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Will Save the Galaxy for Food, de Yahtzee Croshaw


Débutons l'année légèrement avec la chronique d'un roman de SF satyrique lu (ou plutôt écouté) il y a presque un an. De temps en temps j'ai besoin d'un roman un peu moins sérieux, une aventure humoristique comme celle-ci.


Résumé :

Les voyages dans l'espace ont bien changé. Depuis l'invention de la téléportation quantique, les pilotes de vaisseau héroïques qui mettaient leur vie en péril pour relier les planètes habitées se retrouvent au chômage. Contraint de gagner chichement sa vie en arnaquant des touristes, l'un d'eux se retrouve pris dans une machination complexe où il se fait passer pour un aventurier haï de tous les pilotes pour servir un maffieux extrêment dangereux…


Mon avis :

Encore une fois (c'est quelque chose qui m'arrive souvent), je ne sais pas ce qui m'a fait acheter cet audiolivre. Une promotion Audible probablement. Je n'avais jamais entendu parler de cet auteur, encore moins de ce titre, et je me suis juste vaguement souvenue en le commençant qu'il s'agissait d'un récit satyrique, ce que j'aime bien quand c'est bien fait. La voix du narrateur (qui est aussi l'auteur) m'a plu, et finalement je l'ai dévoré en quelques jours.

Comme je m'y attendais, ce récit est résolument satyrique et ne se prend pas du tout au sérieux. Le but n'est pas de nous faire rire sans arrêt, mais de proposer des aventures rocambolesques, dans un univers qui se moque des décors classiques de la science-fiction. Les héros sont assez minables, les monstres plutôt comiques qu'autre chose (bien que dangereux), les mauvais sont caricaturaux. L'espace n'est plus ce lieu dangereux où l'on risque sa vie, c'est un pays conquis où on se déplace sans danger comme on prend un ascenseur. On n'est pas dans du Douglas Adams, mais la formule fonctionne : les aventures et les personnages très terre-à-terre contrastent joliment avec les situations ridicules dans lesquelles ils se retrouvent. Le narrateur lui-même est plutôt pathétique, pas stupide mais qui sait reconnaître la situation désespérée dans laquelle il se trouve et y faire face avec humour. On ne peut pas dire qu'il soit attachant, mais il est impossible de ne pas s'intéresser à la façon dont il va se sortir des situations de plus en plus désespérées.

Bref, voici un livre vraiment divertissant qui passe très bien entre deux lectures plus sérieuses. On passe un bon moment à sourire de l'imagination de l'auteur et des aventures rocambolesques qu'il impose à ses personnages. Je n'ai pas regretté avoir acquis ce roman par accident !


Pour en savoir plus :
- la fiche goodreads du livre

De Bons Présages, de Terry Pratchett et Neil Gaiman


Quand j'ai annoncé lire ce roman sur les réseaux sociaux, quelqu'un était étonné que ça n'ait encore jamais été le cas. J'avoue, j'ai pris mon temps pour entamer cette collaboration de deux auteurs ultra-connus ! 


Résumé :

Rampa le démon et Aziraphale l'ange sont infiltrés sur Terre depuis si longtemps qu'ils finissent par trouver l'endroit plutôt confortable. Aussi, lorsque les forces du Bien et du Mal décident d'un commun accord de provoquer l'Apocalypse en envoyant l'Antéchrist, les deux compères, qui ont appris à s'apprécier malgré leurs différences, décident de faire ce qu'ils peuvent pour sauver l'humanité à l'insu de leur hiérarchie respective...


Mon avis :

J'avoue que quand on rassemble sur la même couverture les noms de deux auteurs parmi ceux que j'apprécie le plus, je ne peux pas m'empêcher d'avoir certains a-priori exagérément positifs. C'est même la raison pour laquelle ce livre traîne dans ma PAL depuis des temps immémoriaux : j'attendais le moment idéal pour pouvoir l'entamer sans attentes exagérées. J'avais fini par l'oublier, et un jour où je faisais le tour de ma liseuse pour trouver un petit quelque chose de facile à déguster, je suis retombée dessus et je me suis dit "pourquoi pas" en m'efforçant de rester très "chill".

Le début fut un peu mou en ce qui me concerne : j'avais tendance à me perdre dans les personnages et, comme je le lisais le soir pendant une période où j'étais particulièrement fatiguée, j'avançais très lentement. Puis j'ai pris un bon rythme, et j'ai été happée par l'histoire. 

On y retrouve clairement l'humour de Pratchett et l'inventivité de Gaiman.  L'histoire commence sur les chapeaux de roues avec l'amitié improbable entre un ange et un démon, chacun drôlement ramolli sur ses principes par un long séjour entouré des conforts humains. Ils sont tous les deux devenus des fonctionnaires du bien et du mal, détachés sur le terrain et qui, loin de leur hiérarchie, ce sont un peu laissés aller. Ils en sont même arrivés à s'entendre assez bien et à se respecter, même si forcément de temps en temps ça pète un peu...  Je les ai trouvés adorables ces deux-là, et ce ne sont pas les seuls personnages improbables. On fait aussi la connaissance d'un couvent de nonnes sataniques (pas super motivées non plus d'ailleurs), un Antéchrist d'une dizaine d'années et son groupe de copains, une descendante de voyante forcée de consacrer sa vie aux prédictions de son ancêtre, un chasseur de sorcières et son supérieur un peu obsédé par sa vocation, et surtout, les quatre motards de l'Apocalypse. Rien que des personnages qui nous amusent beaucoup à faire tout ce qu'ils peuvent pour sortir du moule dramatique que l'histoire et la religion sont censés leur imposer. Le récit joue à la perfection avec le ridicule de déplacer des personnages mythiques dans un contexte moderne. Comme on pouvait s'y attendre vu les auteurs, c'est plein d'originalité et très amusant.

Et pourtant... Je ne sais pas, j'ai pas été franchement conquise. J'ai trouvé que par moments, l'intrigue s'attarde sur les points qui visiblement ont beaucoup amusé les auteurs, mais qui ralentissent l'action. Peut-être parce que ma lecture a un peu traîné dans le temps, j'ai aussi trouvé que certains passages étaient un peu confus. Si au début j'ai beaucoup souri, et si j'ai retrouvé avec plaisir quelques références au Disque-Monde, à d'autres moments je me suis un peu ennuyée aussi. Rien de grave, hein, mais j'en ressors avec envie de dire : "oui, pas mal, c'était amusant quoi". Autant Terry Pratchett que Neil Gaiman m'ont beaucoup plus impressionnée dans d'autres récits.

Voilà, en résumé : une lecture sympa, mais vu les auteurs, je m'attendais à mieux. Au final, visiblement je n'ai pas réussi à me débarrasser de mes attentes exagérées, malgré tous mes efforts ! 


Pour en savoir plus :
- les avis de Thalia, qui ne connaissait pas les auteurs avant d'entamer sa lecture, celui de MarieJuliet, avec un "pas mal mais pas un coup de coeur" un peu comme moi, et celui de Mr K, qui l'a trouvé "jubilatoire et génial". 

MASH de Richard Hooker


Changement de décor radical : aujourd'hui je vous parle de guerre de Corée, mais rassurez-vous, c'est pour en rire ! 


Résumé :

Pendant la guerre de Corée, deux jeunes chirurgiens sont assignés à l'unité 4077 du MASH, les hôpitaux de chirurgie mobiles de l'armée américaine. Les capitaines "Hawkeye" Pierce et "Duke" Forrest s'avèrent très vite être des chirurgiens hors pair mais aussi de grands fauteurs de troubles au culot incomparable, prêts à toutes les blagues et sans aucun respect pour la hiérarchie ou les formalités de la vie dans l'armée. Leur tente devient un bar à cocktails et le point de ralliement de tous les bout-en-trains de l'unité, provoquant conflits mais aussi grands moments de folie.


