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Sandman, tome 2 : La maison de poupée, de Neil Gaiman et collectif


Je vous ai parlé l'année passée du premier tome de la bande-dessinée Sandman ; il m'a fallu plusieurs mois pour me lancer dans le second tome, mais je vous en parle enfin !


Résumé :

"Son nom lui-même est un mystère. Il se nomme Sandman, mais aussi Dream ou Morphée. Comme les autres membres de la famille des Éternels - Death, Destiny, Delirium, Desire, Despair et Destruction - il incarne un sentiment ou une réalité de l'âme humaine. Son royaume est celui des songes, un royaume à la fois sombre et enchanteur, dont le Maître est immortel, mais faillible et fragile. En suivant Sandman dans ses aventures, ses peines et ses tourments, le lecteur plongera dans un fascinant rêve éveillé.
Rose Walker trouve dans une étrange maison où elle a été invitée à se rendre, plus de choses qu'elle n'en attendait. Entre autres, des parents perdus de longue date, un congrès de tueurs en série et, finalement, sa véritable identité... Le Maître des Rêves, Sandman, cherche à comprendre ces mystères, sans se douter un instant - une éternité ? - qu'une main tire les ficelles dans l'ombre. Une main dont le propriétaire pourrait même être assez proche de lui..."
(quatrième de couverture) 


Mon avis :

J'ai beau avoir lu et apprécié le premier tome de cette série de comics culte, je suis toujours intimidée par Sandman.  J'avais emprunté ce tome-ci à la bibliothèque en décembre, et depuis lors je renouvelait mon emprunt tous les mois, jusqu'à ce que j'atteigne la limite du nombre de renouvellements autorisés et doive me dépêcher de le lire avant de le rendre. Et pourtant, tout ce temps, il traînait bien en évidence sur ma table de nuit; je voulais le lire mais je n'osais pas l'aborder, j'avais l'impression que je devais attendre le bon moment pour pouvoir l'apprécier et le comprendre comme il le mérite. Tout ça pour une bande-dessinée ! C'est un peu ridicule, non ?

Il est vrai que Sandman n'est pas une bande-dessinée parmi les plus accessibles. Il y a plusieurs histoires parallèles qui s'entremêlent d'un chapitre à l'autre, un vocabulaire particulièrement poétique ou mystique (je lis cette série en anglais, sa version originale), et un dessin parfois complexe avec des cases qui se mélangent et se chevauchent jusqu'à ce qu'on ne sache plus parfois dans quel sens les lire. Au début, j'ai eu beaucoup de mal à saisir le sens d'une intrigue très éparpillée, et j'ai passé beaucoup de temps à revenir en arrière, encore et encore, pour essayer de trouver ce qui m'échappait. C'est rare que je me sente perdue face à une lecture, et c'est un peu frustrant. Et puis j'ai trouvé le bon angle d'attaque : se laisser porter, ne pas s'inquiéter de ce que je pouvais avoir raté ou de ne pas suivre l'intrigue telle que l'auteur (ou les auteurs) l'auraient voulu, et attendre que les explications viennent d'elles-même. A partir de là, les pages se sont tournées toutes seules et les pièces du puzzle se sont mises en place.

L'histoire se poursuit donc depuis le premier tome (qui est résumé au début de celui-ci pour ceux qui ne se souviennent plus trop). Morpheus, ou Sandman, ou le Maître des Rêves, a enfin réussi à s'échapper après avoir été emprisonné par Roderick Burgess, qui cherchait à capturer la Mort. Sandman a pu retrouver sa force et récupérer les outils de son art, mais certaines de ses créatures ont disparu, parmi lesquelles quatre parmi les plus importantes. Et puis il a un problème : un "vortex" est apparu, on apprendra plus tard ce que c'est, mais c'est dangereux et ça a pris la forme d'une jeune femme, Rose, qui vient de se découvrir une grand-mère fortunée et qui doit retrouver son petit frère perdu de vue depuis longtemps. On fait aussi la connaissance d'un frère-soeur de Sandman, Desire, qui n'a pas l'air commode, et d'un nouvel ami que Sandman s'est fait au fil des siècles. Bref, comme je vous disais, c'est un peu complexe, mais promis, on finit par s'y retrouver.

Les dessins sont du même type que dans le tome précédent et relativement homogènes malgré la participation de plusieurs artistes que l'on peut probablement distinguer si on y prête attention. C'est souvent sombre, travaillé, avec certains aspects que j'ai apprécié (comme un chapitre où il faut tourner la page en paysage pour lire les parties qui se situent dans le royaume de Sandman) et d'autres moins (comme certains visages un peu niais). Mais ce qui marque, au-delà du dessin, c'est le ton de l'ensemble. Neil Gaiman a toujours un univers très particulier, et ici on retrouve un énorme mélange indescriptible d'horreur, d'humoristique, de fantastique, de poétique, d'historique, de moderne, d'introspectif... Tout est mélangé et tout est cohérent. Son texte, couplé avec le talent des dessinateurs, propose un ensemble vraiment étrange où souvent je ne savais pas si j'étais dégoûtée ou si j'avais envie de rire, si j'étais dans un conte ou dans un récit réaliste. C'est perturbant, c'est impressionnant, et ça vaut la peine de le découvrir. 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la fiche Goodreads du livre


De Bons Présages, de Terry Pratchett et Neil Gaiman


Quand j'ai annoncé lire ce roman sur les réseaux sociaux, quelqu'un était étonné que ça n'ait encore jamais été le cas. J'avoue, j'ai pris mon temps pour entamer cette collaboration de deux auteurs ultra-connus ! 


