue est complexe avec plusieurs factions oppposées qui s'affrontent, et à un moment on ne sait plus vraiment qui a fait quoi, notamment parce qu'Irene ne cesse de faire des conjectures qui rendent le tout encore plus compliqué. Enfin, à plusieurs moments d'autres personnages interrompent l'action pour la confronter à des questions morales qui tombent assez mal du point de vue du rythme de la narration (bizarre de poser ce genre de questions au milieu d'une course-poursuite !) ; en plus de ça, même si elle engage une certaine réflexion, elle ne va jamais jusqu'au bout et on n'a pas de solution satisfaisante. C'est peut-être aussi parce qu'il s'agit du premier tome et qu'on en apprenda plus sur les points qui n'ont pas reçu de réponse dans les tomes suivants, mais je trouve ce procédé un peu facile, je préfère quand toutes les questions semblent trouver des réponses même si elles sont remises en cause dans les tomes suivants.

Il faut dire qu'une partie de ces défauts sont peut-être dûs aux problème de narration. J'ai écouté ce roman sous forme d'audiolivre en VO, et la narratrice a une intonation qui m'a beaucoup dérangée. Sa voix est jolie et sa diction parfaite, mais elle prononce ses phrases d'une façon peu naturelle et ne distingue pas bien les voix des personnages, deux défauts auxquels j'ai mis longtemps à m'habituer. Elle a aussi tendance à dramatiser la voix d'Irene, ce qui contribue peut-être à exagérer sa peur et ses incertitudes et lui donner ce petit air amateur que je lui reproche. C'est la première fois que j'ai une expérience aussi négative avec un narrateur professionnel, d'habitude je suis plutôt admirative de leur talent, mais quand ça arrive, ça gâche quand même beaucoup l'expérience de lecture.

Bref, voici une série pleine de potentiel qui risque bien de ravir les lecteurs de littérature fantasy young adult. Les idées sont bonnes et le décor est très original, même si j'ai trouvé quelques défauts au fond et si j'ai été dérangée par l'intonation bizarre de la narratrice. Je vous souhaite qu'il soit traduit rapidement !


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la fiche Goodreads du livre


Le petit Lord Fauntleroy, de Frances Hodgson Burnett


Juste à temps, voici ma dernière participation au challenge "Un genre par mois" : un livre jeunesse qui a bercé mon enfance.


Résumé :

Le petit Cédric est né à New York d'un père anglais et d'une mère américaine. Très jeune orphelin de père, c'est un petit garçon tout à fait adorable, intelligent, bien élevé et qui fait fondre le coeur de tous les adultes qui l'entourent. Jusqu'au jour où on apprend qu'il est l'héritier d'un conte anglais très riche et très peu aimé. Devenu soudainement le petit Lord Fauntleroy, Cédric débarque avec sa maman pour faire la connaissance d'un grand-père désagréable et tout à fait prêt à le détester...


Mon avis :

Le Petit Lord Fauntleroy est un de ces livres que j'ai reçus quand j'étais bien jeune (à l'époque, je dévorais déjà les pages), et j'ai profité du séjour de Noël chez mes parents pour le reprendre dans la bibliothèque et le parcourir à nouveau. J'aime bien relire de temps en temps ces livres qui m'avaient marquée enfant, pour essayer de déterminer avec mes yeux d'adulte quelles étaient les formules qui me plaisaient. 

Cette fois-ci, j'ai été quasiment surprise de la qualité de ce livre pour enfants. L'histoire est bien entendu assez prévisible, et le décor un peu vieilli, celui où une jeune femme avec un enfant est considérée comme "pauvre" parce qu'elle vit dans une petite maison et n'a qu'une domestique. Mais d'un autre côté, le petit Lord Fauntleroy se démarque par son autonomie et son caractère : c'est un petit garçon très gentil, très poli et obéissant, mais aussi spontané, qui se sent l'égal des adultes sans être arrogant. A la même époque, sous la plume de la Contesse de Ségur, chacune des initiatives de la pauvre Sophie tourne à la catastrophe, et les petites filles modèles sont celles qui se contentent d'obéir et abandonnent toute personnalité individuelle. Frances Burnett nous offre une vision un peu plus actuelle de l'enfance, un aspect auquel je n'avais pas fait attention plus jeune mais que j'apprécie en tant qu'adulte.

Un autre thème amusant de ce livre est celui de la lutte des classes. Le petit Cédric prouve, jusqu'à un certain point, que quelle que soit leur classe sociale, les hommes sont égaux. Il a pour meilleur ami un épicier et, même depuis l'autre côté de l'atlantique et alors qu'il est devenu l'héritier d'une des plus grande richesses anglaises, ne renie pas cette amitié. Dans sa naïveté, il transcende les divisions entre les hommes, ce qui est rafraîchissant. Bien sûr, l'épicier en question est quand même traité avec un peu de moquerie par l'auteur : il est assez ignorant et presque comique par sa naïveté pour un adulte. Mais je l'ai interprété comme un résultat de son éducation, et il m'a semblé que pour l'auteur, l'un des charmes du petit Cédric est de pouvoir voir la qualité des gens sans s'arrêter sur leur condition sociale ou leur apparence à première vue.