Mon avis :

Je ne sais plus ce qui a fait que je tombe sur ce livre l'autre jour. Je suis depuis longtemps une grande fan du film MASH de Robert Altman, sorti en 1970, et je ne sais comment j'ai appris brutalement qu'il était tiré d'un livre écrit par un chirurgien de l'armée avec l'aide d'un journaliste. Je me suis dit que le livre me permettrait peut-être de découvrir de nouvelles entourloupes de ces chers Hawkeye, Duke et les autres, qui m'ont toujours beaucoup fait rire à l'écran. L'ebook s'est vite retrouvé dans ma liseuse et je l'ai lu en une soirée.

J'ai rapidement découvert que le film était assez fidèle au livre, à quelques détails près. En fait, et c'est assez rare, le film est même meilleur que le livre.  La plupart de mes aventures préférées du film - le match de football américain, le tour à Tokyo, la cérémonie d'adieu au dentiste - se retrouvent dans le livre, mais en un peu plus exagéré, un peu moins crédible. La film ajoute aussi quelques entourloupes qui ajoutent du punch et parfois simplifient l'histoire, comme le vol de la Jeep qui nous situe les deux héros dès les premières images, ou les blagues au détriment de Hot Lips et son amant, deux personnages beaucoup moins exploités dans le livre. Le livre se poursuit aussi après le départ des héros et les suit jusqu'à leur arrivée en Amérique, ce qui donne l'impression de tirer en longueur une histoire déjà finie, d'autant plus qu'il ne se passait déjà plus rien d'extraordinaire depuis le match. Le style narratif n'est pas franchement extra, amusant mais sans plus, même si quelques dialogues inattendus provoquent le rire.

Ceci dit, le livre a quand même l'avantage de s'attarder davantage sur le vrai travail des héros, les moments de pression intense à essayer de rafistoler de jeunes hommes sur le point de mourir. Il parle de la fatigue, des décisions difficiles, d'une erreur professionnelle de Hawkeye, et même d'un cas où le soldat meurt sur la table d'opération et de la déprime qui s'en suit. Ceci dit, le livre ne parle que d'un seul mort, ce qui semble fort artificiel en regard du nombre de patients et de la gravité de leurs blessures. Pour les cas qui comptent, comme le bébé à Tokyo ou en ce qui concerne Ho-Jon, leur jeune aide-de-camp coréen, les héros ne font jamais d'erreur et élaborent des solutions extravagantes à tous les problèmes, de vrais magiciens. Le film a pris soin de supprimer certaines de leurs interventions et de transformer l'histoire d'Ho-Jon pour montrer que l'arrogance et le culot ne suffisent pas toujours. 

Le livre a aussi un peu plus vieilli que le film. Les personnages utilisent beaucoup de mots qui seraient maintenant considérés comme des insultes, et on a un bel épisode concernant le racisme lorsque Spearchucker, un afro-américain, rencontre Duke, un sudiste. Là aussi l'auteur s'en tire avec une pirouette artificielle qui met tout le monde d'accord et je pense que le film a bien fait d'éviter d'entrer dans ce débat. De plus, en lisant le livre, je me rends compte qu'au final certaines blagues ne sont peut-être pas si comiques que ça. Le personnage de Hot Lips en particulier est plus anecdotique dans le livre mais par comparaison son traitement dans le film m'a donné pitié d'elle car on est carrément dans le harcèlement, même si elle est présentée comme une emmerdeuse (désolée, je n'ai pas trouvé d'autre mot approprié).

En tant qu'Européenne, je suis contente d'avoir lu le livre, car il m'a permis de mieux saisir certaines nuances culturelles que je n'avais pas saisies dans le film, comme les différences entre le nordiste (Hawkeye) et le sudiste (Duke) ou entre les appelés dans l'armée (nos héros) et les militaires de carrière, ou encore le personnage Radar et pourquoi il fait toujours sursauter tout le monde. Mais je ne me fais pas illusion, j'ai aussi raté beaucoup de choses dans ce livre qui est très, très américain. Le match de football américain par exemple, je n'y ai pas compris grand-chose et je ne me suis concentrée que sur les ressorts comiques. 

Au final, voilà un livre qui était plein de bonnes idées pas toujours très bien exploitées, comique mais un peu maladroit, un moment de détente. Il aurait probablement été oublié dans les montagnes de livres "sympas mais sans plus" s'il n'avait pas fait l'objet d'un film qui a su exploiter ses bons côtés en effacant ses défauts. Je ne regrette pas du tout d'avoir lu le livre mais des deux, c'est le film que je continuerai à conseiller en priorité. 

Sourcellerie, de Terry Pratchett


En dernière minute, voici un roman dont je devais vous parler ce mois-ci, et une pure partie de plaisir !


Résumé :

Sur le Disque-Monde, le huitième fils d'un huitième fils devient un mage qui sera éduqué à l'Université de l'Invisible. Mais que devient le huitième fils d'un mage ? Normalement, ça ne devrait pas arriver : les mages n'ont pas d'enfant. Sauf un. Qui a eu huit fils. Et le huitième est un sourcellier qui risque bien de détruire le Disque-Monde.


Mon avis :

Quand j'ai envie d'un bon divertissement littéraire, une valeur sûre, je sais toujours où me tourner : je progresse un pas de plus dans l'univers magique créé par Terry Pratchett. L'humour, c'est toujours délicat, mais il y en a qui marchent bien avec moi et le Disque-Monde fait partie de ceux-ci. Ce mois-ci, le thème du challenge "Un genre par mois" c'était la fantasy, et comme en plus j'avais besoin d'une lecture légère et prenante en ce moment, "Sourcellerie" s'est imposé de lui-même.

J'ai donc retrouvé avec beaucoup de plaisir ce cher Rincevent et son acolyte le Bagage. L'aventure commence par la visite de l'Université de l'Invisible, ce lieux mythique tout aussi profondément farfelu que le reste du monde dans lequel elle se situe. Puis l'intrigue se divise en deux : d'une part, nous avons le fameux sourcelier, un sale gosse aux pouvoirs inimaginables qui vient prendre sa place parmi les sorciers. Et de l'autre, nous avons Rincevent, chargé (contre son gré, comme d'habitude) de la sécurité du chapeau magique de l'Archimage de l'Université, qui a sa propre personnalité et compte bien ne pas atterrir entre les mains de Thune le sourcellier. En résumé : côté pile, on a de la magie qui va détruire le monde, et côté face, un mage raté suivi d'un coffre à pattes au service d'un chapeau pointu. On est bien dans l'univers loufoque du Disque-Monde ! 

Par rapport aux autres volumes de la série que j'ai déjà lus, j'avais préféré Mortimer et La Huitième Fille qui sont d'autant plus amusants qu'ils abordent des thèmes très sérieux. Ici il s'agit surtout d'aventure et de magie, mais j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver ce cher Rincevent et son Bagage. Rincevent a son côté très amusant de mage raté et très honnête par rapport à sa propre lâcheté, mais en même temps, il a tellement souvent raison que ce sont les autres personnages qui finissent par paraître ridicules. D'ailleurs, il se découvre trois nouveaux compagnons pour cette aventure (sans compter le chapeau) ; je n'en dirai rien à part que l'un d'eux est lié à un personnage des précédentes aventures, La Huitième Couleur et Le Huitième Sortilège. Ce n'est donc clairement pas par ce roman qu'il faut découvrir le Disque-Monde ; mais ce n'est pas non plus celui par lequel on terminera la lecture, étant donné qu'à la fin de ce tome, Rincevent et le Bagage se trouvent dans une situation qui nécessitera encore pas mal de pages...