Résumé :

Rampa le démon et Aziraphale l'ange sont infiltrés sur Terre depuis si longtemps qu'ils finissent par trouver l'endroit plutôt confortable. Aussi, lorsque les forces du Bien et du Mal décident d'un commun accord de provoquer l'Apocalypse en envoyant l'Antéchrist, les deux compères, qui ont appris à s'apprécier malgré leurs différences, décident de faire ce qu'ils peuvent pour sauver l'humanité à l'insu de leur hiérarchie respective...


Mon avis :

J'avoue que quand on rassemble sur la même couverture les noms de deux auteurs parmi ceux que j'apprécie le plus, je ne peux pas m'empêcher d'avoir certains a-priori exagérément positifs. C'est même la raison pour laquelle ce livre traîne dans ma PAL depuis des temps immémoriaux : j'attendais le moment idéal pour pouvoir l'entamer sans attentes exagérées. J'avais fini par l'oublier, et un jour où je faisais le tour de ma liseuse pour trouver un petit quelque chose de facile à déguster, je suis retombée dessus et je me suis dit "pourquoi pas" en m'efforçant de rester très "chill".

Le début fut un peu mou en ce qui me concerne : j'avais tendance à me perdre dans les personnages et, comme je le lisais le soir pendant une période où j'étais particulièrement fatiguée, j'avançais très lentement. Puis j'ai pris un bon rythme, et j'ai été happée par l'histoire. 

On y retrouve clairement l'humour de Pratchett et l'inventivité de Gaiman.  L'histoire commence sur les chapeaux de roues avec l'amitié improbable entre un ange et un démon, chacun drôlement ramolli sur ses principes par un long séjour entouré des conforts humains. Ils sont tous les deux devenus des fonctionnaires du bien et du mal, détachés sur le terrain et qui, loin de leur hiérarchie, ce sont un peu laissés aller. Ils en sont même arrivés à s'entendre assez bien et à se respecter, même si forcément de temps en temps ça pète un peu...  Je les ai trouvés adorables ces deux-là, et ce ne sont pas les seuls personnages improbables. On fait aussi la connaissance d'un couvent de nonnes sataniques (pas super motivées non plus d'ailleurs), un Antéchrist d'une dizaine d'années et son groupe de copains, une descendante de voyante forcée de consacrer sa vie aux prédictions de son ancêtre, un chasseur de sorcières et son supérieur un peu obsédé par sa vocation, et surtout, les quatre motards de l'Apocalypse. Rien que des personnages qui nous amusent beaucoup à faire tout ce qu'ils peuvent pour sortir du moule dramatique que l'histoire et la religion sont censés leur imposer. Le récit joue à la perfection avec le ridicule de déplacer des personnages mythiques dans un contexte moderne. Comme on pouvait s'y attendre vu les auteurs, c'est plein d'originalité et très amusant.

Et pourtant... Je ne sais pas, j'ai pas été franchement conquise. J'ai trouvé que par moments, l'intrigue s'attarde sur les points qui visiblement ont beaucoup amusé les auteurs, mais qui ralentissent l'action. Peut-être parce que ma lecture a un peu traîné dans le temps, j'ai aussi trouvé que certains passages étaient un peu confus. Si au début j'ai beaucoup souri, et si j'ai retrouvé avec plaisir quelques références au Disque-Monde, à d'autres moments je me suis un peu ennuyée aussi. Rien de grave, hein, mais j'en ressors avec envie de dire : "oui, pas mal, c'était amusant quoi". Autant Terry Pratchett que Neil Gaiman m'ont beaucoup plus impressionnée dans d'autres récits.

Voilà, en résumé : une lecture sympa, mais vu les auteurs, je m'attendais à mieux. Au final, visiblement je n'ai pas réussi à me débarrasser de mes attentes exagérées, malgré tous mes efforts ! 


Pour en savoir plus :
- les avis de Thalia, qui ne connaissait pas les auteurs avant d'entamer sa lecture, celui de MarieJuliet, avec un "pas mal mais pas un coup de coeur" un peu comme moi, et celui de Mr K, qui l'a trouvé "jubilatoire et génial". 

The Sandman, tome 1 : Préludes et Nocturnes, de Neil Gaiman et autres


Je ne vous parle pas souvent de BD sur ces pages, mais de temps en temps j'essaie de remédier à mon manque de connaissances dans ce domaine et je m'attaque à un pilier du genre. Aujourd'hui, je vous parle du début de la série Sandman, scénarisée par Neil Gaiman ! 


Résumé :

1916. Roderick Burgess, grand mage d'une secte dédiée aux pouvoirs occultes, entame une cérémonie pour capturer La Mort. A la place, c'est Morpheus, le Seigneur des Rêves ou le marchand de sable, qui est fait prisonnier. Pendant 70 ans, Morpheus attend son heure, prêt à briser ses chaînes à la moindre occasion et prendre sa revanche. Ce qu'il ignore, c'est qu'en son absence son Royaume s'effondre et ses outils magiques sont éparpillés, avec de graves conséquences pour l'humanité...