Tout ça est très bien mais au final, je pense que ce qui fait le charme de cette histoire, c'est la façon dont le petit Cédric séduit tout autant le lecteur que les autres personnages. Il y a quelque chose de jouissif à le voir conquérir tous les obstacles d'une vie qui aurait pu être difficile, rien que parce qu'il est simple, honnête, gentil et attachant. En tant qu'adulte il faut se forcer à oublier qu'un jour ou l'autre cette gentille naïveté devra faire face à la réalité, qu'un enfant pareil ça n'existe pas car un petit garçon aussi docile serait plus inquiétant qu'autre chose, tout ça. Mais Le Petit Lord Fauntleroy est le héros d'un conte, et ce conte est un vrai plaisir à lire. 


Pour en savoir plus :


Elantris, de Brandon Sanderson


En mode "je ratrappe mon retard avant la fin de l'année", voici la chronique d'un autre livre écouté en audiolivre il y a déjà quelques semaines... Encore un roman de Brandon Sanderson dont je suis en train de dévorer toute la bibliographie.


Résumé :

Dans le passé, Elantris était une ville merveilleuse, la capitale de dieux bienveillants capables de magie pour le bien de tous. N'importe quel citoyen d'Arelon pouvait se réveiller un matin avec les pouvoirs et devenir un dieu vivant. Puis il y eut le sheod : tous les dieux d'Elantris sont devenus des morts-vivants, souffrant atrocement de la moindre blessure, incapable de faire le bien. Les habitants d'Arelon les ont alors enfermés dans leur capitale devenue un antre de violence et de douleur, et quiconque se transforme en Elantrien y est à son tour mené. Dix ans plus tard, la jeune Sarene, princesse de Teod, arrive en Arelon pour y épouser le prince Raoden... juste un peu trop tard : on lui annonce qu'il vient de mourir. Condamnée par un traité politique à rester sur place, elle s'immisce dans la politique du pays et se rend vite compte qu'elle peut y jouer un rôle important. Pendant ce temps, Raoden a en fait été victime du sheod et, enfermé à Elantris, tente d'y créer un antre de paix malgré la souffrance. Tous les deux l'ignorent, mais le temps est compté : Hrathen, un haut prêtre de la très violente religion Derethi, est arrivé en Arelon avec pour mission de convertir le pays en trois mois... sans quoi tous ses habitants seront massacrés.


Mon avis :

Ca fait déjà un certain temps que j'ai écouté le livre audio d'Elantris, et faute d'avoir pu en rédiger la chronique rapidement, c'est un peu flou dans ma mémoire maintenant. Je suis aussi un peu influencée par mes lectures suivantes : j'ai depuis lors dévoré les deux premiers tomes des Archives de Roshar du même auteur, ainsi que la suite de Fils-des-Brumes, "Shadows of Self". Mais peut-être que ça me donne un recul supplémentaire pour vous parler de ce roman-ci.

Si je dois comparer Elantris à un autre des romans de Brandon Sanderson, celui qui lui est le plus proche est sans aucun doute "Warbreaker". Tout d'abord, les deux sont des "one-shot", des romans qui ne font pas partie d'une série (ou pas encore en tous cas). Ca signifie qu'en un seul volume, l'auteur a dû décrire son monde et le système de magie qui l'habite, les enjeux et les personnages, tout en évitant de nous surcharger de descriptions et en mettant rapidement en route une intrigue qui nous tienne en haleine. Brandon Sanderson est un maître dans la construction de ses intrigues et il n'a pas failli à la tâche, même si c'est son premier roman publié. Dès les premières pages, l'action s'enclenche : Raoden est victime du sheod et envoyé à Elantris, où sa lutte pour la survie commence immédiatement. L'autre angle de l'histoire est celui de Sarene, et elle aussi plonge dans le bain dès le début du livre : elle arrive à Arelon où elle ne connaît pratiquement personne et doit trouver sa place, ce qui est un défi dès les premières pages. Au fur et à mesure de l'intrigue, on nous explique toute l'histoire d'Elantris, de ses dieux bienveillants, de la malédiction qui les a détruits et de ce qu'il s'est passé depuis lors. Il y a beaucoup à assimiler en peu de temps mais c'est raconté avec finesse. A mon avis, Brandon Sanderson a amélioré ses talents de narrateur par la suite et il manque parfois un peu de surprise ou de rebondissements dans ce livre-ci, mais la richesse du monde et l'évolution permanente de l'intrigue nous tiennent en haleine sans aucun problème.

Elantris ressemble aussi à Warbreaker par le fait que leurs protagonistes principaux sont des jeunes gens à peine sortis de l'adolescence, ce qui donne à l'ensemble un ton un peu jeunesse. Je ne m'en rendais pas vraiment compte en cours de lecture mais quand je le compare aux Archives de Roshar, on est clairement dans une histoire plus légère, moins complexe au niveau géopolitique, moins étendue aussi. Il y a peu de revers de taille pour nos protagonistes, leurs plans se déroulent parfois un peu trop facilement, et même si leur rencontre se fait attendre, elle laisse peu de surprise. Ce n'est pas un défaut en soi, simplement une constatation : ce roman est destiné avant tout à un public assez jeune.

Ca n'empêche pas d'avoir une intrigue complexe, avec quelques réflexions sous-jacentes assez intéressantes et didactiques. La ville d'Elantris s'apparente ainsi à un camp-prison créé pour garder ceux qui semblent devenus des dangers pour l'humanité (ce sont des morts-vivants après tout !), mais l'histoire nous apprend à les voir comme des humains que seule leurs conditions de "vie" difficiles transforment en monstres ; il y a derrière tout ça une certaine leçon de tolérance. Notre héroïne Sarene, de son côté, est un bel exemple de féminisme : alors qu'on attend d'elle l'attitude ultra-féminine d'une princesse destinée à rester dans l'ombre de l'époux qu'on lui a choisi, elle est grande, sportive, intelligence, une diplomate et politicienne accomplie qui, bien qu'elle reste un peu timide et maladroite, est bien décidée à changer les choses autour d'elle. Encore un bel exemple pour les adolescents.