Ce qui m'étonne le plus dans cette lecture, c'est que je ne me fatigue pas de l'humour de Terry Pratchett.  Il est très reconnaissable et très particulier, et pourtant, pour le moment, il arrive encore à me surprendre avec de nouveaux jeux de mots et de nouvelles situations inattendues. Je ne ris pas aux éclats, mais j'apprécie le loufoque de la narration à chaque page. Ceci dit, je n'en suis qu'au début de cette série qui compte quarante tomes, et je compte bien continuer à prendre mon temps en ne sortant les tomes suivants que quand j'ai besoin d'un divertissement facile et sûr.

 
Pour en savoir plus :

Impressario du troisième type, de John Scalzi


J'ai découvert la plume de John Scalzi à la fin de l'année passée et j'ai bien l'intention de le lire encore et encore... Voici encore une de ses histoires farfelues !


Résumé :

Tom Stein, jeune impressario brillant, vient de réaliser un coup de maître : décrocher à l'une de ses cliente un salaire absolument mirobolant. Il est quand même un peu surpris quand le grand patron de son agence, un dieu du monde des impressarios, l'invite pour une réunion en tête-à-tête. Et encore plus surpris quand on lui propose une nouvelle mission : représenter toute une population d'extraterrestres gentils mais pas très ragoûtants...


Mon avis :

J'ai sauté sur ce roman après avoir lu et tout simplement adoré "The Android's Dream" du même auteur, un autre roman de science-fiction humoristique. Je savais en commençant ma lecture que je courais un gros risque d'être déçue : "The Android's Dream" avait fait beaucoup remonter mes attentes... Et en effet, je n'ai pas autant apprécié "Impressario du troisième type", qui joue un peu sur le même registre tout en n'atteignant pas le même niveau d'originalité. Mais ce n'est pas bien grave car j'ai quand même passé un excellent moment.

Dès le début, le héros de cette histoire m'a fait penser à Jerry Maguire - vous savez, l'agent sportif joué par Tom Cruise dans le film de 1996. Même bagoût, même charme, même culot, même côté tendre qui l'incite à s'attacher à ses clients, même la secrétaire attirante y est. Sauf que bien entendu, l'histoire de Tom Stein est traitée sur le ton de la comédie au lieu du drame, même si, quand on y regarde d'un peu plus près, elle est clairement plus dramatique dans les faits. 

Comme pour "The Android Dream", le roman est basé sur l'humour loufoque présenté sérieusement. C'est d'ailleurs très réussi : l'idée principale est celle d'une espèce extra-terrestre qui a découvert l'humanité en piratant ses émissions télés et qui se rend compte que, s'ils se présentent tels qu'ils sont, il ne vont franchement pas faire un carton... Quelques autres détails sont aussi particulièrement amusants (le rôle du "chien", le cube transparent, la communication par les odeurs...) mais on est loin de la folie dans "The Android's Dream" qui sortait une nouvelle idée loufoque toutes les dix pages. 

Un autre défaut au niveau du "scénario", c'est la fin, un peu téléphonée. Dès le dernier tiers, j'avais compris comment le héros allait se tirer de sa situation compliquée, avant que lui-même en ait l'idée... et c'est quand même dommage. D'ailleurs tout se termine un peu trop bien, un peu comme un conte de fée où forcément le prince va retrouver la princesse et la sorcière va être mise hors d'état de nuire. 

En résumé, il s'agit là d'un excellent roman d'aventure avec quelques bonnes idées loufoques et un humour assez réussi ; s'il n'égale pas "The Android's Dream" dans l'originalité, et si la fin un peu moins réussie trahit la maladresse d'un premier roman, c'est quand même un plaisir à lire. Je l'ai dévoré en audiolivre en anglais, et la lecture de Will Weaton est très agréable, d'autant plus qu'on identifie bien sa voix avec celle du héros qui a le même âge et la même vivacité. Si vous avez envie de combiner de la science-fiction, une intrigue prenante et un peu d'humour, c'est ce roman qu'il vous faut. 


Pour en savoir plus : 
- la fiche Bibliomania du livre
- acheter ce livre sur Amazon
- l'écouter sur Audible (en VO)


The Android's Dream, de John Scalzi


Je vous le dis tout de suite : je pense que ce livre est LE coup de coeur de l'année 2015 (il était donc temps que je vous en parle !).  De la science-fiction, de l'humour, de la politique, de l'action, tout ce qu'il faut pour me rendre heureuse...


Résumé :

Lors de négociations commerciales entre les humains et des Nidu, représentants d'une petite planète peu importante au niveau galactique mais malgré tout bien plus puissante que la Terre, un diplomate terrien provoque un grave incident. Seul moyen d'éviter une guerre interplanétaire que les humains sont certains de perdre : retrouver un exemplaire d'une race de moutons dont les Nidus ont besoin pour une cérémonie de couronnement. La tâche est confiée à Harry Creek, ancien soldat et informaticien de génie, qui se rend vite compte que ce sera bien plus compliqué et bien plus dangereux que prévu...


Mon avis :

Ce roman, c'est sans contexte LA bonne surprise de cette année. Et non, je n'exagère pas ; tous les ingrédients y sont. D'abord, il s'agit d'un roman que je ne connaissais absolument pas ; j'ai acheté cet audiolivre uniquement parce qu'il était en promotion sur Audible il y a quelques mois (5 dollars si je me souviens bien, une affaire), qu'il était de l'auteur John Scalzi que je voulais découvrir depuis longtemps (j'ai entendu beaucoup de bien de son roman "Le vieil homme et la guerre"), et qu'il était narré par le fameux Will Wheaton (acteur dans Star Trek et dans The Big Bang Theory, et narrateur à la voix très plaisante). J'ai probablement lu le résumé au moment de l'achat mais depuis lors je l'avais complètement oublié et il traînait dans ma PAL audio où je l'ai repêché au hasard après avoir terminé "Docteur Sleep". Je m'attendais à être déçue vu que je venais d'enchaîner plusieurs audiolivres que j'avais adorés... et en fait, j'ai été happée immédiatement par une histoire qui m'a surprise de la première à la dernière phrase.

Une des choses qui m'a complètement prise au dépourvu, c'est l'humour de ce récit. C'est un humour pince-sans-rire, où les détails les plus insolites s'insèrent dans une histoire très sérieuse avec un réalisme qui les rend encore plus incongrus. Dès le départ, le ton est donné : un diplomate humain à tendance anarchiste s'organise pour provoquer un incident diplomatique... en se faisant greffer dans le c... colon une machine à faire des pets aux odeurs calculées pour incommoder particulièrement un diplomate Nidu. A ce moment-là je pensais tomber sur une histoire gratuitement vulgaire et d'un humour douteux, mais pas du tout, car derrière tout ça il y a une logique implacable : on nous explique que les Nidus sont beaucoup plus sensibles aux odeurs que les humains, au point qu'ils ont développé un langage basé là-dessus. Il y a déjà eu des incidents où le déodorant ou le parfum d'un humain a provoqué de gros malentendus entre les deux races, mais cette fois-ci, notre anarchiste a décidé de pousser tout ça beaucoup plus loin en utilisant la petite machine qui lui permet de produire des odeurs précises qui, dans le langage odorant des Nidus, vont insulter directement un diplomate puissant et particulièrement susceptible. Avouez que c'est bien trouvé, et ce n'est que le tout début !

Après il y a aussi l'histoire de la secte basée sur une arnaque reconnue par tous mais qui est quand même devenue une véritable religion, l'histoire du mouton indispensable au couronnement d'un nouveau roi (dont la race s'appelle "The Android's Dream", un jeu de mot que les protagonistes ne comprennent pas mais qui fera sourire tous les fans de science-fiction), l'histoire de l'espion qui transmet les informations qu'il recueille en achetant des bonbons dans un distributeur, celle du tueur à gage qui assassine ses victimes en les digérant, et bien d'autres petites idées qui s'inscrivent parfaitement dans l'intrigue, qui sont logiques, justifiées, et en même temps tellement absurdes que c'est un vrai régal.