Mon avis :

Le livre que j'ai lu, le premier tome de l'intégrale en VO, contient les huit premiers épisodes épisodes de la série Sandman :
1. Sleep of the Just
2. Imperfect Hosts
3. Dream a Little Dream of Me
4. A Hope in Hell
5. Passengers
6. 24 Hours
7. Sound and Fury
8. The Sounds of Her Wings

Ceux qui suivent ce blog savent que je lis peu de bande dessinée, comics ou manga, et que je ne suis pas très à l'aise quand je les commente. Je manque de points de repère pour évaluer leur originalité ou leur qualité par rapport aux autres œuvres du genre, alors le seul commentaire pertinent que je puisse faire c'est mon point de vue de novice. En particulier, je n'ai que très peu d'expérience avec les comics américains, un genre de bande-dessinée à part entière, alors soyez prêts à déceler beaucoup de naïveté dans cette chronique ! *fin du disclaimer*

J'ai choisi de lire cette BD par curiosité : je venais de relire American Gods de Neil Gaiman, et la série The Sandman est l'une de ses œuvres les plus acclamées. A quoi ressemble ce romancier dans un genre si différent, me demandai-je ?  Je dois avouer que j'en attendais beaucoup, étant donné la versatilité du grand Gaiman, aussi à l'aise dans le roman pour adulte, pour enfant, ou dans la nouvelle que le scénario de série télé...

The Sandman est une série de comics, bande-dessinées courtes à l'américaine, qui racontent l'histoire d'un personnage mythique : le marchand de sable, comme on le connaît en français. C'est lui qui règne sur notre sommeil, nous permet des rêves ou nous impose des cauchemars. Dans l'univers de cette bande-dessinée, The Sandman est un homme mince au visage coupant et aux cheveux noirs en bataille, avec à la place des pupilles une petite lueur bleue qui lui donne un aspect carrément maléfique. J'ai trouvé qu'il ressemblait physiquement à Neil Gaiman à l'époque où il a commencé cette série, un hasard ?  En tous cas il faut pas mal d'épisodes pour cerner la personnalité de notre héros : est-il un dieu puissant, ou une victime facilement emprisonnée ? Est-il dangereux ? Veut-il du bien ou du mal à l'humanité ? Il n'y a pas nécessairement de réponse claire à ces questions-là, mais une part du voile est levé à la fin de l'épisode.

L'intrigue autant que le dessin sont très noirs. La narration est très immersive et fait référence à des légendes et récits de toutes origines : la Bible, le folklore, d'autres personnages de comics comme John Constantine et la League of Justice,... J'ai sûrement raté énormément de références, mais ce n'est pas bien grave. Les histoires qui composent cette intégrale n'ont pas toutes le même genre littéraire : elles vont du mystique à l'horreur en passant par la poésie sombre. En tous les cas j'ai vraiment eu l'impression d'y retrouver l'empreinte de Neil Gaiman, en particulier ses recueils de nouvelles qui eux aussi rassemblent des histoires de tous genres avec une tonalité générale souvent assez sombre.

Niveau dessin, là aussi on est dans le sombre, presque le noir et blanc par moments. Le style est brutal, presque violent, tout comme les histoires qu'il illustre. On aime ou on n'aime pas : j'ai trouvé que le dessin était intéressant et très adapté à l'intrigue, mais quand ma maman l'a vu en me rendant visite, elle n'a vraiment pas aimé. J'ai cependant eu un peu de mal à m'y retrouver au début : il est parfois difficile de savoir dans quel sens lire les cases à cause des différentes organisations de la page, et parfois d'une page à l'autre on change de point de vue, de personnage ou de narrateur. J'ai trouvé ça un peu maladroit, mais c'est peut-être mon manque d'expérience qui parle.

Voilà, en résumé : c'est une lecture intéressante et agréable, même pour une novice comme moi et malgré le fait que l'intrigue et le style sont assez violents, ce que je fuis généralement. Mais ce premier tome m'a vraiment donné envie de continuer l'aventure, je vous tiendrai au courant. 


Pour en savoir plus :
- l'avis de Psychée Délik, qui vous montre aussi quelques planches

Anansi boys, de Neil Gaiman


Aujourd'hui je vous présente un peu de fantastique, par le maître du genre, le grand Neil Gaiman !


Résumé :

Fat Charlie Nancy est un homme comme les autres, avec un sens exacerbé de l'embarras et une peur presque paranoïaque de tout ce qui pourrait le mettre sous les feux de la rampe. Son père en particulier, dandy extraverti et taquin, est la source de ses humiliations les plus douloureuses, mais lorsqu'il décède, Charlie voyage de Londres jusqu'en Floride pour assister à son enterrement. Sur place, une vieille amie de la famille lui annonce que contrairement à ce qu'il a toujours cru, il a un frère, et qu'il peut le rencontrer en lui faisant passer un message... aux bons soins de n'importe quelle araignée. Charlie pense qu'elle radote mais lorsqu'il croise une petite bête à huit pattes, il ne peut s'empêcher d'envoyer ses meilleurs voeux à son frère... qui apparaît brutalement et en un temps record fait de sa vie un véritable enfer. 