En résumé, voici un roman très sympathique et une lecture que je n'ai pas vue passer, malgré le fait qu'elle est quand même fort longue. Le monde est très élaboré et original, l'intrigue bien construite et les personnages intéressants. Ca reste une histoire davantage destinée à des adolescents, mais j'ai passé un bon moment en compagnie de Sarene et Raoden. 


Pour en savoir plus :

Pythagore, je t'adore, de Patrick Cauvin


En juillet, pour le challenge "Un genre par mois", j'étais sensée lire de la romance. Sauf que c'est un genre qui, à quelques très rares exceptions, ne m'a jamais plu. J'hésitais à utiliser mon deuxième et dernier joker, jusqu'au moment où je suis retombée par hasard sur une romance qui m'avait marquée dans ma jeunesse : le fameux "E=MC², mon amour", une belle histoire de surdoués amoureux. Le problème c'est que je n'osais pas relire ce roman qui m'avait laissé de si jolis souvenirs, par peur de les détruire avec mon regard d'adulte. Alors, à la place, je me suis replongée dans la suite que j'avais achetée dès sa sortie en grand format... 


Résumé :

Lauren et Daniel, les jeunes surdoués amoureux de "E=MC², mon amour", ont été séparés et ont grandi dans des mondes qui ne leur convenaient pas ; Lauren s'enfonce dans l'ennui et Daniel dans la déprime. Jusqu'au jour où ils décident de se retrouver et de mettre leurs deux cerveaux et leur culot au service de grands projets...


Mon avis :

A l'époque de ma première lecture de "Pythagore, je t'adore", je me souviens d'avoir été légèrement déçue. Publiée 22 ans après le roman original, cette suite avait un petit goût différent, elle me donnait l'impression d'avoir beaucoup plus mûri que ses personnages. L'amour candide de deux jeunes enfants avait laissé la place aux calculs de deux adultes. C'était dans une certaine mesure dans l'ordre des choses, mais le côté très frais qui m'avait conquise dans le premier roman s'était un peu dissipé.

Paradoxalement, c'est ce qui m'a encouragé à relire ce roman. Je n'aurais pas pu m'attaquer à nouveau à "E=MC², mon amour" ; j'étais persuadée (et je le suis toujours) que le relire si longtemps après allait gâcher les souvenirs que j'en garde. Il ne pouvait pas autant me séduire, adulte, qu'il m'avait séduite quand j'étais adolescente ; mes goûts ont évolué et j'ai tellement plus de recul concernant mes choix littéraires que j'allais forcément être déçue. Je préfère garder en mémoire les rires et les larmes qu'il m'avait apporté.

Mais venons-en à "Pythagore, je t'adore". Qu'en dire ?  Je ne sais jamais trop quoi raconter sur ces romans qui se dévorent en deux heures et qui n'ont pas d'autre vocation que celle d'être un bon divertissement, si ce n'est que celui-ci remplit bien son contrat. Le roman nous offre une gentille histoire d'amour adolescente sans être mièvre (et ça, c'est déjà pas mal du tout !). Il y a quelques passages rigolos (quoi que souvent assez prévisibles), quelques personnages amusants (Darth Vador !) et un petit fond un peu loufoque assez rafraichissant. Ce n'est ni le genre d'histoire d'amour qui fera se pâmer les romantiques, ni le roman qui vous entraînera dans de grands éclats de rire, mais c'est gentil, tendre, avec une petite réflexion sous-jacente sur le système éducatif qui néglige les extrêmes. Patrick Cauvin fait parfois preuve d'une finesse surprenante, comme quand il nous présente le prof qui a si mal jugé Daniel, un homme qui de l'extérieur a l'air d'un bourreau obtus, jusqu'à ce qu'on le découvre en fonctionnaire dévoué mais maladroit. 

La fin m'a un peu déçue : j'aurais apprécié une histoire où nos deux amoureux aient enfin à mériter les facilités que la vie leur a donné, où leur arrogance leur donne quelques leçons, ce genre de choses. Ca va un peu trop vite, c'est un peu trop facile. Mais d'un autre côté, à partir du moment où le côté "histoire d'amour" est épuisé, le roman n'a plus vraiment de raison d'être... 

Une dernière chose : vous l'aurez probablement compris, mais ça ne sert à rien de lire ce roman sans avoir lu "E=MC², mon amour". Tout le plaisir vient de la retrouvaille avec nos deux héros. Si vous aimez les romans jeunesse et les histoires d'amour, découvrez-le puis profitez de sa suite, vous passerez un très bon moment !


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Harry Potter et les Reliques de la Mort, de J.K. Rowling


Je n'ai pas eu le temps de chroniquer de livres ce mois-ci, mais je vais quand même terminer l'année en beauté avec un des livres que j'ai le plus attendu et dévoré le plus vite : le tout dernier tome d'Harry Potter !


Résumé :

Harry, Ron et Hermione n'assisteront pas à leur septième et dernière année d'études à Poudlard. A la place, il vont réaliser la mission que leur a confiée Dumbledore : retrouver et détruire les horcruxes pour enfin pouvoir tuer Voldemort.  Mais les mangemorts ont pris le pouvoir et pourchassent férocement Harry. L'année qui commence sera la plus dure de la vie du petit sorcier...