Tout ceci fait donc partie d'une intrigue très bien construite et surprenante par son côté technique. Il est beaucoup question d'intelligence artificielle, par exemple, et l'un des protagonistes les plus importants est un assistant virtuel d'origine humaine dont on nous explique les actions avec beaucoup de détails crédibles (à mes yeux innocents). Ca devient carrément technique à certains moments, et c'est un vrai régal pour les amateurs de hard science-fiction. Il y a aussi un gros aspect géo-galactico-politique avec des retournements de situations, des manœuvres cachées qui dissimulent des entourloupes, quelques réflexions juridiques étonnamment ingénieuses et toutes sortes de magouilles à plusieurs niveaux que l'on découvre au fur et à mesure. Après son début sur les chapeaux de roues, ce roman ne nous laisse aucun répit : sur une courte période (une grosse semaine si je ne me trompe pas), nos héros vont vivre des scènes d'action haletantes, une course-poursuite pleine de surprises et plusieurs dénouements improbables en succession rapide.  C'est complexe et on ne s'y perd pas ; c'est réaliste et surprenant ; c'est très technique et raconté de façon parfaitement accessible ; c'est sérieux et plein d'humour... C'est un cocktail incroyable.

Je pourrais probablement vous en parler encore longtemps mais ne serait-ce qu'en exposant mon enthousiasme, je vous retire la surprise qui a fait une bonne partie du charme de cette découverte. En résumé : je me suis régalée. Il y a dans ce roman tout ce que j'aime et plus encore.  "Le vieil homme et la guerre" a soudainement glissé tout en haut de ma PAL et j'en attends beaucoup, car si "The Android's Dream" a eu moins de succès que celui-là, je me demande quelle bombe ça doit être !


Pour en savoir plus :


La huitième fille, de Terry Pratchett


Après être tombée par hasard sur un très bête article qui dénigrait l'oeuvre de Terry Pratchett, j'ai eu envie il y a quelques semaines de continuer ma lecture de la série du Disque-Monde. Voici donc le troisième tome...


Résumé :

Normalement, lorsqu'un mage est sur le point de mourir, la magie lui indique un successeur, le huitième fils d'un huitième fils. Sauf quand la magie se trompe... et que le successeur est une fille.  Et les mages sont toujours des hommes, les filles deviennent des sorcières, tout le monde sait ça. Sauf la petite Eskarina, qui est bien décidée à utiliser les pouvoirs dont elle a hérité par erreur.


Mon avis :

Le Disque-Monde fait partie de mes lectures-doudou, le genre de choses vers lesquelles je me tourne quand j'ai envie de lire quelque chose de sûr, quelque chose de court et de facile, quelque chose qui me divertira et me permettra de m'échapper sans risque de déception. C'est pourquoi je me les garde bien au chaud ; je n'ai lu que quatre volumes de la série qui en compte 41 et pourtant je me les garde pour les moments où j'en ai vraiment besoin. Mais vous pouvez être sûrs que, petit à petit, vous les découvrirez sur ces pages...

Voici donc le troisième tome (j'ai récemment chroniqué le quatrième, "Mortimer", lu en lecture commune). Je l'ai découvert en anglais ; même s'il est probable que je rate certaines références culturelles purement britanniques et même si la traduction française est excellente (un véritable tour de force, en fait), je préfère commencer par la version originale.

Après deux volumes consacrés à Rincevent et Deuxfleurs, voici le premier de la série où ils n'apparaissent pas du tout. A la place, on a Eskarina, une petite fille qui n'a peur de rien et qui a hérité par erreur de pouvoirs magiques, et Mémé Ciredutemps, la sorcière qui l'a mise au monde et essaie de la protéger. Comme d'habitude, les personnages sont truculents : si Eskarina est surtout remarquable parce qu'elle n'a pas froid aux yeux, Mémé Ciredutemps est le prototype de la vieille dame un peu acariâtre, très pragmatique, avec au fond un très bon coeur.  Je sais que je la rencontrerai à nouveau plus tard dans la série et ce sera un vrai plaisir, tant elle est un joli mélange de petits défauts et de grandes qualités.

Le thème central de ce roman est mieux présenté dans le titre anglais, "Equal rites", un jeu de mots entre "equal rights" (égalité des droits, donc égalité des sexes) et "rites", les rituels. Car il s'agit d'un très joli récit féministe, au fond ; avec son humour très particulier, Pratchett se moque des préjugés qui entourent les deux sexes. Sans cesse on répète à Eskarina qu'une femme ne peut pas devenir mage, que c'est une idée ridicule... et quand elle demande naïvement pourquoi, personne ne peut lui donner une réponse qui ait un sens. On lui explique qu'elle peut devenir sorcière et que c'est un métier tout à fait respectable, mais juste après on explique que les sorcières sont moins bien considérées que la plus basse classe des mages.  Mémé Ciredutemps en particulier est confrontée à ses préjugés : persuadée qu'une fille ne pourra jamais devenir mage, elle fait de son mieux pour canaliser Eskarina vers la carrière de sorcière, mais doit au fur et à mesure se rendre à l'évidence : sa place est sur les bancs de l'Université de l'Invisible.

A côté de ça, on a, comme d'habitude, toute une série d'aventures, beaucoup de rigolades, et de façon un peu surprenante, un monde bien plus bienveillant que celui des deux premiers tomes. J'ai terminé ce roman en une journée et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Je regrette juste qu'on n'en apprenne pas plus sur l'avenir d'Eskarina ; je sais qu'on ne la croisera que de façon très courte dans la suite des romans, mais son statut de mage féminin aurait pu en faire un sujet intéressant à suivre dans d'autres aventures. Par contre, je serai ravie de retrouver Mémé Ciredutemps et son pragmatisme, son talent pour la magie et pour exploiter la crédulité de ses semblables.


Pour en savoir plus :


Mortimer, de Terry Pratchett


Voici encore une chronique qui attendait depuis trop longtemps sa publication... Ce roman était la lecture de mai du Cercle d'Atuan, en hommage à son auteur décédé récemment, et ça tombait très bien : j'avais envie de le lire depuis très longtemps !


Résumé :

Sur le Disque-Monde, c'est la Mort (personnage masculin au squelette terrifiant dans lequel percent deux yeux bleus brillants) qui récolte les âmes des pauvres ères qui ont fait leur temps. Même s'il ne se déplace personnellement que pour les sorciers et les princes, la Mort est débordé et voudrait s'offrir un peu de bon temps. C'est pourquoi il engage le jeune Mortimer, un fils de paysan un peu fantasque. Qu'est-ce que ça veut dire, être apprenti de la Mort ? Ca signifie découvrir son repaire hors du temps, manier la faux magique, et surtout, beaucoup de possibilités de faire de grosses, très grosses bêtises...


Mon avis :

Je savais en commençant ce roman que ce serait un vrai plaisir à lire. Je n'ai lu que les deux premiers tomes de la série du Disque-Monde, et je les avais déjà adorés ; le consensus général étant que "Mortimer" est l'un de meilleurs volumes de la série, je m'attendais à être conquise. Et pour une fois, malgré mes attentes, je n'ai pas été déçue !