Mon avis : 

Ce livre, ça fait très, très longtemps que je l'ai lu pour la première fois. Je l'avais découvert juste après avoir lu "American Gods", du même auteur, mais je n'avais finalement pas pris le temps de le chroniquer, et je l'avais complètement oublié. Jusqu'à ce que, à l'occasion de l'adaptation d'American Gods à l'écran, je me mette à relire American Gods... et Anansi Boys dans la foulée. Et cette fois-ci, je ne manque pas de le chroniquer pour ne pas trop l'oublier. 

Anansi Boys n'est pas réellement la suite d'American Gods, mais c'est un roman centré sur un personnage secondaire d'American Gods, Mr Nancy, ou Anansi. Il y a donc une certaine continuité entre les deux. Je ne sais pas ce que ça implique d'un point de vue pratique ; est-ce que j'aurais pu réellement apprécier Anansi Boys si je n'avais pas auparavant été familiarisée avec le concept de roman mythologique moderne tel que présenté dans American Gods ? Difficile à dire, mais je pense que ça ne devrait pas être un gros problème. En tous cas, le ton est assez différent du ton d'American Gods ; l'histoire y est beaucoup moins dramatique, il y a une bonne dose d'humour assez proche de celui de "Neverwhere" du même auteur. Les héros de ces deux romans ont d'ailleurs pas mal de choses en commun. 

Anansi Boys, c'est donc l'histoire d'un jeune homme intensément timide, sans trop de personnalité, enfoncé dans une petite vie médiocre, et sur le point d'épouser une jeune femme qui le domine déjà beaucoup trop. Autant dire que ce qu'il inspire se situe entre la pitié et l'ennui, avec heureusement une bonne dose d'humour qui permet quand même de se dire qu'il a du potentiel. Heureusement aussi qu'il va bientôt rencontrer son frère qui est tout à fait l'opposé et dont les frasques vont vite entièrement changer sa vie, pour notre plus grand plaisir. D'ailleurs il n'y a pas que sa propre vie qui va changer, mais je ne vous en dirai pas plus...

Le côté fantastique est au coeur de cette histoire qui est pourtant terriblement terre-à-terre. Les chapitres sont entrecoupés de contes à propos d'Anansi qui permettent de comprendre un peu mieux le coeur de l'intrigue, et Charlie lui-même est amené à explorer des univers très spéciaux. Mais tout ce fantastique se fond dans une réalité concrète au point que rien ne nous surprend vraiment, c'est un tour de magie auquel Neil Gaiman est devenu tout à fait adepte. 

Au fur et à mesure, l'histoire évolue et alors qu'elle tournait autour de Fat Charlie, elle finit par rassembler toute un ensemble de personnages aux aventures croisées jusqu'à un apothéose final. Chacun d'entre eux va évoluer, ou alors c'est nous qui allons découvrir certains aspects insoupçonnés de leurs caractères. J'aime beaucoup ce genre de schéma, quand les choses évoluent jusqu'à ce que tout se mette joliment en place dans les dernières pages. En attendant on aura tremblé et ri, et on ne se sera pas ennuyé. 

Bref, si ce roman est en quelque sorte une suite d'American Gods, il n'en a pas le côté sombre et grandiose ; c'est une suite d'aventures plus légères, prenantes, pleines de personnages variés, avec beaucoup d'humour, et du suspense qui donne envie de tourner les pages sans attendre. C'est un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à (re)lire et que je ne peux que vous conseiller !


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- acheter ce livre sur Amazon

Trigger Warning: Short Fictions and Disturbances, de Neil Gaiman


Je suis tombée à peu près par hasard sur le dernier recueil de nouvelles de Neil Gaiman, sorti en 2015. Il n'est pas encore publié en français j'en ai peur, mais si l'anglais ne vous fait pas peur, alors ce seront peut-être les histoires derrière ces pages qui le feront...


Résumé :

Parfois, les films, émissions et autres pièces de divertissement incluent un avertissement de type "trigger warning" : si vous êtes sensible à telle ou telle chose, éloignez-vous, car cette narration risque de réveiller en vous des sensations déplaisantes. Pour ce recueil de 24 nouvelles, Neil Gaiman nous avertit dès le titre. Attendez-vous à tout, car il y a de tout entre ces pages, et soyez prêts à ce que ces petites histoires variées réveillent chez vous toutes sortes d'émotions... 


Mon avis : 

C'est souvent difficile de parler d'un recueil de nouvelles, vu que les histoires sont généralement difficiles à qualifier dans une chronique unique, et les présenter individuellement est fastidieux. Ici, le problème est aggravé par le fait que les nouvelles sont extrêmement variées et nombreuses. L'auteur l'avoue lui-même : rien ne relie ces histoires entre elles, ni la forme, ni le fond. Il y a surtout de la prose, mais il y a aussi de la poésie ; certaines sont longues, d'autres très courtes ; la plupart ne sont constituées que d'une seule intrigue, mais "A calendar of tales" rassemble douze petite histoires, une par mois de l'année ; certaines sont réalistes, d'autres prennent la forme de contes ou légendes, d'autres encore semblent réalistes jusqu'à ce qu'un élément fantastique vienne tout perturber ; certaines font rire, certaines mettent la larme à l'oeil, certaines font frissonner, certaines sont pleines d'aventures palpitantes et certaines sont carrément lugubres. 