Mon avis :

Les tomes d'Harry Potter se suivent et se distinguent toujours. Les six premiers volumes évoluaient vers ce septième : on a croisé Voldemort plusieurs fois, on a assisté à sa montée en puissance, on en a appris de plus en plus sur lui et on a finalement compris ce qu'Harry (et lui seul) devait faire pour le détruire. Ce dernier tome est donc une sorte d'apothéose : c'est la bataille finale entre le bien et le mal.

Ce tome est aussi une apothéose dans la violence. Je me suis souvent demandée à quel âge les enfants pouvaient découvrir chaque tome de la série, et la règle générale semble être que chaque tome devrait être lu à l'âge d'Harry. Dans celui-ci Harry a dix-sept ans et ce qui lui arrive est parfois d'une cruauté impressionnante. Des personnages que l'on connaissait depuis longtemps meurent brutalement, la société des sorciers se désagrège, des innocents sont envoyés en prison, on est dans une situation de guerre civile. Le fait que l'histoire soit envisagée du point de vue d'Harry (qui est soit coupé du monde parce qu'il se cache, soit pris dans un tourbillon d'aventures) a pour résultat d'atténuer un peu l'horreur : il n'a pas le temps de s'appesantir sur les proches qu'il perd ou sur ce qu'il subit. Mais certains passages sont révélateurs : dans le manoir des Malfoy, il est témoin direct de scènes de tortures particulièrement brutales mais qui sont oubliées quelques pages plus tard, déjà remplacées par de nouvelles aventures et de nouvelles pertes...

Ce tome est donc celui de la perte d'innocence, marquée dès les premières pages par la perte d'un des "personnages" les plus innocents de la série.  Le thème de la culpabilité est d'ailleurs omniprésent : l'auteure s'emploie à démontrer que les bons (Dumbledore, Ron,...) ne sont pas toujours irréprochables et que les mauvais (les parents Malfoy, Rogue, Kreacher,...) pas nécessairement aussi mauvais qu'ils n'en ont l'air. L'éducation du lecteur à laquelle J.K. Rowling s'est attelée continue donc jusqu'à la dernière page.

Harry Potter a aussi pris de l'âge dans ce tome. En-dehors des aspects de l'intrigue qui restent éducatifs et de l'aventure omniprésente, le personnage en lui-même se comporte en adulte. Il a des choix extrêmement difficiles à faire et il est par la force des choses obligé de refuser la moindre aide de ceux qui ont jusque là été ses mentors. Ses sentiments ne sont plus impulsifs comme ils l'étaient jusqu'à présent, il est capable de se maîtriser à 100% et à la fin fait preuve d'un tel courage qu'il force l'admiration. Le petit garçon héros malgré lui est bien loin !

J'ai aussi beaucoup apprécié retrouver à nouveau une intrigue basée sur des objets ou personnages familiers depuis le début de l'intrigue mais qui prennent ici une nouvelle dimension. Qui avait fait attention au barman des Trois Balais jusqu'à présent ?  Et qui aurait pu penser que la cape d'invisibilité recélait tant de secrets ? Par contre, j'ai été un peu étonnée de la réaction d'Hermione concernant les fameuses reliques : dans un monde où la magie est omniprésente et pas toujours entièrement expliquée, je ne comprends pas pourquoi elle refuse avec tant d'énergie d'accepter l'existence de trois nouveaux objets fantastiques !

Enfin, en ce qui concerne le style, l'auteure fait preuve ici d'un talent pour le dramatique qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de démontrer. Il y a dans ce tome des scènes qui m'ont beaucoup marquée tant elles sont racontées avec brio : la "conversion" de Kreacher, les retrouvailles avec Neville, et vers la fin le passage dramatique qui suit le voyage d'Harry dans la pensine... Je les relis avec beaucoup plus de plaisir que les scènes d'action qui sont pourtant à couper le souffle, mais peut-être un peu trop nombreuse à mon goût. En tous cas la tension est omniprésente et une fois qu'on a commencé ce roman, il est difficile de le lâcher jusqu'à la dernière page. Je me rappelle d'ailleurs que ma première lecture n'avait pas duré plus d'une nuit !

Et voilà, avec tout ça je termine cette série, le challenge "Relisons Harry Potter" et aussi cette année de compte-rendus de lecture.  Je vous souhaite à tous une année 2015 pleine de pages !

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Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, de J.K. Rowling


Avant-dernier épisode des aventures d'Harry Potter (et du challenge qui consiste à les relire)... Les choses deviennent de plus en plus sérieuses pour le petit sorcier !


Résumé :

Harry est très surpris lorsque l'été chez les Dursleys est coupé court lorsque Dumbledore lui-même vient le chercher.  Et encore plus surpris quand il lui annonce des cours particuliers. C'est que Lord Voldemort est maintenant de retour au grand jour, et il est temps pour Harry d'en apprendre un peu plus sur l'ennemi et ses étonnants pouvoirs. Ce qui ne l'empêche pas de passer à nouveau une année très chargée à Poudlard, pleine de quidditch, de nouveaux sorts à apprendre et d'une première histoire d'amour... 