Je l'ai lu en anglais, je n'ai donc pas d'avis particulier sur la traduction, mais je sais qu'elle est généralement très réussie. Le premier piège qu'a dû éviter le traducteur est dans le titre : la version originale s'intitule "Mort", le diminutif de Mortimer et une référence évidente au mot français qui est utilisé en anglais dans certains contextes très spécifiques. Du coup le titre français a repris le prénom en entier et utilise "Morty" comme diminutif. Voici un petit exemple de la subtilité des jeux de mots extrêmement fréquents dans les romans de Terry Pratchett ; il est fort probable que j'en ai raté un bon nombre, mais je n'ai eu aucun problème à comprendre le texte dans sa langue originale. 

Le charme de Pratchett a deux facettes : une imagination débordante pour l'intrigue et un style humoristique inimitable. L'intrigue est très réussie : c'est un concentré d'aventure qui emprunte des tas de clichés pour les retourner de façon à nous surprendre. La Mort par exemple, on l'imagine très bien avec sa cape, sa faux, son regard terrifiant, le désespoir qui l'accompagne... sauf qu'au lieu de le prendre tel qu'il est, un personnage d'horreur, Pratchett en fait un chef d'entreprise, un fonctionnaire, le père un peu débordé d'une adolescente difficile, et surtout un grand curieux qui a envie de découvrir les plaisirs humains. Tout de suite, ça détonne !  C'est aussi le début d'une intrigue pleine de rebondissements où notre héros, l'apprenti Mortimer, sera vite débordé par les conséquences d'une fausse manoeuvre impulsive... Les pages se tournent comme celles d'un conte plein d'aventures, et en-dehors d'une fin où quelques aspects m'ont un peu déçue, c'est un récit qu'on n'a pas envie de lâcher une fois qu'on l'a commencé.

Quant au style narratif, il est inimitable. L'humour, c'est quelque chose qui plaît ou qui ne plaît pas, c'est très personnel ; je n'ai pas vraiment adhéré à celui de Douglas Adams, un autre auteur anglais célèbre pour ses romans de science-fiction humoristique, mais par contre j'adhère sans réserve à celui de Terry Pratchett. Je ne ris pas à toutes les pages, mais le sourire y est toujours. L'auteur a notamment un talent particulier pour les descriptions, il ne cesse d'inventer des métaphores amusantes et éclairantes à la fois ; il parvient ainsi à rendre ce roman très visuel.  En plus de ça, il ne se contente pas d'utiliser le langage pour parvenir à ses fins, il emploie aussi des ressources inexplorées de la typographie. Par exemple, la Mort s'exprime toujours en lettres capitales, ce qui lui donne une majesté inattendue, permet de jouer avec le contraste entre le sérieux de la police et la frivolité des propos, et permet aussi de faire passer des informations supplémentaires au coeur de l'intrigue (je vous laisse découvrir de quoi il s'agit). Il n'hésite pas non plus à utiliser des procédés qui s'approchent de la BD, comme par exemple 
"..." dit-il.
Ca doit être un vrai cauchemar pour les narrateurs d'audiolivres ! 

Bref, voilà un roman de divertissement parfait : il vous fera passer un excellent moment, le genre de choses qu'il faut lire quand on n'a pas trop le moral. D'après des co-lecteurs qui ont entamé la découverte du Disque-Monde avec ce roman, ne pas avoir lu les épisodes précédents n'est pas du tout un problème. Il s'adresse donc à tout le monde, et si je ne peux pas garantir que l'humour de Pratchett sera celui qui vous convient, je peux vous garantir que ça vaut vraiment la peine d'essayer ! 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- les avis de mes co-lecteurs (à venir)
- acheter ce livre sur Amazon


Jésus contre Hitler (l'intégrale) de Neil Jomunsi


"Jésus contre Hitler", c'est une série de quatre épisodes en format ebook dont on a pas mal parlé sur la blogosphère. Alors, est-ce que le contenu est à la hauteur du titre alléchant ?


Résumé : 

"Nous sommes à la fin des années 1960 et David Goldstein, l’un des fleurons des armées de l’Oncle Sam, est recruté par l’Agence B., peut-être l’organisme le plus secret et le plus étrange du gouvernement américain. Là, il va faire la connaissance de son nouveau collègue et surtout découvrir que l’un des pires criminels de l’histoire n’est pas aussi mort que le grand public ne le croit."
(résumé d'Herbefol)


Mon avis :

Voici une série qui me chatouillait la curiosité depuis quelques temps déjà. Les copines Thalia, Iluze et Helran avaient lu et commenté le premier tome et en parlaient comme d'un divertissement décalé plutôt réussi. Le titre promettait quelque chose de complètement barré, plein d'ironie et d'humour, mais l'humour justement c'est quelque chose de périlleux et j'avais très peur que cette série, à force de chercher l'originalité à tout prix, devienne vite pénible. Il n'empêche que "Jésus contre Hitler" restait en bonne place dans ma wishlist, alors quand Neil Jomunsi a proposé l'intégrale gratuitement à l'occasion du Ray's Day, je n'ai pas hésité. 

Je dois avouer qu'au début, j'ai eu peur de voir mes craintes confirmées. Le premier tome est un peu... brouillon, disons, et je ne savais pas trop sur quel pied danser. Le héros, David, est engagé par une agence gouvernementale ultra-secrète dont le patron a un look de hippie et s'appelle John ; il n'explique rien à David qui passe son temps à se faire entraîner dans des situations très bizarres sans rien comprendre à rien, au point qu'il en devenait presque agaçant. D'autant plus que nous, lecteurs, on en sait déjà beaucoup rien qu'à cause du titre de la série et de l'épisode, ce qui nous met dans la situation un peu bizarre d'en savoir plus que le narrateur. L'action est très, très rapide ; la mission n'est pas préparée, les deux parties sont sensées être de grands héros guerriers mais se comportent comme des amateurs, et tout se dénoue en quelques dizaines de pages. Mais surtout, pendant tout ce tome je me demandais comment il fallait que je prenne tout ça : comme un récit d'aventure façon série B ou comme un roman humoristique ? Certains passages sont perturbants, comme celui-là, dont la dernière phrase me laisse encore perplexe :
Dévaler un genre de toboggan à toute vitesse dans l'obscurité... voilà ce qui attendait les deux comparses lancés à la poursuite du plus célèbre psychopathe antisémite de tous les temps. Cela aurait pu ressembler à un après-midi au parc d'attractions, mais il s'agissait d'une mission secrète pour maintenir la paix dans le monde civilisé : il faut savoir reconnaître une priorité lorsqu'elle s'impose à vous. 
En fait il m'a fallu arriver à un autre passage pour obtenir la réponse :
"Jésus, et puis maintenant Hitler... j'ai l'impression d'être le héros d'un de ces mauvais romans vendus à la sauvette par des escrocs et achetés en cachette par des abrutis..."
Voilà donc ce que c'est : c'est un roman d'aventure qui reprend les codes des films et roman de gare sur le mode espionnage et action, pour les tirer dans tous les sens jusqu'à les ridiculiser et les rendre amusants grâce à une bonne dose d'auto-dérision. L'équivalent de "The expendables" pour les films. Y-compris tous les "guest stars" qu'on croyait trop vieux et trop usés ou bien trop respectables que pour jouer un rôle pareil. 

En parlant des "guest stars", Neil Jomunsi ne se prive de rien et Jésus et Hitler ne sont pas les seuls personnages connus que l'on croise. Et il les torture d'une façon qui est dans certains cas assez hilarantes (je pense à un petit animal de compagnie, ceux qui ont lu l'intégrale comprendront). Quant au rythme de l'intrigue qui m'avait paru trop rapide dans le premier tome, il reste rapide dans les suivants mais les épisodes sont plus longs et le scénario beaucoup plus approfondi, ce qui manquait au premier.

En résumé, c'est bien ce que pensaient les copines : un très chouette divertissement, amusant, entraînant, facile à lire et original, de quoi lire dans les transports en commun par exemple (testé et approuvé), bon marché (1,50€ par épisode et 3,50€ pour l'intégrale), le genre de choses qu'on peut caser par petites doses de quelques minutes. On ne s'ennuie pas, on sourit souvent, et ce mélange des genres est finalement assez réussi. Neil Jomunsi a réinventé le roman de gare et il a eu bien raison !