Il y en a aussi qui reprennent des personnages connus : on a droit à une intrigue dont le héros est Sherlock Holmes, une autre qui est une histoire du Doctor Who (version Matt Smith), et une troisième qui retrouve Shadow, le héros de American Gods. Je crois que ce sont mes préférées, d'ailleurs.  Je n'ai pas un souvenir très précis de American Gods, alors j'avais peur de me sentir un peu larguée (il faut vraiment que je relise ce livre), mais Shadow est un personnage si reconnaissable et si charismatique que cette petite aventure sombre, lors de laquelle il s'arrête quelques jours dans un village accueillant et en découvre un vilain secret, m'a parue immédiatement familière. Sherlock Holmes est un personnages si souvent adapté qu'il est difficile de lui apporter de la nouveauté, mais Neil Gaiman s'en sort de façon grandiose en écrivant une aventure où le détective s'attaque au plus grand mystère de l'humanité. Quant à Doctor Who, en tant que grande fan de la série télé (moderne), je n'ai jamais osé lire ses adaptations littéraires de peur d'être déçue à cause du changement de format, mais j'ai tout à fait adoré cette aventure bizarre, parfaite pour le personnage et aussi prenante qu'un épisode télé. 

Une des raisons majeures pour lesquelles j'ai acheté ce livre, c'est qu'il était, dans son format audio, en promotion sur Audible, et qu'il était narré par Neil Gaiman lui-même. J'étais curieuse de découvrir comment l'auteur lui-même interprétait son texte. Et je n'ai pas été déçue : le ton n'est pas nécessairement celui que j'aurais utilisé dans ma propre imagination, il y a peut-être parfois un peu trop d'intonations dramatiques dans certaines phrases qui auraient pu être beaucoup plus neutres pour laisser le texte parler de lui-même... Mais Neil Gaiman a une voix complètement irrésistible !  Je la qualifierais même de très sexy. Il garde la bouche très près du micro, élève rarement la voix au-delà d'un doux murmure, et d'un bout à l'autre on a l'impression qu'il nous chuchote ses histoires à l'oreille... C'est une sensation incroyable, cette proximité, et ça rajoute une dimension très particulière à toutes les histoires : celles qui sont tendres et émouvantes le sont encore plus, celles qui sont déjà lugubres ou effrayantes donnent physiquement la chair de poule. J'ai lu il y a un certain temps un autre de ses recueils de nouvelles au format écrit et je peux dire avec certitude que j'ai beaucoup plus apprécié celui-ci à cause de son format audio, indépendamment de la qualité des histoires en elles-mêmes.

Un autre attrait de ce livre (mais je crois que l'auteur fait ça à chacun de ses recueils de nouvelles), c'est l'introduction : Neil Gaiman nous explique l'origine de chacune des histoires à venir, ce qui est particulièrement intéressant, je trouve. On y découvre l'inspiration et l'occasion pour leur écriture, parfois en longueur, et souvent ça nous permet aussi de plonger, un tout petit peu, dans l'intimité de l'auteur. Il prévient que l'on peut choisir de lire cette partie avant de lire les nouvelles, ou bien après ; j'ai choisi de l'écouter avant pour ne pas avoir à revenir en arrière dans le fichier audio, et si c'est intéressant en effet, c'est quand même un peu étrange d'entendre parler d'histoires dont on ne connaît pas le contenu. Je pense que je vais le réécouter un de ces jours, maintenant que je connais les histoires.

Voilà, en résumé : un recueil extrêmement varié, donc il y aura forcément des histoires qui seront plus marquantes que d'autres pour chaque lecteur. En ce qui me concerne il y en a où je me suis sentie un peu perdue, d'autres qui m'ont mise mal à l'aise, et certaines que j'ai adoré, mais je pense qu'aucune ne m'a vraiment laissée indifférente, chacune est originale et unique. Ce recueil est surtout un témoignage du talent de Neil Gaiman : l'imagination de cet homme et son talent pour créer des atmosphères incroyablement variées sont visiblement sans limites.


Pour en savoir plus :

 

L'océan au bout du chemin, de Neil Gaiman


Voici le dernier livre lu en 2015 dont j'avais prévu de vous parler. Je l'ai acheté à sa sortie, il m'a attendu pendant des mois dans ma bibliothèque, et puis la chronique m'a attendue pendant des mois sur mon disque dur... Pauvre petit livre patient, qui pourtant ne méritait pas ça car c'est un très beau conte !


Résumé:

"De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les évènements survenus l'année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L'obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan..."
(quatrième de couverture)


Mon avis :

Voici un résumé qui ne raconte pas grand-chose, il faut bien l'admettre. C'est parce que d'une part l'histoire est très difficile à résumer en lui gardant son côté magique, et d'autre part parce que je l'ai découverte sans rien en savoir et que c'est un plaisir que je voudrais conserver à mes lecteurs.