Mon avis :

Au bout de quelques tomes il devient difficile de parler d'une série qui, si elle évolue constamment et ne déçoit jamais, fonctionne pourtant en suivant les mêmes règles. Au sixième tome nous savons comment se déroule une année à Poudlard pour Harry, même si les défis varient d'une année à l'autre. La tension dans le monde des sorciers monte encore d'un cran puisque Voldemort est non seulement de retour, mais il a repris ses activités violentes et même si nos jeunes héros sont plutôt protégés entre les murs du château, Ron qui demande chaque matin à Hermione lisant le journal si quelqu'un qu'ils connaissent est mort constitue un rappel brutal de ce qu'il se passe dans le monde extérieur. Harry quant à lui doit faire le deuil de son parrain, le premier décès réellement proche auquel il ait à faire face. Mais on n'est pas encore au paroxysme de la peur et l'auteur fait ce qu'il faut pour alléger un peu l'atmosphère. La toute première scène, qui raconte les interactions du Premier Ministre de Grande-Bretagne avec le Ministre de la Magie, est une façon légère et amusante de nous plonger dans le récit. 

Un autre aspect de ce roman qui est relativement secondaire mais que je trouve important c'est l'effort que fait l'auteur pour jeter le doute sur la vraie nature de Severus Rogue. On le sait détestable, mais on sait aussi que Dumbledore lui fait une confiance absolue (n'a-t-il pas organisé des cours particuliers avec Harry au tome précédent ?). Si on comprend en partie son ressentiment envers Harry qui est presque justifié par son passé, on sait aussi que Dumbledore est capable d'erreurs de jugement, il en a commis plusieurs dans le tome précédent. Et la deuxième scène introductive vient encore jeter le doute sur les motivations de Rogue : peut-il réellement s'engager à aider Draco Malfoy à réussir une mission confiée par Voldemort tout en restant fidèle à l'Ordre du Phoenix ? Jusqu'à présent on pouvait envisager un personnage insupportable mais travaillant pour le bien ; ce tome jette un vrai trouble sur un personnage qui devient crucial pour l'avenir du monde de la magie.

Finalement, et pour la première fois dans la série, ce tome semble presque avoir du mal à tenir debout par lui-même ; c'est plutôt une introduction au tome final.  Son but est de nous en apprendre plus sur la véritable nature de Voldemort et le reste de l'histoire est presque secondaire. Le mérite de l'auteur est d'avoir réussi à écrire un tome transitoire qui n'a pas l'air d'en être un. On prend plaisir à le découvrir et à vivre encore une année entre les murs de Poudlard, une année dont on apprendre finalement qu'elle sera la dernière... Pour Harry, c'est un adieu à l'enfance ; pour nous, c'est un adieu au monde des sorciers tel que nous avons appris à l'apprécier, et une préparation pour la sombre apothéose finale. 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de Nelfe, qui a visiblement intensément vécu cette histoire, et celui de Bountyfrei, si vous voulez plus de détails sur l'intrigue.
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Harry Potter et la Coupe de Feu, de J.K. Rowling


Je suis toujours en train de relire la série Harry Potter et je peux déjà vous dire que ce tome 4 est l'un de mes préférés !


Résumé :

A la fin de l'été après sa troisième année à Poudlard, Harry est invité par les Weasleys à un grand événement : la finale de la Coupe du Monde de Quidditch !  Un moment très excitant mais qui se terminera brutalement lorsque les anciens partisans de Voldemort prouveront qu'ils n'ont pas oublié leur maître. Même après son retour à Poudlard, il n'est pas sûr qu'Harry soit vraiment en sécurité : quelqu'un semble bien décidé à le mettre en danger à l'occasion d'un autre évènement extraordinaire...


Mon avis : 

Pour la deuxième fois, je suis en retard dans ma participation au challenge "Relisons Harry Potter". J'aurais dû publier cette chronique au cours du mois de septembre, et nous sommes déjà en octobre. Mais il est vrai que ce tome est le plus épais de la série, 640 pages pour mon édition. Un vrai pavé, ce qui est particulièrement surprenant pour un roman destiné à de jeunes lecteurs !

Et pourtant, on le dévore d'un bout à l'autre. Ce qui marque particulièrement dans ce tome, c'est le grand sens du rythme de l'auteur. Avec un pavé pareil, elle ne pouvait pas se permettre de laisser une seule occasion à son lecteur de s'ennuyer, au risque qu'il regarde le chemin à parcourir jusqu'à la page finale comme une montagne à gravir. Impossible également d'opter pour un récit linéaire avec un suspense qui monte régulièrement jusqu'à une apothéose finale. Au lieu de ça, on a plusieurs aventures qui se suivent, avec chacune sa dose d'excitation, chacune sa petite apothéose : la Coupe du Monde, l'annonce du Tournoi, et puis les trois tâches successives. A chaque fois il y a le suspense, la tension, l'action, sa résolution et le retour au calme relatif. Et à chaque fois on monte d'un cran dans la gravité des évènements jusqu'à une fin terriblement dramatique.

L'auteur a aussi réussi à créer un tome sans répétitions, malgré le fait que les éléments essentiels du monde des sorciers sont maintenant connus. Le quidditch par exemple est un aspect qui plaît à beaucoup de lecteurs mais avec la Coupe du Monde pour démarrer ce tome, on aurait pu s'en lasser, alors ça s'arrête là : il n'y aura pas de matchs de quidditch à Poudlard cette année. De même, les trois tâches successives auraient pu être la répétition du même schéma : stress pour Harry,  découverte de l'épreuve puis l'épreuve elle-même et sa réussite. Ce n'est pas du tout le cas : la première et la deuxième épreuve se ressemblent un peu à cause de l'inquiétude d'Harry et ses difficultés pour trouver comment les aborder, mais leur résultat est assez différent ; quant à la troisième tâche, elle démarre à l'inverse avec Harry plutôt à l'aise pour se terminer dramatiquement. 