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
- la chronique d'Herbefol, très bien écrite et très juste
- acheter ce livre

L'analphabète qui savait compter, de Jonas Jonasson


Et voici un autre goal pour la Coupe du Monde des Livres (j'ai bon espoir que ce ne sera pas le dernier) : un roman dont j'attendais beaucoup après avoir adoré son grand-frère !


Résumé :

Née à Soweto pendant l’apartheid, Nombeko Mayeki commence à travailler à cinq ans, devient orpheline à dix et est renversée par une voiture à quinze. Tout semble la vouer à mener une existence de dur labeur et à mourir dans l’indifférence générale. Mais Nombeko est un petit génie qui s'initie en un temps record aux calculs les plus compliqués, acquiert les connaissances d'un ingénieur atomique et s'intéresse à la politique internationale. Et c'est comme ça qu'un jour, elle se retrouve en Suède avec une bombe atomique clandestine sur les bras.


Mon avis :

J'ai acheté ce roman (sur internet) directement après avoir terminé "Le vieil homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire (et se fit la malle)" du même auteur, dont j'avais adoré l'humour absurde et le côté "Forrest Gump" de l'intrigue. Ce nouveau roman avait l'air d'être tout à fait semblable : il partageait le même titre compliqué (et très librement traduit en anglais), la couverture divisée en cases et le résumé absurde. Je m'attendais donc à un autre moment de plaisir intense et de sourires nombreux...

Première déception : les deux livres, du même éditeur, tous deux en "poche" (soft cover), aux couvertures qui s'accordent... ont quelques centimètres de différence. Grmph. Ca a l'air d'un détail mais les bibliophiles me comprendront : c'est d'un frustrant innommable ! Mes romans sont classés par taille dans ma bibliothèque et soit je mets les deux frères sur deux étagères différentes, soit j'en ai un qui passe la tête par-dessus celle de ses voisins. Merci monsieur l'éditeur !

Deuxième déception : ce roman est loin de m'avoir autant emballée que le précédent. L'humour est du même genre mais pas du tout aussi comique. L'intrigue est tout aussi rocambolesque, mais moins mouvementée, moins dispersée dans l'espace (on se limite ici à l'Afrique du Sud et la Suède), elle contient moins d'action et au contraire plus de moments de status quo un peu ennuyeux. Quant aux personnages, Mombeko est très attachante mais il y avait un côté vraiment inimitable chez Allan Karlsson, ce petit vieux en charentaises prêt à parcourir le monde... Et si les personnages secondaires sont tous très particuliers, comme dans l'autre roman, ils sont un peu plus difficiles à cerner, je trouve. Holger 1 notamment semble à la fois idiot et raisonnable dans sa façon de se comporter, tandis qu'Holger 2, pourtant intelligent, gaspille plus de vingt ans avant de faire face au problème le plus important de sa vie. Enfin, ce roman-ci tourne beaucoup plus autour de la Suède, avec de nombreuses références à son histoire politique qui doivent probablement faire rire le lectorat suédois mais que les lecteurs étrangers auront du mal à apprécier.

Bref, je n'ai pas été séduite par ce roman. Il souffre bien entendu de la comparaison avec son grand frère, mais si je n'avais pas lu "Le vieil homme qui ne voulait pas fêter son anniversaire", je me serais quand même un peu ennuyée en lisant celui-ci. Ceci dit je continue à apprécier l'humour de Jonas Jonasson et je suivrai son actualité en espérant qu'il arrive à recréer l'ambiance extraordinaire de son premier roman !


Pour en savoir plus :
- l'avis de nanajoa, qui partage ma déception, celui de Mithrowen, qui recommande ce livre comme une lecture-détente qui fait rire, et celui de Dolphyone, qui elle l'a trouvé beaucoup mieux que le premier roman de l'auteur.
- acheter ce livre sur Amazon (en français)


Quatrième but à la Coupe du Monde des Livres ! I'm ze best :)

Le petit monde de Don Camillo, de Giovannino Guareschi


Vous connaissez le personnage, connaissez-vous le livre qui l'a vu naître ?


Résumé :

Don Camillo est le curé du petite village de Brescello, dans le fin fond de l'Italie. La seconde guerre mondiale n'est terminée que depuis quelques années, et la plus grande force politique du village est le communisme représenté par son chef charismatique et anticlérical, le maire Peppone. Don Camillo et Peppone veillent chacun à leur façon sur les villageois et s'affrontent le reste du temps, à coups de mots, de processions et parfois à coups de poings. Quand il a besoin de conseils, Don Camillo s'adresse au Jésus dans son église qui n'hésite pas à lui répondre avec sagesse. D'affrontements en causes communes, les deux gaillards rythment la vie du village de leurs aventures.


Mon avis :

Qui ne connaît pas Don Camillo, le fameux curé interprété avec brio par Fernandel ?  Eh bien, moi : je connais le personnage, mais je n'ai jamais regardé un de ces films. Du coup, je suis arrivée toute fraîche devant ce livre qui m'est tombé sous les yeux tout à fait par hasard.

Le roman est divisé en chapitres très courts qui racontent chacun une petite aventure, avec comme effet général qu'on peut les grignoter séparément en très peu de temps. Il n'y a pas d'introduction (à part une présentation de l'auteur qui en elle-même vaut le détour), on rentre de plein pieds dans la vie du village, dans la confrontation entre Don Camillo et Peppone et l'on découvre brutalement la drôle d'habitude qu'a Don Camillo de parler en direct avec le Christ de son église.  Je ne connaissais pas cet aspect original (quand je vous dis que je n'ai pas vu les films !) et la première fois où Jésus a répondu, j'ai cru avoir mal lu !  C'est surprenant.

Du coup on se retrouve dans une espèce de carré (un triangle à quatre, si vous préférez) : Don Camillo - Peppone - Jésus - le village.  Dans chaque histoire, le rapport de force est différent : souvent il s'agit de Don Camillo vs Peppone avec le village qui change de camp suivant les circonstances et Jésus qui arbitre, mais de temps en temps on retrouve Don Camillo ou Peppone face aux trois autres, ou bien Don Camillo et Peppone unis face aux bêtises de leurs concitoyens. Et parfois, c'est plus dramatique que comique, surtout dans les dernières histoires.

Finalement, l'aspect le plus plaisant, en-dehors de l'humour omniprésent, c'est la plongée dans un petit village italien peu après la deuxième guerre mondiale. On y retrouve les séquelles de la guerre (notamment les armes cachées partout), un milieu politique chamboulé et très divisé, la rébellion des hommes politiques face à la religion qui était omniprésente, et les Italiens pragmatiques, ombrageux, têtus ou tout simplement adorables... Une belle pièce de théâtre en huis-clos jouée par des acteurs hauts en couleur, voilà ce qu'est ce recueil de petites histoires ! 


Pour en savoir plus :
- la fiche Bibliomania du livre
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Le Guide du voyageur galactique, de Douglas Adams


Et s'il ne restait de la Terre qu'un Anglais muni d'un Guide touristique de la galaxie ?


Résumé :

Comment garder tout son flegme quand on apprend dans la même journée : que sa maison va être abattue dans la minute pour laisser place à une déviation d'autoroute ; que la Terre va être détruite d'ici deux minutes, se trouvant, coïncidence malheureuse, sur le tracé d'une future voie express intergalactique ; que son meilleur ami, certes délicieusement décalé, est en fait un astrostoppeur natif de Bételgeuse, et s'apprête à vous entraîner aux confins de la galaxie ? Pas de panique ! Car Arthur Dent, un Anglais extraordinairement moyen, pourra compter sur le fabuleux Guide du voyageur galactique pour l'accompagner dans ses extraordinaires dérapages spatiaux moyennement contrôlés.