Que pourrais-je vous dire pour vous donner envie de lire ce court roman qui en vaut la peine, sans pour autant vous gâcher la surprise ? D'abord que ce roman fait partie de ma catégorie personnelle "livres-pour-enfants-pour-adultes".  Parce que c'est clairement écrit comme de la littérature jeunesse, pas pour les petits enfants mais pour ceux de dix-douze ans je dirais : un récit d'aventures mystérieuses, un peu poétique, plein de monstres et de magie, centré sur les préoccupations parfois touchantes d'un jeune garçon.
Mais en même temps, je ne suis pas sûre qu'à cet âge-là j'aurais pu apprécier ce livre-là. Car mine de rien il va très loin dans la côté sombre et met en scène certaines peurs enfantines qui ont de quoi traumatiser un jeune lecteur : il y a un suicide, un monstre, et surtout, ce qui je crois m'aurais particulièrement fait mal, des parents incapables de protéger leurs enfants, voire pire, qui deviennent eux-même dangereux. Dès le début le jeune narrateur raconte le souvenir d'un anniversaire où aucun de ses amis n'étaient venu et où il s'était retrouvé à manger le gâteau tout seul avec sa maman. Il en parle rapidement, comme un souvenir marquant et un peu désagréable... alors que je trouve cette scène particulièrement triste et cruelle, et je ne peux m'empêcher d'en vouloir à des parents qui laissent ce genre de situation avoir lieu. Ce n'est qu'un détail, et par la suite le jeune narrateur se retrouve dans des situations bien pires où les parents ne sont pas étrangers à la cruauté.

Bref, voici un livre d'enfant que je ne mettrais pas dans les mains d'un enfant... mais il est parfait pour un adulte. Car le talent de Neil Gaiman nous emmène dans une enfance rêvée, nostalgique, effrayante et magnifique à la fois. Il y a un petit côté "Alice au pays des merveilles" dans cette histoire : une visite dans la ferme voisine et le narrateur tombe dans une sorte de monde parallèle avec sa propre logique. C'est plein de fantastique et pourtant c'est aussi très terre-à-terre : toute l'intrigue a un sens, on n'est jamais perdu dans les méandres d'un monde incompréhensible.

Il y a aussi un côté incroyablement émotionnel à cette histoire. Mon petit coeur d'adulte, pourtant peu réceptif aux contes fantastiques en général, a été touché par toutes les aventures du jeune narrateur - plus touché que le narrateur lui-même, en fait, car lui il reste très stoïque et étonnament courageux. Finalement, c'est peut-être pour ça que ce livre pour enfant est en fait plus approprié pour des adultes : son jeune héros est lui-même particulièrement mature.

Pour finir, je dois bien avouer qu'avant même d'entamer ma lecture j'étais prédisposée favorablement par rapport à ce roman : je l'ai commandé en ligne et en "hardcover" et à ma grande surprise j'ai reçu un livre qui compte parmi les plus beaux objets de ma bibliothèque. Il a une très jolie couverture rigide avec une reliure en toile blanche magnifique et solide, une jaquette sobre et superbe, une police aérée et très agréable à lire, et en plus de tout ça, des pages de très beau papier aux bords légèrement déchirés comme si elles étaient fraîchement coupées à la main. Mine de rien, c'est le genre de choses qui ajoutent au plaisir sensoriel de la lecture !


Pour en savoir plus :


Des choses fragiles : Nouvelles et merveilles, de Neil Gaiman


Aujourd'hui, on remonte un peu dans le temps avec un livre que j'ai lu il y a déjà plusieurs semaines. Je vous avais déjà parlé d'American God et de Neverwhere ; cette fois-ci, j'ai découvert le talent de Neil Gaiman pour les nouvelles et autres textes courts...


Résumé :

Dans ce recueil, Neil Gaiman nous offre son talent de l'écriture fantastique sous toutes les formes possibles : des nouvelles, des poèmes, des histoires très courtes, des textes descriptifs, et même une novella où l'on retrouve Shadow, le héros d'American Gods.


Mon avis :

J'ai mis très longtemps à lire ce livre, environ deux mois au total, et il est donc un peu difficile pour moi d'en parler d'une traite. Mais de toutes façons, ce n'est pas un livre à dévorer en une nuit, à mon avis ; cette collection de petites histoires hétéroclites mérite d'être dégustée petit à petit.

Mon édition (numérique) commence par une longue introduction où est expliquée la genèse de chaque texte. C'est très intéressant, mais un peu fastidieux ; ça aurait été plus agréable à lire si l'introduction était répartie dans le livre, avec l'explication concernant chaque texte avant ou après celui-ci.

Parmi les textes rassemblés dans ce recueil, il y en a certains que j'ai allègrement sautés (les poèmes), d'autres dont je n'ai pas vraiment compris la finalité, et d'autres enfin que j'ai adorés. Parmi eux, il y a le tout dernier texte, le plus long, celui que les fans d'American Gods dégusteront avec l'immense plaisir de retrouver leur héros, Shadow. Il y a aussi le texte où Neil Gaiman revisite la première enquête de Sherlock Holmes dans le style de Lovecraft, un mélange surprenant et vraiment très, très réussi. Il y en a d'autres aussi, plus mystérieux, tout à fait dans le style de l'auteur, le genre d'histoires difficiles à raconter mais qui happent le lecteur en seulement quelques pages et font frissonner dans la pénombre...