Parlons-en justement de cette fin : pour la première fois dans la série, on découvre un aspect très adulte dans la narration, une sorte de double niveau de lecture. Le jeune lecteur sera probablement horrifié par les aventures du héros et ce qui arrive à Cédric Diggory, sans être encore trop profondément choqué parce que Cédric reste un personnage périphérique (bien que sympathique) ; mais l'adulte percevra aussi le traumatisme profond auquel Harry est confronté et qui est encore bien plus grave. Jusqu'à présent il a toujours vaincu, il s'en est toujours sorti indemne. Pas cette fois-ci, et en ce qui me concerne j'ai eu les larmes aux yeux en imaginant ce qu'il est obligé de subir et aussi de voir dans le chapitre "prior incantatem". A partir de la fin de ce tome, Harry n'est plus un enfant, il est obligé de devenir brutalement un homme. 

Ajoutons à cela l'évolution subtile des personnages (là aussi, l'adulte comprendra probablement beaucoup mieux les réactions bizarres de Ron face à Hermione que le lecteur enfant), toute une série de mini-mystères entremêlés (l'affaire Rita Skeeter, le mystérieux correspondant de Georges et Fred,...), et les petites leçons d'humanisme glissées ça et là (comme la ligue de défense des elfes de maison, la crise de jalousie bien compréhensible de Ron et les problèmes d'argent de sa famille) et on ne peut conclure qu'une seule chose : nous avons ici un tome particulièrement maîtrisé, un chef d'oeuvre de construction narrative où J.K. Rowling démontre son talent. Elle arrive à la fois à amuser et à éduquer ses jeunes lecteurs, tout en offrant un autre niveau de lecture à ses lecteurs adultes. C'est après la sortie en français de ce tome-là que j'ai commencé à découvrir la série et c'est une bonne chose : plus tôt j'aurais pu me fatiguer de ces romans résolument jeunesse (j'étais déjà trop vieille à l'époque), mais ici les choses sérieuses commencent vraiment et la profondeur émotionnelle est bien là.

En résumé : je n'ai que des éloges pour ce tome. Enfin presque : maintenant que l'on rencontre Voldemort "en vrai", je l'ai trouvé un peu trop caricatural. On se demande comment sa cruauté gratuite, même envers ceux qui le suivent, a pu lui assurer la loyauté de sorciers intelligents. Quant à ses petits discours pompeux, ils m'ont presque donné envie de sourire... jusqu'à ce que je revoie le visage de Ralph Fiennes dans ce rôle où il m'avait vraiment donné des frissons. Mais c'est un roman qui est vraiment très, très réussi, peut-être mon préféré - je vous dirai ça à la fin de ma relecture, en décembre !


Pour en savoir plus :
- les avis de Mylène, qui n'y voit que du positif, et Mypianocanta, qui relève à juste titre qu'il s'agit d'un livre charnière dans la série





Le quidditch à travers les âges, de J.K. Rowling


Et si on empruntait un livre directement dans la bibliothèque de Poudlard ?


Résumé :

Vous voulez en savoir plus sur le Quidditch, ce sport fabuleux dont Harry Potter est fan ? Ce livre est pour vous, mis pour la première fois à la dispositions des moldus !  Découvrez l'histoire de ce sport depuis le Moyen-Age, les clubs les plus importants, les marques des balais sportifs, la liste des règles et des fautes, et tout un tas de petites anecdotes qui vous feront regretter (encore plus) de ne pas être sorcier !


Mon avis :

Le monde d'Harry Potter est toujours tellement addictif qu'on a envie de prolonger l'expérience. J.K. Rowling l'a bien compris et elle a publié plusieurs livres compagnons, notamment celui-ci, au profit d'une bonne oeuvre. De quoi contenter les lecteurs passionnés tout en leur donnant l'impression de faire une bonne action.

Lecteur passionnée je suis, et j'ai donc reçu ce livre à Noël car il figurait sur ma wish-list. Je ne sais pas pourquoi il a traîné si longtemps dans ma bibliothèque avant d'être lu ; il est si mince au milieu de ses grands frères, les sept tomes d'Harry Potter, que je l'avais un peu perdu de vue. Je l'ai retrouvé un jour où j'étais embourbée dans un roman très long et un peu pesant, et je l'ai pris en espérant quelque chose de court et de léger.

Court, ça l'est : 117 pages d'une police bien lisible, une série de petits chapitres avec quelques dessins. Léger, ça l'est aussi, peut-être même trop. Il ne s'agit pas d'un roman mais d'un petit livre d'histoire amusant où l'on retrouve l'humour de J.K. Rowling et sa façon de se moquer gentiment du monde des sorciers. L'histoire du Quidditch est émaillée d'anecdotes farfelues et de noms bizarres que le traducteur a eu du mal à transcrire. Ca fait sourire, parfois... Mais je dois avouer qu'au bout d'une demi-heure de lecture, quand j'ai tourné la dernière page, tout ce que je me suis dit c'est "ah, c'est juste ça ?"... 

Je pense que ce petit livre est avant tout un livre pour enfants et que c'est eux qui apprécieront le côté farfelu du sport et de son histoire. Il y a aussi un bel effort de la part de l'auteur et de l'éditeur pour faire passer ce livre pour un "vrai faux livre" directement sorti de la bibliothèque de Poudlard. En ce qui me concerne, moi qui suis plutôt séduite par la complexité de la série Harry Potter et la maturité de ses derniers tomes, je pense qu'il retournera prendre la poussière dans ma bibliothèque. Heureusement, il n'y occupe pas beaucoup de place...