Mon avis

Voilà un roman qui a une genèse un peu particulière, joliment détaillée dans la préface de mon édition. Il est parti d'un petit rêve bien arrosé de l'auteur un soir où il regardait les étoiles, perdu et fauché quelque part en Europe ; il se poursuit des années après avec une émission radiophonique qui invente le genre "science fiction humoristique"; il continue au travers de disques, de livres, et plus tard d'un film connu (que je n'ai pas vu).  Plus qu'une série, Le Guide du voyageur galactique (H2G2 pour les intimes) est carrément une franchise.
Le fil conducteur ce sont les personnages incroyables, l'aventure galactique et l'humour particulier de Douglas Adams. Un humour qui commence dès la couverture de la superbe édition hard cover en VO que je me suis offerte, et qui nous présente son contenu comme "une trilogie en cinq volumes".  Je précise que pour le moment je ne vais vous parler que du premier volume, celui qui donne son titre à la "trilogie".

On parle souvent de "l'humour anglais", et c'est clair qu'il existe un certain humour britannique, caractérisé par l'absurde pince-sans-rire. Mais là-dedans il y a énormément de variantes. Mon spectre va de Terry Pratchett, qui me fait éclater de rire à chaque page (il faut que je vous le chronique un jour !), à Benny Hill, qui n'obtient de moi que des soupirs consternés. Si vous me promettez de ne pas le répéter, je vous avouerai avec un peu de honte que les quelques films des Monty Pythons que j'ai vu il y a longtemps m'ont si peu fait sourire que je n'ai pas voulu renouveler l'expérience... Autant dire que je ne suis pas une lectrice facile. Je ne me suis frottée à l'humour de Douglas Adams qu'après avoir offert ce livre à mon amoureux, à qui il plaira beaucoup je pense, et parce que j'en avais entendu énormément de bien.

Pour résumer mon sentiment en quelques mots, je dirais que je me suis bien amusée, mais pas au point d'avoir envie de me jeter sur le deuxième tome. L'originalité est incontestable et vraiment rafraîchissante, la façon de voir la galaxie que nous propose Douglas Adams apporte de nouvelles surprises d'un chapitre à l'autre. C'est déjanté, il n'y a pas d'autre mot, mais pas non plus impossible appréhender (sauf peut-être le fonctionnement du vaisseau spatial basé sur les probabilités, qui m'a un peu dépassée). L'intrigue est aussi un concentré d'aventures qui s'enchaînent de façon rapide, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Mais bon, dans tout ceci c'est l'humour qui lie la sauce, et je n'ai pas adhéré à 100%. C'est un sentiment difficile à exprimer évidemment ; pourquoi telle blague nous fait rire et telle autre, non ? Ce roman est plein de traits d'humour qui sont pour la plupart bien trouvés, bien amenés et bien traités, mais peu m'ont vraiment fait sourire. Le fait que cet humour soit destiné à un public britannique (avec quelques aspects difficile à apprécier par les étrangers, à commencer par le nom de Ford Prefect) a peut-être joué. Mais c'est surtout une question de personnalité.

Bref, j'ai pris plaisir à lire cette histoire et j'y retournerai dès que mon planning lecture me le permettra, je le conseille sans hésitations, mais je ne suis pas aussi dithyrambique que d'autres lecteurs ; j'ai trouvé ça amusant et original, pas transcendant.  Il paraît que le livre est mieux que le film mais je ne peux pas juger.  Rendez-vous au prochain tome pour un avis plus réfléchi !


Pour en savoir plus :

Martiens, go home ! de Fredric Brown


Retournons tout doucement vers la science-fiction avec un petit roman humoristique...


Résumé :

Luke Devereaux, auteur de science-fiction en panne d'inspiration, emprunte la cabane d'un ami au milieu du désert pour tenter de relancer son imagination. Le soir, après quelques whiskies, une idée lui vient : et si des petits hommes verts venaient nous rendre visite ?  Et voilà qu'on frappe à la porte de la cabane : un petit homme vert est là et bien là, un parmi des milliards. Ils viennent de Mars, ils sont partout, ils ne peuvent pas faire de mal aux humains et ils n'ont visiblement qu'un seul but : empoisonner la vie de toute l'humanité.


Mon avis :

Voilà un livre que j'ai lu complètement par hasard quand j'étais enfant après l'avoir découvert dans la bibliothèque de mes grands-parents. Il m'avait laissé une bonne impression et, suite à un Top Ten Tuesday qui me l'a remis en tête, j'ai entrepris de le relire pour découvrir la version originale et pour voir si mon avis avait changé avec le temps.

Résultat : mon avis reste le même, c'est bien une lecture franchement sympathique et tout à fait inattendue. De la science-fiction humoristique, Fredric Brown n'est pas le seul à en proposer, mais il fait ça très bien.

Le meilleur aspect du livre d'après moi c'est l'arrivée des Martiens et ses conséquences.  C'est à la fois très cliché et très original : pas de vaisseaux spatiaux, pas d'invasion sanglante ni de combats interplanétaires. Les petits hommes verts sont petits, verts, nombreux, ont des grandes oreilles, la capacité de se téléporter instantanément n'importe où, de voir dans le noir et à travers les murs. Ils sont immatériels, on ne peut les toucher et ils ne peuvent nous toucher, donc a priori nous faire du mal. Par contre ils peuvent parler et faire du bruit, et ils ne s'en privent pas. Ils sont apparus un jour, refusent de dire pourquoi ils sont là ni combien de temps ils resteront. Apparemment, la seule raison de leur visite sur la Terre, c'est de rendre l'humanité folle.  Ils racontent tous les secrets, se moquent de tout et de tous, regardent tout et commentent tout. Impossible de les faire taire ni de les faire partir. Ils sont littéralement insupportables.

L'auteur va assez loin dans la description des effets de la présence des Martiens (toujours sur le ton de l'humour) : l'espionnage n'est plus possible, toutes les guerres s'arrêtent, de larges pans de l'économie s'effondrent puisqu'ils n'est plus possible de réaliser le moindre programme de télé, radio ou cinéma par exemple, tous les secrets sont révélés, tous les mensonges sont percés, les humains doivent s'habituer à être observés à tout moment, même les plus intimes... Bref, la vie change entièrement et il faut soit s'habituer, soit devenir fou de frustration. Et au milieu de ce chaos on suit Luke Devereaux, qui s'en sort mieux que d'autres.

Bref, c'est un récit dynamique et amusant qui se lit rapidement et fait régulièrement sourire. Le roman est un peu daté : il est situé en 1964 (mais a été écrit en 1955) et ça se sent. Le héros a aussi une furieuse tendance à boire plus que de raison, ça devient répétitif et un peu désagréable. Mais rien n'est pris au sérieux et ce mélange de science-fiction surannée et d'humour est assez dépaysant au final.


Pour en savoir plus :
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La huitième couleur, de Terry Pratchett

J'ai lu ce livre il y a un an ou deux, à l'époque où je n'avais pas de blog, et lorsque j'ai vu une lecture commune se profiler, je me suis dit que ce serait une bonne occasion pour le relire et le commenter.  Mauvaise idée : me voici avec un billet publié deux jours en retard... Ce qui ne m'empêche pas de vous donner mon avis !