Il est vraiment difficile de parler de ce recueil dans son ensemble tant il est constitué d'histoires hétéroclites. Je pense qu'il est difficile de les aimer toutes, et peu probable de n'en aimer aucune. Aux fans de Neil Gaiman, je dirais : foncez ; aux amateurs de fantastique, je dirais : ça risque bien de vous plaire ; et à tous les autres lecteurs, je dirais : n'hésitez pas à tenter le coup, en prenant la liberté de passer les histoires qui ne vous plaisent pas, il y en aura toujours quelques-unes que vous ne regretterez pas d'avoir lues et qui, certainement, vous surprendront.


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- acheter ce livre sur Amazon

Neverwhere, de Neil Gaiman


Depuis que j'ai découvert Neil Gaiman avec American Gods, je m'étais promis de poursuivre l'aventure. Quelle excellente idée j'ai eue !


Résumé :

Richard Mayhew a quitté son Ecosse natale pour venir travailler à Londres. Depuis, il a appris à connaître la ville, s'est construit une petite vie tranquille et s'est fiancé avec Jessica. Mais tout va basculer le jour où il décide d'aider une jeune fille blessée qui apparaît sur le trottoir devant lui. Du jour au lendemain, il bascule dans le "Londres d'En Bas", un monde parallèle et dangereux où une adolescente recherche les assassins de son père...


Mon avis :

Vous vous souvenez d'American Gods que j'ai chroniqué il y a quelques semaines ?  J'avais été séduite par son côté "fantasy urbaine" (un monde magique caché dans notre monde réel et moderne), ses personnages très réalistes, son style de narration particulièrement naturel. J'avais quand même regretté de ne pas avoir saisi les nombreuses références plus ou moins discrètes aux religions et mythologies en tous genres. 

Eh bien ici, j'ai retrouvé tous ce que j'avais adoré dans American Gods, sans avoir l'impression de rater quoi que ce soit. Autant vous dire que les paragraphes qui suivent vont être particulièrement élogieux : je n'ai absolument rien à reprocher à cette lecture et c'est d'ores et déjà une des très bonnes surprises de cette année qui commence ! 

L'histoire est presque classique sans l'être du tout. L'idée d'un monde caché et magique au coeur de notre monde, voire au coeur de Londres, ça ne vous rappelle rien ?  Je vous arrête tout de suite : Neil Gaiman n'a en rien copié les aventures du petit sorcier, puisque ce roman est sorti un an avant le premier Harry Potter. D'ailleurs, j'ai lu ici et là que Neverwhere serait le premier roman de fantasy urbaine. Savoir qui a eu l'idée en premier et qui a copié qui est pour moi un débat stérile : il me semble tout à fait possible que le même genre d'idée naisse indépendamment dans deux têtes différentes.  C'est presque étonnant que, dans une métropole de plusieurs millions d'habitants, seulement deux auteurs aient eu l'idée d'imaginer un peu de magie cachée dans les ruelles sombres...

D'ailleurs, sous la plume de Neil Gaiman, Londres est un personnage à part entière. J'imagine sans difficulté la genèse de ce roman : notre auteur, Londonien classique juste un peu plus observateur et un poil plus imaginatif que la moyenne de ses concitoyens, se promène dans sa ville. Il y remarque une ruelle étroite, encore éclairée au gaz, et imagine qu'il s'agit d'un passage vers une "bulle de passé" ; il prend le métro, et la voix qui répète inlassablement "mind the gap" (attention à l'espace entre la plateforme et la rame) l'incite à penser que peut-être, il y a un monstre étrange prêt à sauter aux chevilles des voyageurs inconscients ; il remarque de temps en temps une rame de métro vide et sans éclairage, et se demande si elle ne pourrait pas cacher les habitants d'un monde caché...  Et voilà comment on glisse dans un espace parfaitement réel un monde parallèle surprenant. Il suffit ensuite de le peupler avec des personnages hauts en couleur, de préférence de bons matériaux de légendes urbaines : les humains qui parlent aux rats, une communauté de type "cour des miracles", les dégoûtants habitants des égouts, des moines noirs du coté de l'arrêt de métro "Blackfriars" ou un véritable comte et sa court à "Earl's Court"... Après ça, l'illusion est si bonne que le lecteur en vient à se dire que ça ne peut pas ne pas exister. 

Les personnages principaux ne manquent pas de charme. Richard manque horriblement de caractère au début, mais à force de faire face à des moments de plus en plus difficile, il se transforme en un mélange amusant de lâcheté et de courage inconscient. Il représente surtout la normalité dans son côté le plus extrême, et les touches d'humour qu'il s'autorise aux moments les plus difficiles en font un guide sympathique pour le lecteur. Porte (mon dieu comme ce nom est moche en français !) a tendance à être peu reconnaissante, voire carrément égocentrique face à ce pauvre Richard, et j'ai eu un peu de mal à la cerner, entre son coté adolescente et sa maturité peu ordinaire. Mais elle, par contre, ne manque pas de courage et saura nous étonner. Comme souvent, c'est dans les personnages secondaires que l'auteur se permet des fantaisies : le Marquis de Carabas est extraordinaire, et les deux méchants, Mr Croup et Mr Vandemar, sont tellement savoureux dans leurs rôles de tueurs sadiques et leur langage très particulier qu'on tremble de plaisir plus que de peur lorsqu'ils débarquent au tournant d'une page ! 