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de Snow et Olya, bien plus enthousiastes
- acheter ce livre sur Amazon


Brève histoire du monde, par E.H. Gombrich


Aujourd'hui, je vous parle d'un livre un peu particulier : ce n'est pas un roman, c'est un livre d'histoire pour enfants. Je suis tombée dessus par hasard à la librairie il y a quelques mois et j'ai été immédiatement séduite par le style très particulier de l'auteur, c'est pourquoi je vous en parle !


Résumé :

Il était une fois... un groupe de singes qui se mit à utiliser des outils et à conquérir le monde. Et un historien de l'art qui décide de raconter l'histoire du monde de façon à ce que chaque enfant puisse la comprendre et s'y intéresser.


Mon avis :

Pour une fois, commençons par l'histoire de ce livre, parce que je la trouve particulièrement savoureuse... Un jour de 1935, à Vienne, le jeune Ernst Gombrich vient de terminer son doctorat en histoire de l'art et peine à trouver du travail. Un ami éditeur lui propose de traduire en allemand un livre d'histoire pour enfants en anglais. Ernst s'y connaît un peu en vulgarisation pour les enfants : il s'était récemment amusé à expliquer le contenu de sa thèse à une petite fille avec qui il correspondait. Mais le livre à traduire ne lui plut pas du tout, au point qu'il répondit à l'éditeur : "Il n'est pas question que je traduise ça, c'est trop mauvais ! Même moi je pourrais faire mieux !".  Son ami le prit au mot et lui donna six semaines pour rédiger une histoire de l'humanité destinée aux enfants pour remplacer l'ouvrage à traduire.

Alors Ernst se mit au travail. Il commença par diviser l'histoire en quarante chapitre, puis organisa ses journées. Le matin, il fouillait la bibliothèque familiale à la recherche d'informations sur le chapitre du jour. L'après-midi, il se rendait à la bibliothèque publique pour y trouver d'autres informations et des textes, citations ou détails qui pourraient enrichir son récit. Et le soir, il rédigeait le chapitre. Chaque dimanche, il partait se promener avec sa jeune épouse et lui lisait les chapitres de la semaine.

Le livre fut prêt à temps et eut beaucoup de succès à sa publication, au point d'être traduit en cinq langues. Mais la montée du nazisme oblige Ernst à émigrer en Angleterre, et son livre finit par être interdit par les nazis car il était jugé "trop pacifiste". Encouragé par le succès de son premier livre, Ernst en écrivit un deuxième, une "Histoire de l'art" destinée aux adolescents qui connut un immense succès et est encore considéré comme l'un des meilleurs livres de vulgarisation de l'histoire de l'art. Après la guerre, la "Brève histoire du monde" est progressivement rééditée et traduite dans de nouvelles langues. Sauf une : l'anglais. Car Ernst, qui a pris la nationalité britannique, maîtrise parfaitement cette langue et a bien l'intention de traduire l'ouvrage lui-même. Il ne s'y met que fort tard et mourra avant d'avoir pu terminer la traduction ; mais il a le temps de corriger certaines erreurs, de revenir sur certaines de ses opinions et d'ajouter un chapitre sur l'histoire du XXème siècle. 

Bon, tout ça est très intéressant, mais le contenu, alors ?  Les lecteurs assidûs de ce blog savent que je suis très difficile quand il s'agit de livres jeunesse ; j'ai besoin de leur trouver un intérêt d'adulte. Eh bien cette petite histoire du monde m'a apporté tout ce que je recherchais. La narration n'est pas exagérément enfantine ou simplifiée (enfin, pas plus simplifiée que ce qui est nécessaire pour narrer l'histoire du monde en 284 pages...) mais prend le temps d'expliquer les concepts, idées, faits et liens qui ne sont pas évidents pour toute personne ne connaissant rien en histoire. Et ça, c'est extraordinaire, même pour l'adulte relativement bien informée que je suis !  Ce livre se lit comme un roman, sans la moindre difficulté et même avec beaucoup de plaisir. Il n'est pas euro-centré comme l'a été mon éducation mais explore toutes les périodes et toutes les régions du monde, de façon à remplir de gros trous dans mes connaissances (je n'avais aucune idée de l'histoire de la Chine, par exemple). Et surtout, il remet tout ceci en perspective : tout à coup, les histoires des différents pays du monde s'imbriquent les unes dans les autres pour ne former qu'une évolution logique et globale, pleine d'anecdotes qui permettent de s'en souvenir sans efforts. C'est magique !

J'ai lu ce livre dans sa version anglaise et j'espère que la traduction en français est à la hauteur, car le style est amusant et familier, sans perdre son sérieux quand c'est nécessaire. Globalement, cette 'Brève histoire du monde" respire le pacifisme (à ce niveau-là les nazis n'avaient pas tort), le respect entre les peuples et l'amour de l'Homme. Ce sont les valeurs d'humanisme que l'auteur a voulu faire passer aux enfants qui liraient son livre, et ça ne fera pas de mal aux adultes non plus !


Pour en savoir plus :
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Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, de J.K. Rowling


On continue la relecture d'Harry Potter avec le troisième tome, où les problèmes s'aggravent encore pour Harry !


Résumé :

Il ne croyait pas que ce soit possible, mais si : les vacances d'Harry sont encore pires que celles de l'année précédente. Cette fois-ci, la tante Marge en visite énerve tellement Harry qu'il perd le contrôle et provoque un accident magique. Persuadé qu'il va être renvoyé de Poudlard, Harry s'enfuit en pleine nuit. Il ignore que sa situation est encore pire qu'il ne le croit : Sirius Black, un sorcier tueur de masse, vient de s'échapper de la prison d'Azkaban. Et il en veut personnellement à Harry...