Résumé :

Dans un monde en forme de disque porté par quatre éléphants debout sur le dos d'une tortue voguant dans l'espace intersidéral, les choses sont forcément un peu bizarres.  La magie fuit de partout, vaguement maîtrisée par des mages formés à l'université ; les Dieux jouent au monopoly avec leurs administrés comme pions ; les villes sont désordonnées et soumises à la loi du plus fort, tandis que les campagnes sont pleines d'êtres aussi étranges que dangereux.  Rincevent, mage renvoyé de l'université avant d'avoir obtenu son diplôme, se débrouille pour passer inaperçu au milieu de tout cela.  Jusqu'au jour où son destin se trouve lié à un petit homme enthousiaste venu d'un autre continent : un touriste... 


Mon avis :

Vous savez ce que c'est, de la fantasy humoristique ?  Si la réponse est non, achetez-vous tout de suite un Pratchett.  Et si la réponse est oui, achetez-vous quand même un Pratchett : il est sûrement bien meilleur que tout ce que vous connaissez.  Tant que vous y êtes, procurez-vous "The color of magic" ou "La huitième couleur", qui est le premier de sa série - la plupart des épisodes des aventures du Disque-Monde peuvent se lire indépendament les uns des autres, mais pourquoi pas commencer par le début...

Ce qui porte ce livre, ce qui le rend inimitable, c'est sans aucun doute l'humour.  Il en faut une sacré dose pour imaginer un monde aussi loufoque, aussi ironique que le Disque-Monde.  L'auteur revisite les thèmes les plus éculés de la fantasy, les mélange, les écornes, et les dépose en désordre sur le plateau de jeu qu'il s'est créé. C'est ébouriffant, c'est le moins qu'on puisse dire. Les héros deviennent des imbéciles fonctionnaire du pillage, les dieux de grands joueurs qui s'ennuient, la magie une espèce de ressource naturelle plutôt dangereuse qu'utile, les mages des vieux idiots empoisonnés par les vapeurs de mercure... Rien n'est prévisible, tout est nouveau et sympathique.

Humour aussi, et surtout, dans le style.  C'est absolument décapant et inimitable. Comme un humour est toujours impossible à décrire, je vous propose un petit exemple, issu de l'introduction de mon édition par l'auteur :
"If I had a penny for every time someone asked me where I got the idea of the Discworld, I'd have - hang on a moment - £ 4.67.
Anyway, the answer is that is was lying around and didn't look as though it belonged to anyone.
The world rides through space on the back of a turtle. It's one of the great ancient myths, found wherever men and turtles were gathered together; the four elephants were an Indo-European sophistication. The idea has been lying in the lumber rooms of legend for centuries. All I had to do was grab it and run away before the alarms went off."
 Ou, autrement dit :
Si j'avais reçu un penny à chaque fois que quelqu'un m'a demandé d'où m'est venue l'idée du Disque-Monde, j'aurais - un petit moment - £ 4.67.
De toutes façons, la réponse est que l'idée traînait et avait l'air de n'appartenir à personne.
Le monde navigue à travers l'espace sur le dos d'une tortue.  C'est l'un des grandes mythes anciens, que l'on trouve dans tous les endroits où hommes et tortues ont été rassemblés ; les quatre éléphants sont une sophistication indo-européenne.  Cette idée se trouvait dans les greniers des légendes depuis des siècles.  Tout ce que j'avais à faire était l'attrapper et m'enfuir en courant avant que les alarmes ne se déclenchent.

J'espère que ça vous donne une petite idée du sens de l'humour Pratchettien : factuel, terre-à-terre, jouant sur les mots et bourré de métaphores des plus originales.  Il enrobe chaque phrase et chaque personnage, jonglant avec les clichés, alternant des descriptions très - trop - conventionnelles des romans d'aventure et de fantasy avec des passages ironisant sur ces clichés. 

L'aventure est présente sans arrêt, on n'a pas une page de calme dans le tourbillon des péripéties qui entraînent Rincevent et le touriste, Deux-Fleurs, d'un bout à l'autre de leur monde.  C'est parfois un peu précipité et par moment j'ai eu l'impression que c'était un peu trop : ils tombent d'une catastrophe à une autre sans aucune prise sur les événements (la plupart du temps) et en fin de compte, le trop-plein d tension atténue l'impatience du lecteur.  Mais là je suis vraiment difficile, parce qu'au final on ne s'ennuie pas et on sourit aux moments où on s'y attend le moins, ce qui fait de cette lecture quelque chose de vraiment exceptionnel. 

Bref, je vous conseille vivement cette lecture, tout en vous prévenant : la fin se termine sur un cliffhanger - bien que le mot s'applique très mal à ce cas-ci, vous verrez pourquoi - qui vous obligera à vous lancer dans le second volume, le huitième sortilège. Mais quand on aime, plus c'est long, mieux c'est, n'est-ce pas ? 


La fiche bibliomania du livre :

Les avis de mes co-lecteurs :

Happy Sex, de Zep

Le problème avec ce blog, c'est qu'à force d'essayer d'alterner sujets en français et en anglais, compte-rendus de lecture et autres, je n'ai pas toujours l'occasion de chroniquer tous les livres qui me passent sous les yeux. L'une de mes résolutions pour 2010 c'était de m'améliorer à ce niveau-là, et j'y travaille...

Quoi qu'il en soit, il y a des livres que je me dois de chroniquer absolument: ceux qui me sont offerts par des lecteurs de mon blog. Dans cette catégorie se range la bande dessinée "Happy Sex", cadeau du Père Noël (qui lit peut-être ce blog, sait-on jamais) via l'intermédiaire d'El Jc (dont je suis sûre qu'il lit ces pages). Sur son blog "le quadrant alpha", dont je vous ai déjà parlé, il avait organisé un petit concours de Noël avec à la clé trois livres offerts. J'ai eu la chance d'être l'un des gagnants et j'ai pu recevoir, à ma demande, cette jolie bande dessinée un peu coquine...


Résumé:

D’habitude, Titeuf se pose plein de questions sur la sexualité des ados. Cette fois, Zep, son créateur, met en scène la sexualité des adultes dans un album en forme d’«aphrodisiaque du rire». Jamais vulgaire mais toujours aussi drôle, Zep montre que la vie intime d’un couple peut aussi être amusante, burlesque ou cocasse. Un album hilarant à lire à deux…
(Source: Fnac.com)




Mon avis:

Voilà un cadeau qu'il fallait oser demander au grand Père Noël ! Parce que malgré tout, cet album est assez explicite. Alors que Zep s'est fait connaître avec ses albums jeunesse, celui-ci n'est pas à mettre dans toutes les mains ! L'auteur s'embarque dans l'humour de boudoir, explore le côté comique de la sexualité et ne prend pas de gants avec la réalité anatomique...

Le problème avec ce genre de choses, c'est que la frontière entre l'humour et le vulgaire est très, très ténue. Heureusement, ici, si l'on peut parler de blagues "coquines", ce n'est certainement pas "salace". Les dessins sont explicites mais ça reste des dessins, avec le style agréable de Zep - j'aime particulièrement sa façon de représenter les personnages. Quant à l'humour, rien de gratuitement provocant, rien de particulièrement lourd: des situations parfois abracadabrantes, mais toujours comiques à leur façon. Le genre de choses dont on pourrait rire longtemps, à deux, mais qu'on n'oserait jamais raconter à personne !

D'un point de vue purement éditorial, je préfère généralement les bandes dessinées en couverture cartonnée, ce qui n'est pas le cas ici. Mais par contre, la présentation est originale et très réussie: le mot "sex" est découpé dans la couverture pour qu'on voie par derrière la fresque sur fond bleu de la première page. C'est particulièrement joli.

Voilà donc un album que j'ai apprécié. Le défi de l'auteur est réussi: faire rire avec des situations intimes sans devenir graveleux. Même ma tendre moitié qui ne parle pas français l'a parcouru et en a souri...

Bref, un super cadeau, pour lequel je remercie à la fois le Grand Père Noël et le Gentil El Jc !