Que dire de l'intrigue, sinon qu'elle ne cesse de rebondir en prenant la forme générale d'un jeu de piste sous-terrain. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. La plume de Neil Gaiman est si naturelle, la narration si réussie, que j'ai du mal à croire qu'il en était encore au tout début de sa carrière d'écrivain lorsqu'il a publié ce roman. Par contre, je l'ai lu en VO et je me demande très sincèrement comment le traducteur en français a pu faire passer tout l'humour et les jeux de mots qui font une grande partie du charme.

Voilà, donc pour résumer : j'ai adoré, encore plus qu'American Gods. Totalement séduite. L'urban fantasy sous son meilleur jour. Il FAUT que vous le lisiez, et de préférence en anglais, et encore mieux, après (ou avant) une petite virée à Londres. Le plaisir de voir la ville s'animer de page en page... Aaaaaah  *soupir heureux*  :)


Pour en savoir plus :
- l'avis de Miss Spooky Muffin, qui apprécie les mêmes choses que moi, et celui de Frankie, qui y a trouvé quelques longueurs


American Gods, de Neil Gaiman


2012 n'est pas encore tout à fait finie pour moi, avec deux chroniques en retard. Voici la première, un classique récent, un incontournable de la littérature anglo-saxonne... et mon premier contact avec le grand Neil Gaiman. 


Résumé :

Shadow est sur le point de sortir de prison et tout ce qu'il souhaite, c'est prendre un bon bain et serrer son épouse dans ses bras. Mais rien ne se passe comme prévu, et une fois dehors, il se retrouve engagé comme garde du corps et homme à tout faire pour le mystérieux Wednesday. Ensemble, ils préparent une drôle de bataille entre deux générations de dieux...


Mon avis :

J'ai la chance d'avoir une mauvaise mémoire : je lis un résumé de livre, j'en entends parler à droite et à gauche, mais au bout d'un moment tout ce qu'il reste dans mes petites neurones c'est un titre et une étiquette "à lire". En entamant ce roman ultra connu, je n'avais aucune idée ni de son contenu, ni de son genre. Et voilà comment on aborde sans préconceptions un roman hors-norme, et qu'on se prend une claque.

Je suis vraiment perplexe en écrivant cette chronique. Que dire de ce roman étrange ?  Et qu'en dire pour laisser au lecteur potentiel la même surprise tout en lui donnant l'envie de le lire ?

L'intrigue est particulièrement originale et parfaitement maîtrisée. Il y a du surnaturel, le classique "monde caché dans notre monde", mais glissé de façon discrète : les protagonistes ne s'en vantent pas, personne ne parle de sa réelle identité, et il va falloir une longue réflexion à Shadow pour comprendre de quoi il s'agit. C'est la même chose pour le lecteur, qui a pourtant l'avantage de connaître déjà le titre explicite.

Le problème avec tout ça, c'est que les références aux dieux variés qui peuplent cette histoire sont nombreuses, subtiles et nécessitent une excellente connaissance de toutes sortes de mythologies. Malheureusement pour moi, j'étais en vacances au moment de ma lecture, loin de mon précieux ami Google qui répond à toutes les questions. J'ai dû rater un niveau de lecture, celui de l'interprétation des personnages en fonction des légendes qui les accompagnent, et je n'ai fait qu'apercevoir la subtilité du texte à ce niveau-là.

Heureusement pour moi, la lecture n'en est pas moins agréable. En fait, j'ai eu l'impression d'aborder le roman comme Shadow aborde sa vie : avec une sorte de fatalisme, en acceptant de ne pas tout saisir et de se laisser emporter par des forces qui nous dépassent, guidés seulement par l'instinct. À aucun moment je n'ai eu l'impression désagréable de rater une étape importante, ça m'a suffit pour apprécier ce roman.

En plus d'une rencontre avec toute une série d'êtres mythologiques, ce roman est aussi une plongée dans l'Amérique profonde et actuelle. A ce point de vue-ci aussi, il doit y avoir deux niveaux de lecture : celui de l'Américain moyen qui reconnaît un environnement familier, et celui de l'étranger qui a plutôt l'impression d'être plongé dans un film made in US. Il doit y avoir un plaisir particulier à lire ce roman en tant qu'Américain, mais le petit côté "road movie" n'est pas mal non plus. 

Au niveau du style, j'ai lu quelque part que l'auteur est critiqué pour son style très familier. J'ai lu ce roman en VO et je n'ai pas du tout été choquée ; le côté "familier" donne un rendu très naturel aux dialogues, et jamais je n'ai eu l'impression qu'on tombait dans la vulgarité.

En résumé, je sens bien que cette chronique est loin d'être à la hauteur du livre ou même de mes impressions.  Faites comme si elle se résumait à deux mots : lisez-le ! 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- l'avis de Thalia, qui elle aussi a découvert cet auteur avec ce livre, et celui de Miss Spooky Muffin, qui a été soufflée.