Mon avis :

Continuons donc dans la redécouverte de sept volumes d'Harry Potter, normalement au rythme de un par mois, mais étant donné que j'étais en retard pour le précédent, j'ai enchaîné avec celui-ci. Et le suivant ne devra pas attendre trop longtemps non plus car il s'agit, si je ne me trompe, du plus épais volume de la série. Ca commence à faire beaucoup de Harry Potter en une fois mais je me tiendrai à mon challenge.

Je vous l'annonce tout de suite : cette chronique contient des spoilers, non seulement sur le tome en cours, mais aussi sur les autres tomes et la fin de la série. Plus on avance dans la lecture, et plus cette série forme un tout cohérent, ce qui fait que je ne peux pas en parler sans faire référence à d'autres passages. Heureusement, si vous avez lu les sept romans ou si vous avez vu les films, vous pourrez en profiter malgré tout.

Nous revoilà donc chez les Dursley puis à Poudlard où, comme d'habitude, Harry est au centre des événements. A chaque tome, on monte d'un cran dans le dramatique. Après la menace sur les étudiants de l'année précédente, qui s'est rapprochée très près d'Harry en mettant en grave danger Ginny, la petite soeur de son meilleur ami, c'est maintenant Harry lui-même qui est visé. Au début du tome, Harry reste encore très enfant ; la mort n'a pas vraiment de signification pour lui et il est prêt à prendre le risque de quitter la protection du château pour partir en excursion avec ses amis. Hermione se montre plus raisonnable mais n'est pas suffisamment convaincante. Ensuite, deux choses vont permettre à Harry d'évoluer et de grandir encore un peu. 

Il y a d'abord le fait que cette fois-ci la mort le frôle de très près. Il en est témoin avec la décapitation de Buckbeak l'Hypogriffe (désolée, mon livre est en anglais et je ne me souviens plus des noms français). Ce n'est qu'un animal mais pendant quelques heures, Harry le croit mort et l'auteure parvient à amener cet épisode de façon si progressive, si inéluctable, que le choc pour le (jeune) lecteur est réel. Sirius et Harry lui-même frôleront de près le baiser des Dementors, ce qui est probablement pire. La mort se rapproche, prend un aspect bien réel, mais c'est fait de façon tellement progressive d'un tome à l'autre que quand elle frappera réellement à la fin du tome suivant, le lecteur sera en quelque sorte préparé psychologiquement. Je l'ai toujours pensé : le succès de J.K. Rowling tient aussi à sa grande sensibilité pour la psychologie des enfants.

L'autre chose qui fera évoluer Harry, c'est la "rencontre" avec ses parents. Jusque là, ils n'étaient que des ombres, des photos dans un album et des visages aperçus dans le miroir de l'Erised. Dans ce tome-ci ils deviennent de véritables souvenirs : des voix qui surgissent de la mémoire d'Harry, des réminiscences des condisciples de James Potter qui en font une personne réelle avec une histoire détaillée. Pas étonnant qu'Harry croie voir son père quand il a besoin de lui.

J'ai trouvé à cette relecture l'évolution de l'histoire un petit peu lente, peut-être parce que j'enchaînais deux tomes à la suite, mais la scène dans le "shrieking shack" (la maison hantée) où tout se dénoue est une des meilleures de la série, d'après moi. Bien sûr il y a quelques aspects artificiels dans la façon dont Sirius Black s'exprime au début de la conversation, pour laisser planer le doute sur ses intentions. Mais jamais je n'aurais deviné ce rebondissement final. Et voici le premier exemple d'une des choses que j'adore dans la narration de cette série : l'auteure se sert d'un tout petit détail déjà présent dans les tomes précédents, le rat de Ron, pour lui donner tout à coup une signification centrale et très surprenante. Le rat était présent si naturellement depuis le tout début qu'on était loin de lui deviner aucune importance, et la surprise est totale. Bien joué !

Enfin, une dernière remarque concernant cette scène finale : quand Harry apprend qui a réellement trahi ses parents, il fait un choix : il refuse de le tuer. Il décide qu'il ne deviendra pas un meurtrier (même si ce n'est pas lui qui le fait directement), même pour venger la mort de ses parents, même envers celui qui les a trahis de la façon la plus ignoble. En quelque sorte, Peter Pettigrew est bien plus coupable encore que Voldemort, car il était considéré comme un ami. Mais Harry n'est pas un tueur, il ne se laissera pas emporter par la haine. C'est ce qui le distinguera de Voldemort jusqu'à la fin. Et c'est ce qui fait qu'il ne pourra jamais utiliser l'invocation "Avada Kadavra !", même contre Voldemort. L'auteure devra inventer une intrigue bien compliquée pour faire en sorte qu'Harry débarrasse le monde de son nemesis sans le tuer lui-même, mais à partir de ce tome-ci déjà, elle n'a plus le choix. 

Voilà ma petite analyse personnelle de ce tome ; on commence à arriver dans les choses sérieuses, dans une aventure qui n'est plus si "jeunesse" que ça finalement, et c'est ce que je préfère. Relire les tomes à la suite les uns des autres permet de mesurer tout le talent et toute la réflexion qui a été mise dans la construction de l'intrigue, et je comprends de mieux en mieux pourquoi cette série a eu autant de succès !


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